Tout sur Édouard Louis

Petite anecdote personnelle: dans le nord de Bruxelles où j'ai grandi dans les années 80, les ados blancs comme neige raffolaient d'une expression arabe -la seule qu'ils connaissaient- pour agonir celui qui avait le malheur de se retrouver dans une situation embarrassante. Trébucher dans la rue, tousser en tétant un joint, rougir devant une fille déclenchait automatiquement une pluie de "hachma" dans la bouche des potes hilares.

Plus de doute, le virus du changement démange nos sociétés. On peut l'observer tous les jours, à l'échelle microscopique des moeurs (sur la question du genre notamment), comme sur le terrain plus global de l'économie, dans le sillage d'une mondialisation friande de ruptures brutales et d'innovations disruptives.

L'humiliation est le nouveau gourdin à la mode pour frapper ses "ennemis". Ennemis qu'on n'a le plus souvent jamais rencontrés, et qui ne nous ont même en général rien fait personnellement, mais dont les propos ou les attitudes rendues publiques par eux-mêmes ou par d'autres appellent néanmoins notre condamnation implacable.

À travers sa relation avec son père, édouard louis explore les mécanismes d'exclusion et la violence sociale. Un récit coup de poing.

A 22 ans, Edouard Louis signe le roman choc de la rentrée. Entre littérature et sociologie, En finir avec Eddy Bellegueule raconte son calvaire dans un milieu populo rongé par les stéréotypes machistes, racistes et homophobes. Bouleversant.