JOURNÉE DE L'ARCHÉOLOGIE

Programmation thématique.

Samedi 15/6, dès 11h00, Arte.

Cela fait neuf ans maintenant, dix éditions depuis leur création, qu'Arte est partenaire des Journées nationales de l'archéologie. Comme chaque année, la chaîne franco-allemande a concocté une programmation spéciale dédiée à tous les amateurs d'Histoire, de fouilles et de vieilles pierres... Ce week-end, on explore le chantier du Château médiéval de Guédelon, on découvre l'évolution et l'influence sur l'Histoire du char chinois, on questionne l'homme de Néandertal et une momie vieille de plus de 5 000 ans. Arte invite aussi à suivre l'archéologue belge Peter Eeckhout sur des chantiers (la série documentaire Enquêtes archéologiques) et propose les trois épisodes des Mondes Perdus. Ces enquêtes paléontologiques utilisent des images de synthèse pour nous faire voir des paysages révolus et des créatures disparues. Avis à ceux qui voudraient prendre l'air: cette année, les Journées nationales de l'archéologie (du 14/6 au 16/6) s'ouvrent à l'Europe et à notre plat pays. Conférences, ateliers, portes ouvertes, visites guidées... Demandez le programme, Internet est votre ami (www.journees-archeologie.fr). J.B.

LA MER EN PEINTURE (1/2)

Documentaire de Grit Lederer. ***(*)

Dimanche 16/6, 17h35, Arte.

© swr / medeafilm / Karpe

Tantôt muse, tantôt champ de bataille, la mer inspire, fascine et terrifie les artistes. Décor de sanglants combats (dans le temps, ils avaient souvent lieu sur l'eau), arrière-plan truffé de symboles, lieu propice à la rêverie et à la nostalgie... Elle figure depuis la nuit des temps au coeur de la production picturale. À tel point qu'on a donné un nom, marine, au genre figuratif qui la dépeint ou tire sa principale source d'inspiration de ses remous. Documentaire en deux parties (la seconde sera diffusée le 23 juin), La Mer en peinture se promène sur les rivages où ont été donnés les coups de pinceaux. Grit Lederer décortique des toiles mythiques et aquatiques de l'Histoire de l'art. Des experts parlent de William Turner qui a fait de la mer son sujet de prédilection et comparent son oeuvre à celle des grands maîtres flamands. Ils évoquent aussi longuement Friedrich, Courbet... Si ce premier volet se focalise sur les conquêtes, le deuxième s'articulera autour de la force des éléments. J.B.

LES CHANTEUSES DE SOUL DE L'AFRIQUE À L'EUROPE

Documentaire d'Alexander C. Stenzel. ***

Dimanche 16/6, 23h55, Arte.

© DR

Elles ont érigé des passerelles musicales entre les continents mais n'en ont pas moins souffert du racisme et de la discrimination. Leur vie est une histoire de déracinement et de retour aux sources. Angélique Kidjo a fui le Bénin, les troubles politiques et la censure, pour devenir une star en France et rafler trois Grammy Awards dans la catégorie musiques du monde. Nneka a quitté le Nigéria à 18 ans et a été accueillie dans un foyer catholique en Allemagne avant de lancer sa carrière. Quant à Y'Akoto, ghanéenne et teutonne, elle est arrivée à douze ans à Hambourg et intègre aujourd'hui le son des rues africaines à sa musique. Interviews pas toujours passionnantes, extraits de concerts, bouts de répétitions... Le documentaire sans prétention d'Alexander Stenzel tire le portrait croisé de trois chanteuses aux destins singuliers et pourtant si similaires. Intéressant mais sans grande valeur cinématographique. J.B.

LA DERNIÈRE SÉANCE

Drame de Peter Bogdanovich. Avec Timothy Bottoms, Jeff Bridges, Cybill Shepherd. 1972. ****

Lundi 17/6, 20h55, Arte.

© DR

Qu'il est beau et prenant, ce film au noir et blanc élégant signé par un jeune cinéaste d'à peine 33 ans alors. Réalisateur empreint de passion cinéphile, Peter Bogdanovich y situe au tout début des années 1970 un récit où 7e art et amitié dialoguent de la manière la plus intime. Deux ados texans, Sonny (Timothy Bottoms) et Duane (Jeff Bridges), y voient leur lien s'ébrécher suite à leur rivalité pour une fille. À la suite de quoi l'un d'entre eux décidera de se porter volontaire pour aller faire la guerre en Corée. Une dernière séance de cinéma, dans un cinoche qui va fermer, marquera leurs adieux... Film de passage ("coming of age") de l'adolescence à l'âge adulte, c'est un spectacle émouvant, plein de riches résonances humaines et culturelles. Certains se souviendront qu'une chanson d'Eddy Mitchell rendit hommage au film, suivie elle-même d'une émission de télé que le chanteur et comédien présenta de 1982 à 1998. L.D.

