Lancé en France le 7 avril, BrutX est disponible en Belgique, en Suisse et au Luxembourg à partir de ce 27 mai 2021.
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"Des histoires qui changent le monde." Le slogan ne manque pas d'attrait, d'autant qu'il fait sens, en l'occurrence. Le 7 avril dernier, le média gratuit d'information en ligne Brut s'est lancé dans un nouveau pari plutôt gonflé avec la mise en orbite de sa propre plateforme de vidéo à la demande par abonnement. Labellisée BrutX et disponible sur www.brutx.com pour 4,99 euros par mois, elle propose, à la manière des indéboulonnables géants du secteur, documentaires, films et séries, mêlant productions originales et acquisitions plus ou moins exclusives. Fidèle à la ligne éditoriale de Brut, cette nouvelle offre entend privilégier le qualitatif sur le quantitatif mais surtout refléter les valeurs qui la fondent (humanisme, droits des femmes, lutte contre les discriminations, questions de genre, diversité, environnement...). Présentations. C'est la grande force de la plateforme: un large éventail balayant tous les domaines (politique, société, art & culture, sport, bouffe, nature & découverte...) de documentaires originaux, souvent au format court et réalisés par les équipes de Brut elles-mêmes. Parmi ceux-ci, on pointe aussi bien Cartels, sur les narcotrafiquants mexicains, que Bike Life, dans le sillage de kamikazes passionnés de motocross; aussi bien Kivu, sur les enfants soldats au Congo, qu'Angèle in America, dans les coulisses du premier concert US de la chanteuse belge... Un solide contingent de longs tous azimuts complète ces propositions originales: 12 jours de Raymond Depardon, At Berkeley de Frederick Wiseman, Pornocratie d'Ovidie... La concurrence est rude, et donc le catalogue encore relativement maigre à ce niveau, mais BrutX peut quand même se targuer d'accrocher en exclusivité quelques séries internationales intéressantes à son tableau de chasse. Parmi celles-ci, la sitcom britannique multi-récompensée Chewing Gum, mais aussi Underground (la série américaine créée par Misha Green avant Lovecraft Country), Adult Material (sur l'industrie du porno en Angleterre) ou encore Patrick Melrose (avec Benedict Cumberbatch et Jennifer Jason Leigh). Mais le véritable highlight de la plateforme dans le domaine est sans conteste, à ce stade, Veneno, hommage énergique et inspiré à la fameuse icône transsexuelle ibérique Cristina Ortiz. Au rayon longs métrages de fiction, pas grand-chose de très frais ni d'introuvable ailleurs à se mettre sous la dent. Impossible, en effet, de rivaliser avec les Netflix, Prime Video et autres Disney+ sur ce terrain. En tout, ce sont pour le moment un peu plus de 80 films qui peuplent les rangs de BrutX, la plateforme visant ici moins l'originalité qu'une indéniable qualité d'ensemble. Répondent ainsi présents: Be Kind Rewind de Michel Gondry, L'Exercice de l'État de Pierre Schoeller, La piel que habito de Pedro Almodóvar, Still the Water de Naomi Kawase, La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino, Trois souvenirs de ma jeunesse d'Arnaud Desplechin, Toni Erdmann de Maren Ade... Pour n'en citer que quelques-uns. Autre point fort de la plateforme: sa très belle sélection de courts métrages de fiction, à l'ADN essentiellement hexagonal. L'occasion notamment de découvrir ou redécouvrir les premiers pas de cinéastes à l'identité forte qui ont percé dans le long par la suite: Fierrot le pou de Mathieu Kassovitz, Une robe d'été de François Ozon, Entracte de Yann Gonzalez, Un monde sans femmes de Guillaume Brac, Junior de Julia Ducournau, Acide de Just Philippot... Mais aussi l'incontournable classique L'Île aux fleurs du Brésilien Jorge Furtado, le clinique et grinçant Next Floor du Québécois Denis Villeneuve, l'inattendu Pitchoune du comédien Reda Kateb ou encore le nocturne Shakira de l'actrice Noémie Merlant. On trouve également des mags et, mieux, des masterclass sur BrutX. Le rappeur Booba y revient notamment en détail sur ses débuts et sa carrière, le réalisateur Oliver Stone y expose comment filmer la violence et le marin militant Paul Watson raconte comment devenir un pirate écolo... Enfin, différentes personnalités y vont de leur petite sélection perso, brièvement commentée. Nicolas Bedos y recommande ainsi Behind the Candelabra de Steven Soderbergh et J'ai tué ma mère de Xavier Dolan, la comédienne Adèle Exarchopoulos y choisit La Cité de Dieu, la romancière Alice Zeniter y pointe différents films porteurs de "voix de femmes en lutte" et l'écrivain Gaël Faye le docu Searching for Sugar Man... Parmi d'autres. Vivement la parodie BrouteX!