16 août 1944, rue Collin d'Harleville, à Chartres. Une femme sans cheveu, son bébé dans les bras, est conspuée par la foule qui l'encercle, le sourire de la vengeance aux lèvres. Le cliché a fait le tour du monde et a durablement marqué l'imaginaire collectif. Mais quelle histoire se cache d...

16 août 1944, rue Collin d'Harleville, à Chartres. Une femme sans cheveu, son bébé dans les bras, est conspuée par la foule qui l'encercle, le sourire de la vengeance aux lèvres. Le cliché a fait le tour du monde et a durablement marqué l'imaginaire collectif. Mais quelle histoire se cache derrière cette photo prise par Robert Capa lors de la libération de la ville? Le documentaire de Patrick Cabouat raconte la Tondue de Chartres, l'homme qui l'a rendue tristement célèbre et tout le contexte qui l'entoure. Capa est un baroudeur individualiste, flambeur un peu mégalo mais tellement talentueux qu'on lui excuse toutes ses frasques. Il a déjà immortalisé la guerre d'Espagne et revient avec les troupes du général Patton dans cette France qu'il a connue fin des années 30. Ceux et celles qui ont fricoté avec l'ennemi pendant l'occupation sont arrêtés. Torturés, abattus après une parodie de justice. Les vannes de la vengeance sont ouvertes. Et les femmes soupçonnées de collaboration horizontale n'y échappent pas. Insultes, coups, mise à nu... Certaines subissent la tonte de leurs cheveux en public. Promenées dans les villes et les villages avec une marque au fer rouge sur le front. Simone Touseau (une interprète de 23 ans) aurait commis un crime bien plus grave que d'avoir fait un enfant avec un Allemand. Elle aurait dénoncé en 1943 cinq familles du voisinage. Un zoom éclairant.