UNE CHANCE SUR UN MILION

Documentaire d'Arnaud Muller et Sébastien Daguerressar. ***(*)

Mardi 18/6, 22h50, France 2.

© BABEL STUDIOS

Devenir footballeur professionnel. Défendre les couleurs de son équipe nationale. De Manchester, du Barça, du Real... C'est le rêve de tonnes de gamins aux quatre coins de la planète. C'est en tout cas celui de Clarence, 15 ans, qui vient d'être recruté par les Girondins de Bordeaux. Celui de Malamine avec ses faux airs de Mbappe qui a signé un contrat d'exclusivité de trois ans avec Monaco. Puis aussi celui de Loris, jeune gardien au prénom prometteur qui rejoindra dans deux ans Lens et son stade Bollaert.

Le documentaire d'Arnaud Muller et de Sébastien Daguerressar suit trois adolescents au départ de l'INF, le centre de préformation de Clairefontaine, fabrique des champions de demain, raconte des gosses salariés à 15 ans et partage un bout de leur quotidien. "On reçoit une pierre précieuse, un diamant brut et on doit le polir", résume un de leurs coachs. De l'entraînement à l'école, de leur piaule aux jours de match, l'immersion épingle le talent, les sacrifices, les espoirs mais aussi la glorieuse incertitude du sport. Car si on a une chance sur un million de se faire mordre par une chauve-souris enragée, on en a aussi peu de devenir un pro du ballon rond. Après l'INF et les centres de formation des grands clubs, à peine 10% des jeunes footballeurs en feront leur métier... J.B.

ONU, LE SCANDALE DES ABUS SEXUELS

Documentaire de Sam Collyns et Ramita Navai. ***(*)

Mardi 18/6, 23h10, Arte.

© RAMITA NAVAI / RONACHAN FILMS

Il s'appelle François Bourguet. Il est le seul homme condamné dans le cadre des larges scandales qui, depuis 2004, secouent les couloirs de l'ONU, dans une ambiance sidérante de laisser-faire et d'omerta: des éléments de son personnel, militaire et civil, se livraient, en République démocratique du Congo à des abus et des viols envers des femmes en position de détresse absolue. "Tout ceci est hautement immoral et en totale contradiction avec notre mission", déclarait alors le secrétaire général Kofi Annan, alors qu'éclataient aux yeux du monde des faits glaçants: dans le cadre de missions de pacification, des viols ont été commis de manière systémique, endémique. Les témoignages des rares victimes qui ont osé ou osent encore parler sont ravageurs, difficilement soutenables. Mais l'enquête analyse habilement les rouages, les dysfonctionnements, les incompétences et le sentiment d'impunité qui ont conduit à ces tragédies étouffées. Malgré de multiples mesures dont la création d'un poste de défenseur des droits des victimes, l'imposition d'un couvre-feu à ses employés, un travail de sensibilisation et d'éducation, le même scénario s'est répété tout récemment dans le cadre de la mission pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca). L'enquête interne, dont les détails effarants sont expliqués ici, révèle un manque criant de coordination entre les différents services concernés et des abus de pouvoir aux sommets de la hiérarchie, alors que les victimes sont abandonnées dans une détresse sauvagement ignorée. N.B.

L'OMS, UN GRAND CORPS MALADE?

Documentaire de Lilian Franck. ****

Mardi 18/6, 00h05, Arte.

© THOMAS SCHLOTTMANN

Objet de multiples fantasmes, de projections, d'instrumentalisation rhétorique, l'Organisation mondiale de la Santé voit régulièrement s'abattre sur elle l'ombre de la suspicion. Conflits d'intérêts, lobbying, enquêtes biaisées? La réalisatrice allemande Lilian Franck a décidé de passer à travers l'épais brouillard qui entoure les recommandations de l'OMS, chargée par l'ONU de définir des normes sanitaires pour le monde entier, pour en comprendre la mécanique d'élaboration. Le résultat de ses années d'enquête, factuel, étayé, précis, est révélateur des failles internes du système. Pourquoi l'OMS n'a-t-elle pas véritablement les moyens d'assurer sa mission première, de prendre sereinement des décisions qui vont impacter la santé de milliards de personne à travers le monde, et pour des générations? Affaiblie par un manque de pouvoir réel, elle est infectée par des intérêts privés, des contributeurs douteux, la susceptibilité et les priorités souvent contradictoires de ses 61 États membres. Pas question ici de théorie du complot, juste un diagnostic clinique, patient, même scientifique pour le coup. La plus belle démonstration est liée à l'accident nucléaire de Fukushima: comment le gouvernement japonais, qui a pourtant dramatiquement mis sous le tapis les effets nocifs des radiations, est-il passé entre les gouttes? À côté, la manipulation de l'instance sanitaire internationale par l'industrie américaine du tabac ou l'aggravation artificielle des effets du virus H1N1 paraissent des affaires de petit bras. N.B.

