Il y avait de quoi s'emballer un brin: David Fincher, le réalisateur de Zodiac, était à la production, et Tim Miller (Deadpool), à la création. Love, Death & Robots, série anthologique, débarquait avec dix-huit courts métrages d'animation. Il y avait du bon et original (L'Oeuvre de Zima), comme du passable (L'Âge de glace avec, certes, Topher Grace et Mary Elizabeth Winstead aux prises avec un freezer bizarre...). Visuellement, c'était parfois époustouflant. Des épisodes S.F. à dominance fantastique, dont les influences oscillaient entre 2001 et Dracula, en passant par Star Wars bie...

Il y avait de quoi s'emballer un brin: David Fincher, le réalisateur de Zodiac, était à la production, et Tim Miller (Deadpool), à la création. Love, Death & Robots, série anthologique, débarquait avec dix-huit courts métrages d'animation. Il y avait du bon et original (L'Oeuvre de Zima), comme du passable (L'Âge de glace avec, certes, Topher Grace et Mary Elizabeth Winstead aux prises avec un freezer bizarre...). Visuellement, c'était parfois époustouflant. Des épisodes S.F. à dominance fantastique, dont les influences oscillaient entre 2001 et Dracula, en passant par Star Wars bien sûr, Terminator et les jeux vidéo, mais dont l'intrigue se résumait trop souvent à des protagonistes se débattant avec des zombies/extraterrestres (ou autres monstres indéfinis). C'était en 2019 et, entre-temps, Fincher a eu l'outrecuidance de bonifier l'offre cinématographique de Netflix a lui tout seul avec le superbe Mank. Le revoilà aux côtés de Miller pour ce Volume 2. A-t-il décidé de s'installer sur la plateforme milliardaire pour de bon? Gros changement cette fois: les épisodes passent de dix-huit à huit -toujours préférer la qualité à la quantité. Le titre de cet article est trompeur, on en convient: outre quelques courts épisodes potaches, LD&R est situé à plusieurs années-lumière des productions Disney-Pixar, et la cible est bien un public adulte. On déconseille d'ailleurs en passant l'hilarant mais effrayant La Surprise de Noël à vos marmots -il en va de leurs chances d'un jour encore apprécier les fêtes de la nativité. Beaucoup de graphismes photo-réalistes, mais c'est plutôt de l'animation en 2D que l'originalité surgit dans LD&R: on pourra discuter du scénario, mais Ice, fable sur deux frères plus ou moins ennemis émigrés sur une planète lambda, propose une mise en scène bluffante. Au rayon stars en chair et en os, Arnold Schwarzenegger a fait le forcing, mais c'est finalement Michael B. Jordan, nouveau golden boy des films à gros muscles, qui s'y colle -dommage, son épisode est peut-être bien le pire. Outre le "Blade-Runneresque " Groupe d'intervention, on retiendra l'ultime épisode, Le Géant noyé: un jeune géant nu s'échoue sur une plage, c'est l'émoi chez les autochtones. Inspiré d'une nouvelle du grand J. G. Ballard et réalisé par Tim Miller, il allie beauté et poésie, le tout saupoudré d'une profondeur insoupçonnée. Dans ce qui ressemble aux rouleaux d'une machine à sous, on découvre au début de chaque épisode quelques indices sur ce qui nous y attend -comme au casino, on n'obtiendra pas toujours les trois cerises... Mais sous ses faux airs de simple resucée graphique de La Quatrième Dimension, Love, Death & Robots est le laboratoire de création secret de Netflix. Une troisième saison se profile à l'horizon 2022? On est preneur.