Andrew Davies, c'est 30 ans de télévision britannique, la première version de House of Cards (1990) et l'adaptation d'une tripotée de grands classiques de la littérature (Docteur Jivago, Pride and Prejudice, Guerre et Paix) auxquels il a appliqué un même traitement: arrachant aux textes originau...

Andrew Davies, c'est 30 ans de télévision britannique, la première version de House of Cards (1990) et l'adaptation d'une tripotée de grands classiques de la littérature (Docteur Jivago, Pride and Prejudice, Guerre et Paix) auxquels il a appliqué un même traitement: arrachant aux textes originaux une modernité manifeste, il tend à respecter leur lettre et leur historicité. Cette énième relecture du chef-d'oeuvre de Victor Hugo n'en révolutionnera pas les perceptions, mais effectue un travail de vulgarisation pour ce roman lui-même structuré par son auteur en une forme de feuilleton. Menée par un Dominic West (The Wire) impérial en Jean Valjean, la minisérie rend perceptible ce qui lie les personnages (Thénardier, Javert, Fantine, Cosette, Marius...) et détermine leur course dans une France déchirée, entre la chute de 1815 et les émeutes parisiennes de 1832. Prenant son temps pour soutirer l'essence du texte, la misère économique, morale et humaine, Davies insiste sur son universalité et fait écho au présent -le rôle de Javert à David Oyelowo surligne, par inversion, la violence d'un rapport de domination. Sa prise de risque laisse parfois glisser l'élégance de l'ensemble vers le trivial anachronique, mais la solidité du récit, la richesse des personnages et le jeu affûté des comédiens fait globalement honneur à ce monument de la littérature.