Satan, traîtresse, gauchiste, avocate du diable... Elle a eu droit à son lot de surnoms haineux mais ça n'a pas l'air de l'ébranler. Née le 19 juin 1945 à Haïfa, l'avocate Lea Tsemel défend depuis un demi-siècle la cause d'accusés palestiniens. Qu'ils soient féministes ou fondamentalistes, manifestants non violents ou militants armés. N'h...

Satan, traîtresse, gauchiste, avocate du diable... Elle a eu droit à son lot de surnoms haineux mais ça n'a pas l'air de l'ébranler. Née le 19 juin 1945 à Haïfa, l'avocate Lea Tsemel défend depuis un demi-siècle la cause d'accusés palestiniens. Qu'ils soient féministes ou fondamentalistes, manifestants non violents ou militants armés. N'hésitant pas à parler d'occupation, la juriste israélienne dénonce la répression, les dépossessions et les confiscations de l'État hébreu. Et dans un contexte toujours terriblement tendu, utilise le droit pour réduire les abus. De quoi irriter jusqu'à la ministre de la Culture Miri Regev, qui a refusé de voir le film et a qualifié de honte le fait d'en consacrer un à une femme pareille. Tout en suivant deux affaires en cours (dont celle d'un gamin de treize ans accusé de deux tentatives de meurtre), Rachel Leah Jones et Philippe Bellaïche brossent le portrait d'une femme forte qui défend des terroristes et leurs familles, qui cherche inlassablement à voir l'être humain en chaque dossier. Ses proches racontent une femme optimiste et en colère. Des dessins viennent se surperposer aux images réelles. "C'est une défaite totale, mais notre défaite en tant qu'avocats de la défense n'est rien à côté de la défaite profonde et durable de la société israélienne et de son système judiciaire", dit la perdante magnifique confrontée aux verdicts. "Il n'y a pas une lueur d'espoir. J'ai le sentiment de vivre avec l'illusion que je peux changer quelque chose dans ce monde, avoir un impact. Que quelqu'un va m'entendre. C'est étrange. Je ne veux pas arrêter d'essayer."