TOUR DES FLANDRES

Course cycliste.

Dimanche7/4, 13.40, La Une.

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Paterberg, Kruisberg, Koppenberg, Vieux Quaremont, Mur de Grammont... Des noms qui sentent bon les classiques flandriennes, les coups de pédale et le printemps. Tous les ans, c'est le même spectacle. Deux semaines après Milan-San Remo, cette année remporté par le Français Julian Alaphilippe, et sept jours après Gand-Wevelgem, davantage calibré pour les sprinteurs (même si elle se termine rarement par un sprint massif), c'est parti pour la 103e édition du Tour des Flandres. Qui succèdera à Niki Terpstra? Les Belges renoueront-ils avec la plus haute marche du podium (ils n'ont remporté qu'un seul des six derniers Ronde)? Greg Van Avermaet, souvent placé, jamais gagnant, parviendra-t-il enfin à inscrire son nom au palmarès? Oliver Naesen, dans la forme de sa vie, réussira-il un coup après deux campagnes pavées marquées par la poisse? Qu'attendre de Philippe Gilbert dans l'armada Deceuninck-Quick Step? Réponse ce dimanche.

J.B.

L'AMOUR À L'OEUVRE

Série documentaire de Stéphanie Colaux et François Landesman. ****

Dimanche 7/4, 19.15, Arte.

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Gerda Taro et Robert Capa, Lee Miller et Man Ray... Collection documentaire en cinq épisodes d'une petite demi-heure, L'Amour à l'oeuvre se penche sur des couples mythiques et interroge la création artistique marquée par de folles histoires de coeur. Elle commence avec Amedeo Modigliani et Jeanne Hébuterne. Lui, artiste incontournable du portrait. Elle, silhouette silencieuse qu'il a créée à partir de ses fantasmes et qui, casanière, peindra le monde depuis sa fenêtre avant de se pencher sur les visages, parfois d'ailleurs des mêmes modèles.

Réalisé de manière ludique et inventive, L'amour à l'oeuvre leur tire à tous deux le portrait (l'idée étant de mettre en lumière des femmes restées dans l'ombre) et raconte leur grande histoire artistique et sentimentale. Trois ans de passion, de peinture et de destruction. Son parcours à lui, son regard arrogant, son orgueil démesuré... Sa vie à elle. Et sa mort, à 21 ans, enceinte de huit mois, après s'être jetée du cinquième étage...

J.B.

LA MAIN AU COLLET

Film policier de Alfred Hitchcock. Avec Cary Grant, Grace Kelly, Charles Vanel. 1955. ****(*)

Dimanche 7/4, 20.55, Arte.

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Beaucoup pensent que c'est lors du tournage de ce film, sur la Côte d'Azur, que la star Grace Kelly rencontra le prince Rainier de Monaco, avec des conséquences majeures: coup de foudre amoureux, mariage princier, abandon de sa carrière d'actrice par la blonde américaine. Mais c'est en réalité un an plus tard, au Festival de Cannes, qu'ils firent connaissance... Alfred Hitchcock filme ici la comédienne de bien belle façon, en fille de milliardaire attirée par un cambrioleur de haut vol et de charme qu'incarne Cary Grant. Sur fond de luxe et de rivières de diamant, La Main au collet déploie ses charmes et son suspense policier avec style. Hitch maîtrise son sujet, prend un plaisir visible à suivre le ballet des scènes de vol, de mystère et de flirt, donnant à l'ensemble une indéniable sensualité. On prêtera son attention à la dixième minute du film. C'est alors que le cinéaste apparaît dans un de ses savoureux caméos qui font (aussi) sa signature.

L.D.

KILLING EVE (SAISON 2)

Série créée par Phoebe Waller-Bridge. Avec Sandra Oh, Jodie Comer, Fiona Shaw, Kim Bodnia. ****

Lundi 8/4, 22.10, Be 1.

