Vendredi dernier, Benoit Do Quang et Julien Gathy du groupe Ulysse donnaient une masterclass devant des élèves de quatrième rénovée du Lycée Roger Lallemand de Saint-Gilles. Assis dans les travées de la Rotonde au Botanique, la cinquantaine de jeunes présents a pu se faire une idée de la manière dont est produite la musique électronique créée par le groupe. Dirigés par après vers les locaux du Point Culture, les élèves ont pu poser une série de questions aux deux représentants du groupe (le troisième, Arnaud Duynstee, étant absent). Une initiative qui a plu énormément aux deux artistes. "Nous on n'a pas eu la chance d'avoir des activités de la sorte quand on était en secondaire, regrette Benoit Do Quang. Et je trouve que c'est une super initiative de montrer concrètement ce que ça donne de produire de la musique et pas juste le lire dans un livre. Nous on avait des activités musique mais on nous parlait de musique du monde, etc. C'est des choses qui t'intéressent pas quand tu as 16 ans, donc je pense que c'est important de leur montrer des choses qui les touchent d...

Vendredi dernier, Benoit Do Quang et Julien Gathy du groupe Ulysse donnaient une masterclass devant des élèves de quatrième rénovée du Lycée Roger Lallemand de Saint-Gilles. Assis dans les travées de la Rotonde au Botanique, la cinquantaine de jeunes présents a pu se faire une idée de la manière dont est produite la musique électronique créée par le groupe. Dirigés par après vers les locaux du Point Culture, les élèves ont pu poser une série de questions aux deux représentants du groupe (le troisième, Arnaud Duynstee, étant absent). Une initiative qui a plu énormément aux deux artistes. "Nous on n'a pas eu la chance d'avoir des activités de la sorte quand on était en secondaire, regrette Benoit Do Quang. Et je trouve que c'est une super initiative de montrer concrètement ce que ça donne de produire de la musique et pas juste le lire dans un livre. Nous on avait des activités musique mais on nous parlait de musique du monde, etc. C'est des choses qui t'intéressent pas quand tu as 16 ans, donc je pense que c'est important de leur montrer des choses qui les touchent directement et qui peuvent surtout les inspirer à faire quelque chose de leur temps, à se passionner de quelque chose."Évidemment, il serait utopique de croire que la musique électronique pourrait intéresser tout le monde et surtout très cliché de penser que puisque ce sont des jeunes, ils aimeront ce type de musique. "Non ça n'intéressera pas tout le monde, ajoute-t-il donc. Mais pour moi, le premier rôle de l'école devrait être de te rendre curieux et de te faire découvrir des choses. Qu'on t'éveille au sport, à la menuiserie ou n'importe quoi, je pense qu'il faut donner la chance aux jeunes de toucher à toucher à tout et de choisir ensuite."Quatre années se sont écoulées depuis leur premier EP, U as Ulysse. L'occasion de faire un petit bilan des hauts et des bas qui ont rythmé le quotidien du groupe. "On a appris plein de trucs, on a recherché plein de nouvelles sonorités, de nouvelles façons de travailler, avec la langue aussi puisqu'on a mis du français, etc., explique Julien Gathy. Je pense que c'est une évolution qui mènera jusqu'à l'album, qui sortira courant 2019. On s'est perfectionnés aussi au niveau de la scène, on a bossé pour pouvoir faire de plus grosses scènes puisqu'ici on va faire le chapiteau le 3 mai pour les Nuits." Pour Benoit, c'est aussi la traduction de la musique qu'ils créaient dans leur chambre en un véritable live qui fut une vraie réussite. "C'est quelque chose que l'on appréhendait vraiment et on a beaucoup bossé pour rendre ça intéressant pour les gens. En général le retour était très positif puisque les gens aimaient vraiment bien."Les deux comparses sont unanimes quant au défaut principal rencontré depuis le début de leur aventure: les artistes en Belgique subissent une situation précaire, ils manquent cruellement de soutien pour leurs projets respectifs et c'est un manque qu'ils ressentent énormément. "Le groupe nous demande énormément d'investissement et on ne gagne pas d'argent, déplore Julien Gathy. Donc on doit toujours trouver des solutions sur le côté pour subvenir à nos besoins. On investit énormément de temps, de stress et d'angoisse pour pas un seul retour financier, qui n'est pas quelque chose qu'on recherche pour le moment mais qui nous permettrait d'avancer." Comme beaucoup d'autres groupes en Belgique, le trio Ulysse doit encore avoir un boulot sur le côté pour pouvoir avoir de quoi vivre. Ainsi, Benoit est réalisateur de clips vidéo (notamment pour Roméo Elvis, Caballero & JeanJass...), Julien travaille dans le management d'artistes et Arnaud dans un magasin. Leur souhait est évidemment de pouvoir vivre de leur passion. La barrière linguistique en Belgique constitue elle aussi une difficulté pour le groupe, qui aimerait plus se produire dans la moitié nord du pays. "Elle commence à se perméabiliser mais elle est toujours très forte, aussi bien culturellement qu'administrativement. C'est très dur de jouer là-bas alors qu'on a fait plein de dates en Belgique francophone... C'est d'autres règles, d'autres manières de procéder et c'est dommage que ça ne communique pas plus entre les deux", déclarent-ils.Après leurs trois EP U as Ulysse, Cashmere Guns et Surf plus récemment, un featuring avec Roméo Elvis qui leur a apporté un public peut-être plus large et l'envie de chanter en français (sur la chanson 1000 notamment) et une tournée de concerts, les trois partenaires se sont lancés dans l'écriture d'un album qui devrait sortir l'année prochaine, sans date précise pour le moment. La faute à la difficulté de travailler dans un groupe où les trois membres sont producteurs, ce pourquoi ils avaient attendu trois ans entre Cashmere Guns et Surf. "Arriver à sélectionner ce qui est le meilleur et avancer, c'est ce qui est le plus compliqué, racontent-ils. Et puis c'est con mais on est super exigeants vis-à-vis de notre propre travail et il y a plein de choses que l'on aurait pu sortir beaucoup plus tôt, mais on n'était pas sûrs et on voulait surtout des choses qui étaient cohérentes ensemble. Donc oui, ça a mis le temps mais on voulait sortir quelque chose dont on était vraiment fiers."Guillaume Scheunders