"C'est la reconstitution d'un safari tel qu'on peut le découvrir au Kenya. Donc, c'est un peu une journée de rêve pour le visiteur à la découverte d'une faune sauvage", se targue le directeur. "On dirait l'Afrique sauf qu'il fait froid", commente une passante. En 1992, un projet hallucinant voit le jour dans la commune de Port-Saint-Père, près de Nantes. L'entrepreneur Dany Laurent ouvre le Safari africain (aujourd'hui Planète sauvage), un zoo à ciel ou...

"C'est la reconstitution d'un safari tel qu'on peut le découvrir au Kenya. Donc, c'est un peu une journée de rêve pour le visiteur à la découverte d'une faune sauvage", se targue le directeur. "On dirait l'Afrique sauf qu'il fait froid", commente une passante. En 1992, un projet hallucinant voit le jour dans la commune de Port-Saint-Père, près de Nantes. L'entrepreneur Dany Laurent ouvre le Safari africain (aujourd'hui Planète sauvage), un zoo à ciel ouvert dans lequel les visiteurs se promènent en voiture pour admirer les lions, les girafes et les tigres. Le projet est soutenu par le Département et la Région. Il compte parmi ses investisseurs la marque de biscuit Saint-Michel, qui sponsorise l'espace de restauration et de boutiques. L'endroit s'appelle Le Village de Bamboula, du nom de sa célèbre galette en chocolat. Dany Laurent ne s'arrête pas là. En 1994, il se rend aux obsèques du président ivoirien. À l'époque, l'Afrique est vendue comme une terre de mystère et d'aventure. Et Laurent va créer au sein du parc une dérangeante réplique de village avec ses toits de chaume. Tous les matériaux y sont importés de Côte d'Ivoire. Les habitants aussi. Vingt-cinq hommes, femmes et enfants (sans leurs parents et non scolarisés) font de la poterie et dansent les seins nus. Ce n'est pas le droit français qui s'applique. Pas le montant des salaires hexagonaux non plus d'ailleurs. Leurs passeports confisqués, ils y resteront pendant six mois en détention. Soignés en cas de souci par les vétérinaires... "Quand je venais les chercher ou les ramener, il fallait ouvrir la grille. Ils étaient un peu enfermés. Ils étaient un peu en cage, raconte celui qui s'occupait des animaux. Des fois même, en rigolant, ils disaient: "Je retourne dans ma prison" ou "je retourne avec les bêtes."" En faisant intervenir des responsables de cette ignominie, des représentants de l'autorité, des militants et les principaux intéressés, le documentaire de Yoann de Montgrand et François Tchernia dit par Jean-Pascal Zadi revient sur cette invraisemblable et affligeante histoire, retrace l'Histoire des zoos humains et explique les origines du terme aujourd'hui dévoyé de bamboula. Saisissant.