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"30 secondes plus tard." C'est par cette drôle de pancarte que la nouvelle série lancée par Phoebe Waller-Bridge démarre sa deuxième saison. Comme pour mieux déjouer les attentes qui guettaient au tournant cette superproduction BBC America démarrée sur les chapeaux de roue l'an dernier. Thriller psycho-genré chargé de suspense, de sex appeal, d'autodérision et de drame, Killing Eve reprend donc là où son cliffhanger nous avait laissés: Eve vient de poignarder la redoutable tueuse à gage Villanelle, elle fuit la scène du crime et la caméra virevolte déjà avec la même dextérité, les situations fusent et dérapent avec la même obstination. Sandra Oh montre qu'elle n'a pas volé son Golden Globe l'an dernier pour son rôle d'agent du MI6 au bord de la crise de nerfs. Jodie Comer, elle, incarne à merveille la mante mystificatrice tombée de son piédestal. Mais rien n'est joué d'avance et la saison nous livre son lot de rebondissements. Retournant à leurs occupations respectives après l'affrontement charnière, leurs chemins ne vont pas tarder à se recroiser. Si le jeu du chat et de la souris est décrit avec un peu plus de distance par la scénariste Emerald Fennel (qui reprend l'écriture délaissée par Waller-Bridge), les personnages et les dialogues riches en punchlines et figures de style font de cette nouvelle mouture un délice intact.

N.B.

KGB: LE SABRE ET LE BOUCLIER

Série documentaire de Jamie Doran. ***

Mardi 9/4, 20.50, Arte.

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Les reconstitutions, mal emmanchées, gâchées par des pastiches grossiers, plombent le récit de ce documentaire historique en trois épisodes, pourtant bien troussé, qui retrace les origines et les transformations des services secrets soviétiques. Tchéka, NKVD, GPU, KGB... FSB. En un siècle, les noms ont changé, le régime aussi, mais la paranoïa s'est ancrée dans la culture et les pratiques politiques. Armé de spécialistes des quatre coins du monde et d'activistes russes (les ex-agents Oleg Kalouguine, passé à l'Ouest, et Mikhaïl Trepachkine, devenu militant des droits de l'homme) le récit plonge dans les entrailles de la Révolution de 1917 d'où est née la Tchéka, police politique fondée par Félix Dzerjinski, et reconstitue les grandes étapes qui ont donné forme, organisation, enjeux, intrigues et pouvoir aux services secrets soviétiques. Un appareil qui a su se débarrasser des gênants, surtout dans ses rangs, et dont la mouture actuelle noyaute tous les composantes de la société russe contemporaine, les noyant dans la collusion entre intérêt privés et pouvoirs politiques.

N.B.

NARCOTRAFIC, LA NOUVELLE GUERRE

Documentaire de Pauline Liétar. ***(*)

Mardi 9/4, 21.00, France 2.

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8 janvier 2016, 4 heures du matin, El Chapo, traqué sans relâche depuis plus de 20 ans, finit par tomber. Depuis cette arrestation, une dizaine de cartels se disputent le marché de la drogue mexicain. Cet ensorcelant trafic, qui génère plus de 20 milliards de profit, a engloutit la vie de pas moins de 30 000 âmes rien qu'en 2018. Comment diable a-t-on sombré si bas? Ce documentaire fleuve se donne résolument les moyens d'y répondre. Des historiques trafiquants aux tueurs à gage qui les ont épaulés, des repentis aux incorruptibles hommes de l'ombre qui les ont traqués, chacun, du souvenir tenace à l'anecdote croustillante, dépeint méthodiquement cette montée en puissance d'un narcotrafic hors de portée des États. Dans cette enquête, qui relie la Corse, où les pionniers de l'héroïne furent appuyés par la C.I.A., aux frontières du Mexique en faisant escale par la Colombie et son outrancière hégémonie de la cocaïne, on arpente le monde et le temps à la manière d'une fresque historique qui divertit autant qu'elle édifie.

M.U.

FREE TO RUN

Documentaire de Pierre Morath. ****

Mercredi 10/4, 23.55, Arte.

