La voix de Monsieur Adjovi, 82 ans, illumine autant qu'elle fait vibrer cette petite heure de bonheur à la découverte du Méteor, petit club de pétanque dont il est le président d'honneur. Sur la place Attaké, à Porto-Novo, a...

La voix de Monsieur Adjovi, 82 ans, illumine autant qu'elle fait vibrer cette petite heure de bonheur à la découverte du Méteor, petit club de pétanque dont il est le président d'honneur. Sur la place Attaké, à Porto-Novo, au Bénin, ce gardien de temple vaudou, bouliste aussi passionné que n'importe quel vétéran marseillais, couve les compétitions qui sont autant de carrefour de vies, de rendez-vous honorés par des vies cabossées ou trépidantes. Dans un pays qui compte quatre religions, une dizaine d'ethnies et sept langues, le Méteor est un exemple de mixité sociale, où les parties sont autant de moyens de libérer des tensions toujours un peu sur le feu. Si la musique ingénieuse et lancinante s'inspire du western, c'est pour mieux diffuser les vertus de la langueur, la lenteur, l'observation et la patience indispensables au joueur de pétanque, et cette compétition qui tient lieu de duel. Atmosphérique, tendre, rythmé, ce bijou de Romain Potocki se joue des destins contraires et des antagonismes pour diffuser un espoir délicieusement rieur.