Ceinture de sécurité, ou non, pendant un braquage de fourgonnette? Qu'en est-il si celle-ci est remplie de paquets de chips et que de l'autoradio résonne I Wanna Be Your Dog des Stooges? Avouons qu'il y a débat... Quoi qu'il en soit, après une scène d'ouverture aussi réjouissante et tarantinesque, on se dit que cela s'annonce plutôt pas mal, Reservation Dogs. Les bad boys (et girls) en question, c'est une sorte de gang d'ados coincés dans une réserve amérindienne du fin fond de l'Oklahoma, qui multiplie les larcins en vue de se payer de quoi mettre les voiles, direction la Californie....

Ceinture de sécurité, ou non, pendant un braquage de fourgonnette? Qu'en est-il si celle-ci est remplie de paquets de chips et que de l'autoradio résonne I Wanna Be Your Dog des Stooges? Avouons qu'il y a débat... Quoi qu'il en soit, après une scène d'ouverture aussi réjouissante et tarantinesque, on se dit que cela s'annonce plutôt pas mal, Reservation Dogs. Les bad boys (et girls) en question, c'est une sorte de gang d'ados coincés dans une réserve amérindienne du fin fond de l'Oklahoma, qui multiplie les larcins en vue de se payer de quoi mettre les voiles, direction la Californie. Mais voici qu'un gang rival montre le bout de ses Converse... "La première série écrite, réalisée et interprétée à 100% par des Amérindiens", clament certains en guise d'argument massue. Parce que c'est un gage de qualité? C'est évidemment remarquable, mais dans un monde parfait, ce serait sans doute normal. Cela dit, la série est bien plus que ça. Bien sûr, comme on l'imaginait, Bear, Elora Danan ("Ouais ouais, comme le bébé dans Willow"), Cheese et Willie Jack sont sans cesse ballottés entre leur héritage d'Indiens natifs et leur besoin d'émancipation de ce trou perdu au beau milieu d'une nation qui n'a pas grand chose à faire d'eux. Le show, co créé par Sterlin Harjo et le nouveau golden boy d'Hollywood Taika Waititi, propose d'ailleurs une critique plutôt subtile du racisme anti- natives encore et toujours présent aux US, ce qui n'empêche pas le folklore indien d'en prendre pour son grade. La série affiche aussi une étrangeté qui fait sa singularité. Ici on tente, on expérimente, on casse le rythme (pourtant élevé dans le premier épisode) et tout le deuxième volet est un quasi-huis clos dans l'hôpital local, où Bear attend interminablement de voir un médecin. Et que dire de ces étonnants personnages récurrents: l'hilarant fantôme d'un guerrier mort lors de la bataille de Little Bighorn, qui n'apparaît qu'à Bear, lorsqu'il est sonné; et surtout, nos préférés, ces jumeaux rappeurs goguenards, qui rythment la série de leurs apparitions. Comme sortis de nulle part, ils lancent quelques "Yooooooooo" décontractés et commentent les méfaits de nos quatre caïds en herbe. Parfois, ils ponctuent leur passage d'un freestyle enlevé... Maintenant qu'on y pense, ces deux-là sont à Reservation Dogs ce que le fameux Géant/Fireman est à Twin Peaks -à ceci près qu'ils mesurent 1 mètre 80 à eux deux et sont montés sur BMX: ils sont plus ou moins les garants de l'histoire. Ça tient la route! D'autant que ce sont eux qui trouveront le nom de gang de nos apprentis caïds (et celui du show donc, bim!). On n'en est qu'à mi-saison, mais on prend les paris: Reservation Dogs est l'une des meilleures séries que vous aurez vues cette année. Yoooooooooo monsieur Disney+, libérez les épisodes!