Un petit rappel vite fait, histoire de se remémorer la claque Undercover, la série belgo-hollandaise débarquée de nulle part en 2019 sur la plateforme de streaming Netflix avec un postulat de départ pourtant bête comme chou. Un faux couple (deux flics) déboule dans un camping dans le fin fond du Limbourg dans l'espoir de faire copain-copain avec Ferry Bouman, le taulier de l'endroit, accessoirement soupçonné d'être à la tête d'un réseau de distribution d'amphétamines. Fort d'un scénario en béton et de personnages qui évoluent de manière inattend...

Un petit rappel vite fait, histoire de se remémorer la claque Undercover, la série belgo-hollandaise débarquée de nulle part en 2019 sur la plateforme de streaming Netflix avec un postulat de départ pourtant bête comme chou. Un faux couple (deux flics) déboule dans un camping dans le fin fond du Limbourg dans l'espoir de faire copain-copain avec Ferry Bouman, le taulier de l'endroit, accessoirement soupçonné d'être à la tête d'un réseau de distribution d'amphétamines. Fort d'un scénario en béton et de personnages qui évoluent de manière inattendue, Undercover révélait un univers peu montré dans les séries européennes et surtout des comédiens hors norme, dont le Hollandais Frank Lammers (Ferry Bouman), inconnu de ce côté-ci de la frontière linguistique et immense acteur s'il en est. Au terme d'un final digne des meilleures séries (on a beaucoup pensé à un Breaking Bad à la sauce limbourgeoise en évoquant Undercover), Ferry se retrouvait au cabanon, trahi par Kim (Anna Drijver) et Bob (Tom Waes), ses "amis" flics infiltrés. Si vous voulez savoir si la deuxième saison tient la dragée haute à la première avant de poursuivre la lecture, la réponse est non MAIS -en majuscules s'il vous plaît- elle est loin, très loin d'être indigne. Les scénaristes ont imaginé un nouveau terrain de jeu: l'El Dorado, un ranch-manège où on peut aussi bien monter son canasson que participer à des danses de saloon en enquillant les pichets de bière. Derrière le bar de l'El Dorado sévit Laurent Berger (stupéfiant, Wim Willaert, lire son portrait) qui, sous ses airs de gros nounours, va vite se révéler un authentique salopard. Sachez juste que Kim pistait déjà Jean-Pierre Berger -l'autre frère, encore plus froid et glaçant- comme un potentiel trafiquant d'armes entre l'Ukraine, l'Afrique et l'Amérique du Sud. À Bob d'essayer de pénétrer dans l'enceinte des Berger et de leur coller au train. Il convient d'ajouter à une intrigue bien balaise les suites et conséquences de la première saison. C'est aussi tout le sel et l'enjeu de ces dix nouveaux épisodes que de voir Ferry, dont chaque apparition bouffe littéralement l'écran, réussir depuis sa cellule à faire vaciller Bob grâce à un atout royal qu'il tient dans sa manche. La relation entre ce dernier, de plus en plus borderline, et sa fille gagne aussi en épaisseur mais tant qu'à évoquer la dynamique familiale, c'est aux Berger que revient incontestablement la palme, avec une morale digne des Sons of Anarchy. On n'avait plus vu depuis Gemma Teller une matrone aussi impitoyable et rationnelle que la mère Berger, prête absolument à tout pour protéger son nid.