Depuis quelques jours, il y a du neuf dans le domaine de l'hantologie. Bob Fisher, journaliste au Fortean Times, a en effet lancé un nouveau blog consacré au sujet, "The Haunted Generation", qui est aussi une déclinaison de sa nouvelle rubrique dans le magazine. On a déjà ici parlé de l'hantologie (hauntology, en anglais), ce mouvement culturel et artistique dont le duo électronique écossais Boards of Canada, le label Ghost Box et le Scarfolk Council du designer Richard Littler sont les figures de proue. Tous partagent une grande fascination pour les vieux programmes de la télévision scolaire anglaise et pour des séries pour enfants des seventies un peu glauques et macabres, comme Children of the Stones et The Owl Service. L'hantologie est également très friande d'anciens morceaux de musique aux synthés bizarres et perturbants. Le point le plus important du mouvement, c'est que ces souvenirs culturels partagés par des poignées de quadragénaires sont flous. Durant longtemps, ces émissions ont été oubliées, jamais rediffusées, ni uploadées sur YouTube. Durant longtemps, ces morceaux ne sont pas sortis sur disques et ont tout simplement disparu. Ces souvenirs ont donc longtemps tenu de la rêverie, du fantasme, de la reconstruction personnelle. Ce n'est que fin des années 90, quand Boards of Canada a sorti son premier album, Music Has The Rights To Children, dont les samples et les ambiances sont justement tirées ou inspirées de ces vieilles émissions de télévision que ces gamins alors devenus quasi trentenaires ont ressenti un déclic presque mystique. "Nous étions comme le gars dans Rencontres du Troisième Type, explique Richard Littler à Bob Fisher. Vous pensiez que personne ne pigeait de quoi vous parliez mais là, soudainement, on s'est rendu compte que toutes sortes de gens partageaient la même vision."
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