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Dans le temps, ils étaient considérés comme des cinglés tendance masochistes. À tout le moins des excentriques que personne ne prenait vraiment au sérieux. Certains ne sortaient que la nuit. Gênés à l'idée d'être vus en public, ils se jetaient même dans le fossé quand des phares approchaient. Moulés dans leurs petits shorts aux allures de sous-vêtements, d'autres ont été arrêtés parce qu'ils se promenaient torses nus et qu'on les prenait pour des pervers. Avant de prendre d'assaut nos villes et nos campagnes, de s'entraîner dans nos parcs sur le temps de midi, les coureurs à pied hors stade étaient des rebelles et des marginaux. Ils s'exprimaient à travers leurs jambes et la course comme d'autres allaient à Woodstock. Très habilement monté, rythmé par des images d'archives et des interviews de pionniers, le documentaire de Pierre Morath se souvient d'un temps (les années 60) où on croisait cinq runners en une heure de jogging à Central Park. Une époque où courir en dehors des pistes sans être un champion était mal vu... Il raconte les femmes longtemps interdites de compétition sur les distances dépassant les 100 mètres. Les mensonges des médecins et des autorités. Les liens entre la course et l'émancipation.

De Kathrine Switzer (première femme à franchir la ligne d'arrivée d'un marathon avec un dossard) à Steve Prefontaine (amateur forcé qui gagnait tout mais vivait dans une caravane parce qu'il avait osé défier la fédération), Free to run est une ode à la course à pied et un appel à la liberté.

J.B.

HIGH MAINTENANCE (SAISON 3)

Série créée par Katja Blichfeld et Ben Sinclair. Avec Ben Sinclair, Jemima Kirke, Margaret Cho.

Jeudi 11/4, 20.30, Be 1.

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Qui sommes-nous vraiment, une fois que les couches sociales que nous nous imposons sont pelées à la manière d'un oignon? Et la question même de savoir qui sommes-nous vaut-elle la peine d'être posée? Quel équilibre fragile nous fait balancer entre la catastrophe et la joie d'une vie qui se met soudainement à danser? Autour du fil narratif des livraisons saisonnières de haschich par le dealer sans nom (The Guy), se tresse depuis trois saisons des récits un peu sociologiques, un peu philosophiques, souvent comiques, parfois tragiques mais toujours étonnamment à propos. Des galeries de portraits urbains et, sinon optimistes, traversés de suffisamment de failles pour y voir entrer la lumière. La nudité est certes un élément central de cette histoire qui a vu le dealer débarquer chez des nudistes, interrompre un coït, se faire montrer les seins par une exhibitionniste, mais c'est pour mieux en souligner la qualité intimiste, entre un confessionnal décomplexé et une psychanalyse à rouler. Ce voyeurisme teinté d'empathie ne laisse pas de côté la question des séquelles d'une fumette intense, et des formes de dépendance qui en ressortent. Tout ceci étant mis avantageusement en perspective avec les situations de dépendances affectives ou de tyrannie des apparences, des codes sociaux que nous arborons en maintes occasions avec rigueur et oubli de soi.

N.B.

ON A ENLEVÉ MES PARENTS

Documentaire de Billie Mintz. ***

Jeudi 11/4, 22.40, La Une.

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Une femme raconte son histoire sur des images de banlieue cossue. Sa mère a disparu du jour au lendemain alors qu'elle se portait encore comme un charme la veille. Aucune trace du côté de la police et des hôpitaux. Elle a en fait été enlevée, droguée, dessaisie de ce qui lui appartenait par une société de gardiennage. Aux États-Unis, la désignation par la justice de tuteurs légaux pour administrer les biens de personnes âgées serait devenue une technique à la mode pour abuser de retraités et de leur fortune. Mené comme une enquête avec un réalisateur qui se met en scène, On a enlevé mes parents relate l'incroyable histoire de gens internés dans des établissements contre leur gré, et souvent à l'insu de leur famille, en vue de progressivement voler leurs économies. Le tout avec la complicité de médecins, d'avocats et de juges malhonnêtes. Un docu pas particulièrement réussi mais qui a le mérite d'exister. À méditer dans nos sociétés de plus en plus vieillissantes où les personnes âgées sont déjà trop souvent des machines à fric...

J.B.

THE AVIATOR

Film biographique de Martin Scorsese. Avec Leonardo DiCaprio, Cate Blanchett, Alan Alda. 2004. ****

Jeudi 11/4, 23.00, La Trois.

