Si, comme certains, vous avez passé une grosse partie des années 80 (et du début des années 90) à lambiner sur votre canapé une télécommande à la main, vous devriez esquisser un sourire: revoilà Steve Martin et Martin Short tous deux à l'affiche du même show! Est-ce pour recréer la magie de leurs précédentes apparitions ensemble, au temps de leur splendeur (dans Le Père de la mariée 1 et 2, le légendaire Saturday Night Live, ou plus récemment leur propre show Netflix), que Steve Martin a co-créé (avec John Hoffman) Only Murders in the Building? Les deux amigos affichent chacun plus de 70 ans au compteur, il fall...

Si, comme certains, vous avez passé une grosse partie des années 80 (et du début des années 90) à lambiner sur votre canapé une télécommande à la main, vous devriez esquisser un sourire: revoilà Steve Martin et Martin Short tous deux à l'affiche du même show! Est-ce pour recréer la magie de leurs précédentes apparitions ensemble, au temps de leur splendeur (dans Le Père de la mariée 1 et 2, le légendaire Saturday Night Live, ou plus récemment leur propre show Netflix), que Steve Martin a co-créé (avec John Hoffman) Only Murders in the Building? Les deux amigos affichent chacun plus de 70 ans au compteur, il fallait contre- balancer... Contre toute attente, c'est l'ex- protégée Disney, Selena Gomez, qui s'y colle pour secouer la maison de retraite! Charles (Steve Martin) est un acteur télé retraité placide et misanthrope -les flash-back sur la série policière Brazzos, dont il fut la vedette, sont hilarants (à côté, Derrick passerait pour un blockbuster). Plus foufou, Oliver (Martin Short) est un metteur en scène de théâtre fauché (et "off off off Broadway"), qui court désespérément après une gloire passée (un inoubliable Splash: The Musical). Enfin, Mabel (Selena Gomez) est une discrète et mystérieuse jeune femme sans cesse cachée sous son énorme casque Bluetooth. On connaît la chanson: hormis le fait qu'il vivent tous trois dans le même immeuble de Manhattan pompeusement nommé The Arconia (une sorte de Dakota Building dans l'Upper West Side), ils ont a priori peu de choses en commun si ce n'est la même passion pour un podcast true crime ayant pour titre It's not OK in Oklahoma. Ils se retrouvent par hasard dans le même ascenseur qu'un certain Tim Kono, jeune homme glaçant, lui aussi résidant de l'Arconia, et qui ne va pas tarder à passer de vie à trépas. Suicide, clame la police. Meurtre, hurlent en choeurs nos trois détectives amateurs. Ils vont le prouver, c'est sûr, et même en faire un podcast. Ils le nommeront... Only Murders in the Building. Mabel en cache peut-être plus qu'elle ne le prétend, et tout ne se passera évidemment pas comme prévu. Le serpent pourrait bien se mordre la queue et nos trois amis se retrouver eux-mêmes sujets (et non plus héros) d'un podcast à succès... Mais, bon sang, qui a tué Tim Kono? Les papys Martin et Short sont largués et les vannes fusent au sein de l'improbable trio. On rit beaucoup trouvant aussi quelque chose de réconfortant dans le penchant vieille école adopté par le show. Parfois poétique, souvent mélancolique, Only Murders in the Building lorgne clairement du côté de la regrettée Bored to Death. Se débattaient là aussi, dans cette autre série un tantinet old school, quelques inspecteurs du dimanche en quête de sens. On n'a certes pas eu accès à tous les épisodes, mais on y croit très fort. Et qui oserait émettre le moindre doute sur une comédie policière où Sting (le vrai!) est sans hésitation placé très haut sur la liste des coupables présumés?