C'était il y a un an. Le 15 février 2018, Check lançait sa toute première capsule, une interview de Roméo Elvis dont le compteur YouTube affiche aujourd'hui plus de 350.000 vues. Pas mal pour un média dont personne n'avait encore jamais entendu parler. Et aujourd'hui, après une petite année de collaboration avec RTL qui semblait pourtant fructueuse, Check change de mains. Trop à l'étroit chez nos confrères de l'avenue Georgin? Pas exactement: "On n'a pas trouvé le terrain d'entente pour faire une 2e année ensemble, nous explique François Charles de Digizik, qui reprend le lead du projet avec Back in the Dayz. Qui est à l'origine de la séparation? Il n'est pas question d'oeuf ni de poule: une discussion a été ouverte, et rien n'était satisfaisant d'un côté ou de l'autre. Mais on ne s'est séparés dans de mauvaises conditions."
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C'était il y a un an. Le 15 février 2018, Check lançait sa toute première capsule, une interview de Roméo Elvis dont le compteur YouTube affiche aujourd'hui plus de 350.000 vues. Pas mal pour un média dont personne n'avait encore jamais entendu parler. Et aujourd'hui, après une petite année de collaboration avec RTL qui semblait pourtant fructueuse, Check change de mains. Trop à l'étroit chez nos confrères de l'avenue Georgin? Pas exactement: "On n'a pas trouvé le terrain d'entente pour faire une 2e année ensemble, nous explique François Charles de Digizik, qui reprend le lead du projet avec Back in the Dayz. Qui est à l'origine de la séparation? Il n'est pas question d'oeuf ni de poule: une discussion a été ouverte, et rien n'était satisfaisant d'un côté ou de l'autre. Mais on ne s'est séparés dans de mauvaises conditions." Plutôt que de se quitter la queue entre les jambes, les deux structures (de booking/management pour Back in the Dayz, de marketing digital pour Digizik) décident de continuer de porter le projet tout en le développant à l'international. "Ce qui change, c'est l'ambition en termes de marché, continue François Charles. Avec RTL, il y avait une limite: le groupe voulait expressément s'adresser à la Belgique francophone. Or on a beaucoup d'audience à l'étranger, principalement en France. C'était une difficulté dans le développement, notamment dans la monétisation du contenu, de ne s'adresser qu'à la Belgique. Et puis on est arrivés chez RTL à une époque de tremblement de terre social, avec l'annonce de la procédure Renault alors que nos contrats avaient été signés bien avant."Pour cette nouvelle saison, Check reprend ses formats qui ont le mieux marché durant l'année écoulée (Check Food, Check Mag, Check Fast et Check Musique), reste sous la houlette de Martin Vachiery qui endosse la casquette de rédac' chef à plein temps, et s'offre quelques nouvelles têtes. Notamment celle de la youtubeuse "la plus connue de Belgique", Gaëlle Garcia-Diaz, qui reprendra les rênes de Check Food tenus jusque-là par Caballero et JeanJass. "On voulait mettre plus de féminin dans Check, ce n'était pas trop le cas jusqu'ici", défend Martin Vachiery. Pour cette nouvelle présentation, le format Check Food devient "une ville, un rappeur, un fromage": c'est que le premier partenariat de cette saison 2, c'est avec les... produits laitiers français qu'il a été scellé. "On va partir sur un concept très road trip. À la rencontre de la gastronomie française avec des rappeurs, des youtubeurs qui sont dans notre ADN. Il va y avoir des épisodes très champêtres, chez des agriculteurs..."Mais être associé à une marque pour chaque contenu ne risque-t-il pas de poser problème? "On a des contraintes de rentabilité. À terme, l'ensemble des contenus devra être associé à des annonceurs, affirme François Charles. Mais si les annonceurs valident la direction éditoriale du format en début d'année, ils ne sont pas impliqués dans le processus après." Martin Vachiery poursuit: "Notre objectif, c'est que le message ne soit pas brouillé par la présence d'une marque. On n'a pas envie de prendre les gens pour des cons. (...) Avec notre public de digital natives, hyper à l'affut, ils sont capables de distinguer un bon d'un mauvais partenariat. De la même façon que dans les années 80, il y avait des publicités qui étaient des objets de cinéma. La plupart des youtubeurs le font aujourd'hui et essaient de le faire de façon le plus transparente possible. Plus tu pousses le curseur, plus c'est naturel par rapport à ce que tu es, au mieux l'association est acceptée."Force est de constater, avec les partenariats passés, que la pilule passe assez bien. Sans doute grâce à la qualité des contenus, à contre-courant des mini-vidéos à la Konbini qui pullulent aujourd'hui, principalement via Facebook. "On a pris le pari, pour du format Web, d'avoir un investissement supérieur à ce qui se fait par ailleurs, défend fièrement François Charles. C'est un risque, mais c'est aussi pour proposer aux artistes quelque chose qui soit à leur niveau d'exigences en termes de production. (...) À notre lancement, beaucoup d'"experts" nous ont dit qu'il fallait des formats courts, mais on a voulu se concentrer sur le fond. On a dû se battre pour avoir ces longueurs et à l'arrivée, on a fait encore plus long que ce qu'on a dit qu'on allait faire. Au final, les stats sont assez ouf, elles ne correspondent pas à la moyenne." Martin Vachiery embraye, soupirant: "Il y a un mépris de cette génération internet, pour laquelle on voudrait nous faire croire que ce sont des gens qui n'ont pas de capacité d'attention, de curiosité. Je parle avec énormément d'ados, je suis surpris par leur appétit culturel... Certains adultes ne les comprennent pas parce que leurs codes de communication ne sont pas les mêmes. Le pari de l'intelligence, je crois que ça peut marcher."On s'en serait voulu de ne pas poser la question qui fâche (qu'on levait déjà au lancement de Check) de la frontière ténue entre journalisme et communication, vu l'association du média avec une agence de booking: "On a toujours été très vigilants à ce qu'il n'y ait pas de conflit d'intérêts, soutient le rédac' chef. Back in the Dayz travaille avec des artistes qu'on met en avant, mais ça n'a jamais été plus qu'un levier pour solliciter des interviews. On ne s'est jamais dit "lui, on va le faire parce qu'il bosse avec nos copains", ou à l'inverse "lui, on ne va pas le faire parce qu'il bosse avec la concurrence"." Quant au teaser ci-dessus, dévoilé vendredi dernier, n'est-il pas un peu hors propos, à l'heure des #Metoo et autres mouvements féministes? Martin Vachiery se défend: "Pour la petite histoire, c'est une proposition artistique de Gaëlle elle-même. On ne se serait pas permis de faire un truc aussi peu dans l'air du temps du point de vue représentation de la femme, mais elle joue à mort sur ce côté-là, dans la libération de la parole par rapport au corps des femmes et la façon dont elles l'exploitent. C'est son ADN." Résultat à l'autopsie, d'ici une petite semaine...