"On fait le boulot le plus dur au monde. Parce qu'on grandit, on essaie de changer. Et c'est beaucoup plus dur que de rester sans bouger à faire la même chose année après année, à penser les mêmes choses en vivant de la même manière." Si rarement écoutés, si souvent pointés du doigt, les jeunes sont les curseurs et les moteurs de la société...

"On fait le boulot le plus dur au monde. Parce qu'on grandit, on essaie de changer. Et c'est beaucoup plus dur que de rester sans bouger à faire la même chose année après année, à penser les mêmes choses en vivant de la même manière." Si rarement écoutés, si souvent pointés du doigt, les jeunes sont les curseurs et les moteurs de la société. Ceux qui la tonifient, ceux qui la font avancer. Vibrant, vivifiant, secoué, le documentaire d'Aurélien Guégan et Marie Durrieu retrace les mouvements culturels portés par la jeunesse depuis le milieu du siècle dernier. Il commence en 1949 dans la France d'après-guerre et les clubs de Saint-Germain-des-Prés avec des jeunes qui se mettent à écouter du jazz dans les caves (tout un symbole) où ils s'étaient cachés pendant l'occupation. Chronologiquement, bâti sur des images d'archives et des extraits de films, des bouts de concerts et des interviews d'antan, Histoire bruyante de la jeunesse (1949-2020) raconte les jeunes et leurs combats à travers leurs grands mouvements culturels. Chaque génération a inventé des formes artistiques radicales et transgressives pour exprimer sa colère, son mal-être et renverser un monde de vieux. Du jazz au punk, de la Beat Generation au rap, de la Britpop à la Nouvelle Vague en passant par le reggae et le mouvement hippie, cette tribu peace and love cimentée au LSD, ce docu en deux parties raconte aussi les jeunes Afro-Américains qui se soulèvent, les jeunes femmes qui ne supportent plus l'oppression du patriarcat et les jeunes homosexuels, nocturnes et disco. Un survol trépidant mu par la désobéissance, l'idéalisme et l'esprit de révolte.