Imaginez le pire scénario envisageable, non plus à l'horizon 2050 mais au présent: notre modèle économique a fini d'épuiser les ressources fossiles et énergétiques de la planète. Tout le système thermo-industriel s'effondre comme un château de cartes, libérant les instincts grégaires aiguisés par une lutte désespérée pour la survie. Inspirés des écrits de Pablo Servigne et Raphaël Stevens (Comment tout peut s'effondrer, Seuil, 2015...

Imaginez le pire scénario envisageable, non plus à l'horizon 2050 mais au présent: notre modèle économique a fini d'épuiser les ressources fossiles et énergétiques de la planète. Tout le système thermo-industriel s'effondre comme un château de cartes, libérant les instincts grégaires aiguisés par une lutte désespérée pour la survie. Inspirés des écrits de Pablo Servigne et Raphaël Stevens (Comment tout peut s'effondrer, Seuil, 2015), ou de l'ingénieur Jean-Marc Jancovici, trois réalisateurs réunis sous le collectif "Les Parasites" (Guillaume Desjardins, Jérémy Bernard et Bastien Ughetto) en font la matière d'une série aux épisodes courts mais percutants. Entre 15 et 25 minutes au crescendo anxiogène illustrent des situations que nous pourrions vivre un jour ou l'autre: des grands magasins non approvisionnés et victimes de pannes d'électricité, des paiements par carte gelés, des pénuries de carburant, des centrales nucléaires à l'abandon, des experts et dirigeants dépassés, une course permanente pour la survie... Et, au milieu de ce chaos, des élans de solidarité, des petits sursauts d'héroïsme dérisoires. Le format se veut coup de poing et similaire tout au long des huit chapitres en mode choral: un seul plan séquence par épisode pour illustrer les inexorables destins que la collapsologie ne cesse de nous annoncer. L'anticipation se veut réaliste et l'ensemble tient plutôt la route. Le neuvième épisode devrait proposer des solutions concrètes pour sortir du marasme, histoire de ne pas complètement désespérer de la condition humaine. Avertissement sans frais, cri d'alarme, L'Effondrement est aussi l'illustration d'une situation qui a vu l'humanité et ses collectivités s'enfermer elles-mêmes dans des circuits peu vertueux (supermarchés et entreprises aux cadences déshumanisées, course à l'échalote, dépendance à la voiture ou criminalisation des solidarités...). Malgré quelques raccourcis, des incohérences et des personnages stéréotypés, L'Effondrement marquera à coup sûr les esprits.