ALABAMA MONROE

Drame de Felix Van Groeningen. Avec Johan Heldenbergh, Veerle Baetens, Nell Catrysse. 2013. ****

Jeudi 20/6, 21h20, La Trois.

© DR

Si Felix Van Groeningen s'épanouit à présent jusqu'à Hollywood (avec Beautiful Boy), c'est surtout à cet Alabama Monroe qu'il le doit. Le jeune réalisateur belge s'était déjà signalé à Cannes en 2009 avec le rabelaisien La Merditude des choses, mais c'est avec ce mélodrame admirable réalisé quatre ans plus tard qu'il obtint son premier grand succès international. Adapté d'un spectacle scénique et sorti d'abord sous le même titre que celui-ci, The Broken Circle Breakdown, c'est l'histoire d'une chanteuse et d'un musicien partageant deux passions: celle qui les lie d'un amour ardent, et celle de la musique bluegrass. Un enfant viendra les combler, puis les alarmer quand arrivera la maladie, le danger, l'inquiétude... Van Groeningen nous cheville à l'intimité de personnages magnifiquement incarnés par Johan Heldenbergh et Veerle Baetens. C'est, jusqu'à la fin, simplement bouleversant! L.D.

HER

Comédie dramatique de Spike Jonze. Avec Joaquin Phoenix, Amy Adams, Rooney Mara. 2014. ****

Jeudi 20/6, 23h05, La Trois.

© DR

Dans un futur proche, à Los Angeles, un certain Theodore Twombly se remet mal d'une rupture amoureuse. Son attention est attirée par la promotion d'un logiciel offrant la possibilité de chercher une âme soeur virtuelle. La voix de Samantha, créature digitale, apaisera Theodore. Et les mots qu'elle prononce, adaptés à ses attentes profondes par des algorithmes, le séduiront au point de le faire tomber amoureux... et d'espérer que ce sera réciproque! Joaquin Phoenix est merveilleux dans ce film de Spike Jonze, où Scarlett Johansson prête (en VO) sa voix si particulière à Samantha. Le réalisateur de Dans la peau de John Malkovich a tout juste dans sa romance (légèrement) futuriste, entre ultramoderne solitude et quête désespérée de lien dans la jungle technologique. C'est beau, intelligent, sensible et plein d'une émotion très communicative. L.D.

ZZ TOP: THAT LITTLE OL' BAND FROM TEXAS

Documentaire de Sam Dunn. ***(*)

Vendredi 21/6, 22h35, Arte.

© TOWER TOP TOURS

Ils voulaient se cacher derrière leurs barbes mais avec leur coupe singulière, l'usage et l'usure du temps, elles sont devenues un signe distinctif, une marque de fabrique, un emblème. Point de vue pratique, ils ne savent toujours pas d'ailleurs, après toutes ces années, s'il vaut mieux la glisser au-dessus ou en dessous des couvertures... Rien ne prédestinait les Texans de ZZ Top au succès planétaire qui est le leur. Cinquante ans de carrière, 70 et quelques millions d'albums vendus (dont la moitié aux États-Unis) et une intronisation au Rock'n'roll Hall of Fame plus tard, That Little Ol' Band from Texas raconte la vie et l'oeuvre d'un trio de rock pas comme les autres. "Moins ils en sauront sur vous, mieux ce sera", avait coutume de dire Bill Ham, ce manager façon colonel Parker qui leur interdisait les interviews à la presse et les passages en télé. Imposant du coup pour les voir ou les entendre d'assister à leurs concerts et d'acheter leurs disques. Depuis leurs débuts dans le rock psychédélique jusqu'à leur blues de cow-boys électriques, le réalisateur Sam Dunn (Metal: A Headbanger's Journey, Iron Maiden: Flight 666, Super Duper Alice Cooper...) résume un groupe qui a su sortir de la masse, utiliser la force de frappe du clip et de MTV, et qui faisait monter des animaux sur scène dans un grand cirque rock'n'roll. Les trois zigotos mais aussi Josh Homme, Steve Miller, Billy Bob Thornton et Dan Auerbach éclairent de leurs lumières ce docu régulièrement découpé par des scènes de dessin animé. J.B.