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Fascinante figure que celle de Howard Hugues! On comprend facilement l'intérêt de Martin Scorsese (amené au projet par Michael Mann) pour ce milliardaire passionné d'aviation et de cinéma, homme d'affaires de haut vol et célébrité mondiale mais aussi -en privé- victime de troubles compulsifs de plus en plus graves au fil des années. Le grand cinéaste devait trouver un grand acteur pour incarner Hugues dans le biopic qu'il voulait entreprendre. Leonardo DiCaprio avait le talent, la carrure, le grain de folie nécessaire aussi. Sa performance devant la caméra est en tout point captivante, du surf sur les ambitions et les rêves du businessman à la descente aux enfers d'une paranoïa devenue irrépressible. La réalisation de Scorsese est pleine d'élan et de spectacle, de riches contrastes entre passion solaire et sombre tourment. Cinq Oscars ont récompensé The Aviator... mais -ironiquement- aucun pour le réalisateur ni pour son acteur principal!

L.D.

CULTURE HIP-HOP

Programmation spéciale rap, street art et danse urbaine.

Vendredi 12/4, 22.25, Arte.

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Plongée, signée David LaChapelle, dans l'univers du krump, cette danse urbaine née dans les quartiers défavorisés de Los Angeles initiée par un ex-taulard pour animer des fêtes d'anniversaire, Rize donne le coup d'envoi d'un cycle hip-hop bien décidé à le célébrer sous toutes ses formes. Un film, des documentaires, des concerts... En deux fins de soirée, les vendredi 12 et jeudi 18 avril, Arte enquillera le mythique Boyz'n the Hood de John Singleton et le Up in Smoke Tour de Snoop, Eminem, Dr. Dre et Ice Cube. Le gig de Tyler The Creator au Splash Festival et la prestation de N.E.R.D. au Paris Summer Jam.

Toujours encline à jouer avec les supports, à décloisonner les écrans, la chaîne franco-allemande proposera aussi des webséries (dont quatre inédites) sur arte.tv. La vraie histoire de H.I.P.H.O.P. racontera en dix épisodes de sept minutes cette émission pionnière de la street culture présentée par Sidney et diffusée par TF1 au milieu des années 80. Saveur bitume: quand le rap est engagé se penchera sur le mouvement dans tout son esprit de contestation. French Game contera l'histoire du rap français. Et Paris 8: la fac hip-hop reviendra sur les aventures il y a trois décennies de Georges Lapassade, professeur de sociologie à l'université de Saint-Denis qui a accueilli pendant cinq ans un laboratoire de contre-culture urbaine. Vandals, un jeu d'infiltration dans le milieu du street art, et un tas d'autres choses encore complètent l'offre sur le Web. À vos ordis, tablettes et smartphones...

J.B.

AFTER LIFE

Série Netflix créée par Ricky Gervais. Avec Ricky Gervais, Tony Way, Ashley Jensen. **(*)

Disponible sur Netflix.

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Depuis Derek en 2012, Ricky Gervais semble bien décidé à vouloir à tout prix faire le grand écart entre l'humour sarcastique et décapant qui est naturellement le sien et des brouettes de bons sentiments aux accents kitschissimes. Centré sur un journaliste acariâtre ayant perdu toute envie de vivre suite à la mort de sa femme, After Life ne renoue hélas jamais avec le génie comique de The Office, Extras ou Life's Too Short, et ses poussées insistantes vers le drame philosophe évoquent trop souvent un (très) mauvais guide de développement personnel. Reste quelques bons mots à grappiller çà et là, et le plaisir de retrouver plusieurs têtes bien connues des aficionados de ses séries.

N.C.

THE OA (SAISON 2)

Une série créée par Brit Marling et Zal Batmanglij. Avec Brit Marling, Jason Isaacs, Emory Cohen.

Disponible sur Netflix.

Brit Marling et Zal Batmanglij versent de nouvelles pièces au dossier The OA, dont la très attendue deuxième saison a été inaugurée au festival Séries Mania. Toujours intrigante, elle propose un puzzle d'une densité et d'une maîtrise narratives impressionnantes.

>> Lire notre dossier sur la série.