La réponse était déjà dans un texte publié il y a deux ans, L'Intranquille, où Garouste, un des peintres les plus en vue du moment, ouvrait les plaies d'une vie lestée par un terrible secret de famille (son père était un sombre...

La réponse était déjà dans un texte publié il y a deux ans, L'Intranquille, où Garouste, un des peintres les plus en vue du moment, ouvrait les plaies d'une vie lestée par un terrible secret de famille (son père était un sombre collabo, spoliateur éhonté de biens juifs) et une maladie mentale au long cours. Le parcours de résilience, de réparation, de réconciliation-résurrection de cet authentique survivant, converti au judaïsme, entre ici en résonance avec ses oeuvres, inspirées de La Divine Comédie, Don Quichotte ou Faust. Présentées dans un procédé dynamique qui les met en lien, en concorde, les toiles de Garouste forment alors une sorte de Jardin des délices où les symboliques renvoient à ses désirs d'utopie, de rêve, de dialogue entre le paisible et le mouvementé. Plus qu'un portrait attachant, c'est une plongée dans le cheminement d'une création, d'un dialogue entre la psyché et les mains, et d'une transmission: Gérard Garouste a fondé La Source, association qui invite des enfants survivants comme lui, à se réparer puis se transcender par l'art.