NOX
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Ancienne flic revêche qui en a après la hiérarchie et l'incompétence policières, Catherine (Nathalie Baye) est forcée de reprendre du service pour retrouver sa fille Julie (Maïwenn), jeune et zélée inspectrice disparue dans les égouts de Paris lors d'une course poursuite qui a mal tourné. Avec Raphaël (Malik Zidi), coéquipier de Julie, Catherine fonce tête baissée vers le sous-sol de la ville lumière, sa nuit permanente, sa faune interlope, ses ambiances moites et glauques. Durant ce road trip underground tendu, tous deux affrontent leur culpabilité et la noirceur humaine, dont les spécimens qui hantent les dédales et catacombes impénétrables leurs renvoient un reflet cru. Si l'atmosphère claustrophobe et mystérieuse tapisse avantageusement les deux premiers épisodes, l'intrigue, elle, se perd vite dans les recoins d'une histoire aux ressorts faibles et attendus. Et ça nous mène où? Paraphrasons le Méphisto farceur de La Grande Vadrouille avisant la rivière cachée sous l'Opéra: "D'après Victor Hugo, nulle part."N.BC'est le seul film réalisé par le grand acteur Charles Laughton (Les Révoltés du Bounty, Quasimodo, Témoin à charge), et c'est un chef-d'oeuvre! La Nuit du chasseur est l'adaptation d'un roman de Davis Grubb. Il nous emmène dans les États-Unis des années 1930, sur les traces du révérend Harry Powell (Robert Mitchum, saisissant), prêcheur charismatique doublé d'un psychopathe assassin, épousant des veuves avant de les trucider et d'emporter leurs biens. Sa prochaine victime est la mère de deux jeunes enfants. Lesquels vont devenir des témoins gênants, à éliminer dans la foulée de leur maman... Récit d'une terrifiante poursuite où le révérend, qui arbore un tatouage "love" sur une main et "hate" sur l'autre, prend les allures d'un ogre fantastique, défié par des gosses courageux. Le style expressionniste de la mise en scène, la noirceur du sujet, l'horreur poétique de l'atmosphère ne furent pas goûtés d'un grand public qui bouda la sortie. Mais La Nuit du chasseur est néanmoins devenu un classique incontestable et incontesté du 7e art. Un film à voir et à revoir sans jamais s'en lasser. L.DIls hurlent, applaudissent, encouragent... Poussent les coureurs, les arrosent, les épongent... Bienvenue dans l'enfer du Tour de France et les cols de la Grande Boucle. Le 20 juillet 2017, l'épreuve reine du cyclisme par étapes passe pour la 35e fois par le col de l'Izoard. Pour être aux meilleures places, voir les coureurs de tout près et passer à la télé, les premiers camping-cars s'installent le long des routes, d'interminables jours avant l'arrivée de la caravane. Parqués sur un petit lopin d'herbe au milieu de lacets interdits à l'arrêt le reste de l'année, Dédé et Jojo, Cruchot, Marie et Jacky, Roger, Jacques et Annick ont ouvert pendant deux semaines les portes de leur mobil-home et de leur vie. La Grand-Messe ne parle pas tant de vélo que de ceux qui l'aiment. Ici, on n'attend pas Godot. On attend le peloton. Ça chante, ça essaie de régler sa télé, ça joue de l'accordéon et ça prend l'apéro. On se promène. On regarde les célébrations du 14 juillet, on se raconte les drames de nos vies et on chante la Marseillaise... Les jours passent. Les voisins envahissants arrivent. On croise des Parisiens imbibés avec leur piscine gonflable sur la tête, le célèbre Diable avec qui tout le monde tient à se faire prendre en photo... Valery Rosier (Silence Radio, Parasol) et Méryl Fortunat-Rossi (L'Ours noir, Le Plombier) filment la vie quotidienne extraordinaire et banale de ces étranges vacanciers dans des splendides paysages montagneux gorgés de soleil, balayés par le vent et bientôt rythmés par les coups de pédale. Amen. J.BComme d'autres, la société suisse est capable de déverser une chape de plomb sur ses citoyens, fondation de la sacro-sainte et trinitaire stabilité morale, politique et économique. Tel est le fil conducteur de cette minisérie de quatre téléfilms: dans un quotidien policé qui chasse ses aspérités, le fait divers scabreux, marqué par la violence (physique et/ou symbolique) et l'incompréhension qu'il laisse dans son sillage, peut être le révélateur de malaises profonds. Ondes de choc explore le filon et tente d'y cultiver, à la manière d'un Simenon, le besoin impérieux d'une autre vérité. Le premier épisode, Journal de ma tête, réalisé par Ursula Meier (L'enfant d'en-haut, Ours d'Argent en 2012), s'attarde sur le cas de Benjamin qui, après avoir froidement abattu ses parents, envoie son journal à sa professeure, Mme Fontanelle (Fanny Ardent), qui sera sollicitée par le juge pour tenter de trouver un sens à ce geste. Comment sortir du carcan moral et comportemental d'une société? Quelle place pour l'âme, les émotions congelées et quel rôle pour le crime dans ce maelström ? Dérives sectaires, exode alpin des réfugiés, bavures policières sont les autres thèmes évoqués par cet ensemble qui réussit, malgré des lenteurs, un beau traitement mélodramatique des angoisses et des secousses traversant notre époque. N.BEmporté le 21 avril 2016 par une overdose médicamenteuse, Prince aurait eu soixante ans le 7 juin dernier. Entre l'expo itinérante My Name Is Prince (jusqu'au 5 août à Amsterdam), une autobiographie à paraître (il a écrit lui-même plus de 50 pages à la main) et l'album posthume rempli d'inédits prévu pour le 28 septembre, le Kid de Minneapolis est plus que jamais sous les feux de l'actualité. C'est une soirée entière que lui dédie ce vendredi Arte. Si le documentaire Sexy Mother F*** d'Oliver Schwabe, pas encore visible à l'heure d'écrire ces lignes, lui tire le portrait avec des images d'archives, des extraits de live, des interviews et des clips, Sign o' The Times, proposé dans la foulée par la chaîne franco-allemande, est un film concert vieux de 30 ans. On est en 1987. Prince vient de sortir un album du même nom mais ses ventes de disque sont en chute libre aux États-Unis. Il ne veut plus tourner en dehors de l'Europe et décide de fabriquer un long métrage en partant d'un concert, pour tout de même assurer à son bébé un peu de promo. Le film, rythmé par de courts sketches, fut largement diffusé dans les cinémas américains mais nettement moins en Europe. Groove dingo, costumes délirants et flamboyants, danses spectaculaires et suggestives... Prince Rogers Nelson est surexcité et son band d'une incroyable qualité. Sign o' the Times vous fera pleurer de n'avoir vu His Purple Majesty en chair et en os ou regretter que ça ne se reproduira plus jamais. Sexy mother fucker... J.B