Cours d'éducation sentimentale
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Pas facile de parler sexualité à son ado? Les deux saisons de cette comédie audacieuse sont là pour vous. Otis, le fils d'une sexothérapeute fantasque, a hérité d'une capacité d'écoute que la punkette délurée du lycée, Maeve, compte mettre à profit: ils s'associent pour proposer à leurs condisciples des séances clandestines de sexothérapie. Montrant allègrement et ostensiblement les objets et les sujets du désir, Sex Education aborde la question du plaisir, de son absence ou de ses contraintes, du consentement sous une multiplicité d'angles: inquiétudes légitimes, tourments inévitables, jouissance déculpabilisée, vécus difficiles pas toujours clarifiés. Avec son discours débridé qui refuse le seul angle des risques, la série montre à quel point les émotions et la sensualité sont des éléments fondateurs de la sexualité. L'éducation sentimentale en est son coeur car derrière le désir naissant, les premiers frémissements, les expériences parfois borderline, subsiste chez ces ados l'envie irrépressible d'aimer et d'être aimés. On ne va pas se mentir: Kaamelott, c'est plus franchement du primeur, mais ça a bien gardé son piquant sur la langue. L'intégrale des six saisons, gratuite sur la plateforme YouTube, est une aubaine. Les mésaventures du roi Arthur et de sa clique de bras cassés, les Chevaliers de la table ronde, sont un régal à transmettre aux plus jeunes générations. Et du rire en barre assuré. Gérer un royaume naissant en Bretagne, au Ve siècle, en pleine chute de l'Empire romain, alors que les peuplades barbares de tous poils vous cherchent des puces, ce n'est pas une mince affaire. Sans compter la vie conjugale et les beaux-parents: un véritable chemin de croix. Bourré de phrases cultes, gavé de scènes d'anthologie, peuplé de seconds rôles fabuleux (Perceval, Karadoc, Lancelot, Guenièvre), nourri d'allusions historiques sérieuses, Kaamelott est devenu un classique de la comédie, grâce à l'écriture d'Alexandre Astier, au jeu coloré de ses comédiens et de ses guest stars pléthoriques. C'est pas faux. Dans les années 80, Amazing Stories était une série en 23 minutes au cours desquelles Steven Spielberg laissait libre court à ses marottes, un mélange d'étrange, d'aventure et d'onirisme fantastique. On le retrouve à la production exécutive de cette relance qui vient tout juste de débuter, et qui déploie sur Apple TV une sacrée double dose d'optimisme et de nostalgie à destination d'un public plus jeune que son original. Très bon divertissement pour une évasion instantanée, Amazing Stories propose un périple dans un imaginaire fécond et enfantin par épisode. Tout commence par une romance augmentée d'un voyage dans le temps. Alors qu'il aide son frère dans la rénovation de sa maison, le jeune Sam est brusquement frappé par un orage qui le propulse 100 ans plus tôt. Là, il rencontre Evelyn, fille des propriétaires du lieu, destinée à un mariage sans amour pour éponger les dettes familiales. Leur idylle naissante va bousculer ces tristes plans et les porter à tire-d'aile vers une aventure au twist final très spielbergien, pointant un monde adulte qui perd sa boussole. Les parents nostalgiques de la saga Star Wars seront ravis par ce spin-off. Bien qu'il n'ait a priori aucun lien de famille avec le célèbre chasseur de primes Boba Fett, ce Mandalorian en a le charisme, le mystère et l'attirail. Chargé de retrouver une mystérieuse créature "de 50 ans", Mando craque, comme des millions de téléspectateurs, pour la bouille d'un bébé Yoda. Il va le prendre sous son aile, refusant d'honorer son contrat. Les conséquences funestes vont pousser le duo improbable à écumer les galaxies à la recherche de petits boulots, transformant le mercenaire casqué en justicier au grand coeur, davantage mû par le souci du bien que par l'appât du gain. Réalisé par Jon Favreau, boosté par la présence du bébé Yoda à l'aura d'icône "trop mim's", The Mandalorian a accompagné en fanfare l'inauguration de la plateforme Disney + avec ce divertissement interstellaire aux accents épiques, qui fleure bon la télé à l'ancienne.Équipés des dernières boîtes de mouchoirs arrachées de haute lutte, vous êtes parés pour cette dramédie qui suit une famille pour le meilleur et pour le pire. En 1980, Jack et Rebecca Pearson sortent de la maternité avec Kate et Kevin, prématurés survivants d'une fratrie qui aurait dû en compter trois, et Randall, bébé abandonné, et qu'ils ont adopté tout autant pour le sauver que pour combler un vide immense. Cette famille atypique évolue dans plusieurs temporalités: à coups de flashback -de la naissance du couple parental dans les années 80 à l'adolescence des enfants-, le présent questionne ce qui fonde les liens familiaux, les deuils, l'abandon, l'estime de soi, la différence, l'amour inconditionnel... Ode hypersensible à l'altérité, This Is Us fait preuve d'une empathie miraculeuse, soignant ses émotions, ses touches d'humour et de tendresse, réservant des surprises et pas mal de larmes.