Aujourd'hui, ils sont des millions à immortaliser l'art urbain, à capturer les créations éphémères avec leurs smartphones et à partager les oeuvres sauvages sur les réseaux sociaux. Auparavant, il n'y avait qu'elle avec son expérience et son savoir-faire. Elle qui, avant de devenir photojou...

Aujourd'hui, ils sont des millions à immortaliser l'art urbain, à capturer les créations éphémères avec leurs smartphones et à partager les oeuvres sauvages sur les réseaux sociaux. Auparavant, il n'y avait qu'elle avec son expérience et son savoir-faire. Elle qui, avant de devenir photojournaliste, cataloguait des objets au Peabody Museum of Natural History de Yale. Née en 1942 à Baltimore, Martha Cooper est sans doute l'une des plus grandes ambassadrices qu'ait connues le graffiti. Martha Cooper débarque à New York en 1975. Quand la pauvreté donne encore son âme et son caractère à la ville. Première femme photographe permanente du New York Post, elle arpente en long en large et en travers les rues d'une grosse pomme vérolée, va de scènes de crime en club tendance où elle passe le soir mitrailler les célébrités. Dans cette atmosphère anarchique où naissent quelques-uns des mouvements artistiques les plus importants de la fin du siècle, Cooper va, grâce à un jeune taggeur qui élève des pigeons sur le toit d'un immeuble, tomber à pieds joints dans le monde du graffiti. Rejeté par tous les éditeurs parfois sans même ouvrir l'ouvrage, Subway Art, qu'elle a cosigné avec Henry Chalfant, s'est refilé en photocopies noir et blanc (que certains recoloriaient au crayon) et est devenu une source d'inspiration pour toute une génération. Le portrait d'un incroyable bout de femme.