L'histoire commence avant Triggerfinger, une soirée du début des années 90 à Ostende. B.J. Scott, pas encore juré awélacsangamerwicain seriné dans The Voice, est juste une chanteuse de blues ombilical. Une incongruité au programme: le guitariste. Bloc de granite rasé qui mouline des trucs comme si le blues était la transmission directe de spasmes tectoniques, de bruits peu définis et d'égarements de l'âme. L'instrumentiste en question, Paul Van Bruystegem, débite des monstruosités de guitare, modeste jouet épileptique dans ses larges bras. Un quart de siècle plus tard, en février 2019, Lange Polle, 60 piges -c'est le même-, partage notre bout de banquette du Depot de Leuven avant un concert célébrant la double décennie de Triggerfinger. Là, aux Pays-Bas et lors de quatre soirées -archi-complètes- au Roma d'Anvers. Changement de paradigme: Paul s'est -officiellement- rangé de la guitare et s'occupe désormais de la basse. Un peu comme si Miles Davis avait quitté la trompette pour le sax. Mais pourquoi? "Une question de circonstances, répond dans un beau français le gentil géant. J'ai été approché par les deux autres musiciens de Triggerfinger et l'un d'entre eux était déjà guitariste, donc voilà."
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