"Le sens du mot féminisme a changé depuis quelques années. Maintenant, ce n'est plus de vieilles lesbiennes avec du poil aux pattes. Et alors d'ailleurs, où est le problème? Maintenant, c'est jeune, fun, branché d'être féministe. Maintenant, ne pas être féministe, c'est être complètement ringard. C'est p...

"Le sens du mot féminisme a changé depuis quelques années. Maintenant, ce n'est plus de vieilles lesbiennes avec du poil aux pattes. Et alors d'ailleurs, où est le problème? Maintenant, c'est jeune, fun, branché d'être féministe. Maintenant, ne pas être féministe, c'est être complètement ringard. C'est passer à côté de l'Histoire. Je crois qu'on doit une fière chandelle à Beyoncé." Ces mots sont de Florence Montreynaud, historienne et militante. Selon elle, Queen B a ouvert une voie nouvelle dans le féminisme. Un féminisme commercial, chic et parfois hypersexualisé. Depuis que le misogyne Donald Trump s'est emparé des rênes de la première puissance mondiale, et que l'affaire Weinstein, à l'automne 2017, a éclaté, la parole des femmes s'est libérée, portée et incarnée par des figures pop qui ne mâchent pas leurs mots. Élise Baudouin et Ariel Wizman racontent les enfants de Madonna, Britney Spears, Neneh Cherry et Gwen Stefani, épinglent leurs bienfaits libérateurs et questionnent leurs limites pour mieux résumer un féminisme compatible avec le marché de masse. La rappeuse Chilla, l'actrice et créatrice de mode Zahia Dehar ou encore Roxane Gay (World of Wakanda), Noire bisexuelle qui défend un féminisme intersectionnel et inclusif tourné vers les minorités et la justice sociale, alimentent la réflexion. Zoom bien cadré sur une pop culture qui reflète le climat socio-culturel actuel et participe au changement des mentalités.