Rachel (Audra McDonald) est médecin, opérant pour un service de diagnostic en ligne. Elle répond par Zoom aux sollicitations de patients qui lui exposent leurs différents symptômes. Son mari Zach (Steven Pasquale) oeuvre en tant qu'expert auprès de l'Agence américaine de prévention et de contrôle des maladies (CDC). Ses séances Skype avec sa collaboratrice et ex-maîtresse Cydni (Phillipa Soo) apportant leur lot d'ambiguïté et de parano à l'ambiance déjà peu feutrée du domicile conju...

Rachel (Audra McDonald) est médecin, opérant pour un service de diagnostic en ligne. Elle répond par Zoom aux sollicitations de patients qui lui exposent leurs différents symptômes. Son mari Zach (Steven Pasquale) oeuvre en tant qu'expert auprès de l'Agence américaine de prévention et de contrôle des maladies (CDC). Ses séances Skype avec sa collaboratrice et ex-maîtresse Cydni (Phillipa Soo) apportant leur lot d'ambiguïté et de parano à l'ambiance déjà peu feutrée du domicile conjugal. À l'étage au-dessus, Lily (Taylor Schilling), travailleuse du sexe dominatrice, passe ses journées également face aux écrans, arrosant à satiété sa clientèle de fantasmes. Les deux premiers épisodes relatent à merveille la parano et l'anxiété nées d'un confinement qui n'en finit pas et auxquelles s'ajoute l'injonction des pouvoirs publics à maintenir l'économie à flot. Comme si le Covid n'était pas suffisamment morbide, la série organise l'irruption d'un récit de zombies souvent délicieusement outrancier. Car si le confinement protège vraisemblablement du virus qui frappe le monde depuis 2020, la zombification, elle, vient de l'intérieur même des protagonistes. L'ironie satirique venant à son comble quand le besoin délirant de contrôle sociétal induit lui-même les conditions d'émergence et de propagation d'un mal beaucoup plus virulent. Fidèle à sa marque de fabrique, le couple King déroule un humour parfois attendu mais qui fait mouche la plupart du temps. "L'immunité collective signifie que tout le monde deviendra un zombie", lance Zach, vindicatif, à son supérieur technocrate adepte de la novlangue, tandis que, d'autre part, des allusions à la politique américaine et son cortège de clowns (Ted Cruz, Mitch McConnell) parsèment les dialogues et les génériques. Et les aléas du télétravail, des livraisons de repas, de la consommation et des services prodigués presque exclusivement via plateformes ne sont pas tant nés de la crise du coronavirus que de la déconnexion progressive des rapports humains directs, entamée il y a dix ans à l'avènement du Web 2.0. Les relations entre les personnages souffrent parfois de scories narratives inopérantes, mais l'ensemble, y compris dans ses deux derniers volets plus confus, livre une satire plutôt habile d'une société viscéralement malade.