Accrochez-vous, c'est la meilleure de l'année: Tom DeLonge, ex-chanteur et ex-guitariste de Blink 182, cet abominable groupe de pounk FM en mousse, est désormais à la tête d'une entreprise cross-média dont l'un des principaux buts est de préparer le monde à la révélation que les extraterrestres non seulement existent mais qu'ils nous visitent aussi depuis l'aube des temps. "La Terre est leur Syrie, dit-il dans le podcast de Joe Rogan. Deux civilisations étrangères s'y livrent une guerre par procuration, exactement comme les États-Unis et la Russie le font actuellement en Syrie." L'origine de ce conflit remonterait à l'Atlantide, qui était un avant-poste des uns, attaqué et détruit par les autres. Ces uns ont l'apparence humaine et nous sommes leur création génétique. Les autres sont les fameux Petits-Gris et tiennent plus de l'androïde biologique que de la créature consciente. Ceux-là sont sinon encore bien plus méchants et inhumains que Benjamin Maréchal et passent surtout pour des chauffards galactiques qui ont la funeste habitude de crasher leurs soucoupes volantes sur Terre. À Roswell, en 1947, ce n'était toutefois pas eux. "Ça, c'était un appareil nazi, parti d'une base secrète allemande en Argentine", explique DeLonge chez Joe Rogan. Car ce sont les nazis, pas les Américains, qui ont capturé et autopsié des aliens po...

Accrochez-vous, c'est la meilleure de l'année: Tom DeLonge, ex-chanteur et ex-guitariste de Blink 182, cet abominable groupe de pounk FM en mousse, est désormais à la tête d'une entreprise cross-média dont l'un des principaux buts est de préparer le monde à la révélation que les extraterrestres non seulement existent mais qu'ils nous visitent aussi depuis l'aube des temps. "La Terre est leur Syrie, dit-il dans le podcast de Joe Rogan. Deux civilisations étrangères s'y livrent une guerre par procuration, exactement comme les États-Unis et la Russie le font actuellement en Syrie." L'origine de ce conflit remonterait à l'Atlantide, qui était un avant-poste des uns, attaqué et détruit par les autres. Ces uns ont l'apparence humaine et nous sommes leur création génétique. Les autres sont les fameux Petits-Gris et tiennent plus de l'androïde biologique que de la créature consciente. Ceux-là sont sinon encore bien plus méchants et inhumains que Benjamin Maréchal et passent surtout pour des chauffards galactiques qui ont la funeste habitude de crasher leurs soucoupes volantes sur Terre. À Roswell, en 1947, ce n'était toutefois pas eux. "Ça, c'était un appareil nazi, parti d'une base secrète allemande en Argentine", explique DeLonge chez Joe Rogan. Car ce sont les nazis, pas les Américains, qui ont capturé et autopsié des aliens pour la première fois de l'histoire contemporaine, avant d'essayer de copier la technologie de leurs engins volants. Tom DeLonge s'intéresse aux ovnis depuis l'adolescence et se gargarise d'avoir lu, vu et écouté tout ce qu'il y a moyen de lire, de voir et d'écouter sur le sujet. En avril 2016, il a lui-même sorti Sekret Machines: Chasing Shadows, une fiction à la Taken (la série alien produite par Steven Spielberg en 2002) qu'il dit fortement inspirée de "faits réels" et qui se veut le premier tome de ce qui devrait devenir "une franchise à la Disney" (lire "un univers interconnecté décliné en films, séries, bédés et romans"). Là où ça devient complètement zinzin, c'est que Tom DeLonge prétend qu'il y a dans ce bouquin quelque chose d'assez énorme, dont il a juré ne plus reparler en public, un lien qu'il aurait fait entre différentes anecdotes OVNI et auquel personne n'avait pensé avant lui. Ce qui lui aurait coûté une convocation au Pentagone et deux jours d'interrogatoire serré par les services secrets. Qui auraient finalement décidé qu'on pouvait lui faire confiance et lui auraient alors donné accès à des dossiers encore plus énormes et étranges. Dont il ne peut évidemment pas non plus parler publiquement. Pas encore, du moins. Car le but de sa société, ce pourquoi a été montée la To The Stars Academy of Arts & Science, c'est justement d'un jour tout balancer au public. Les scientifiques s'y occuperont de science de pointe, notamment de commercialiser l'énergie antigravitationnelle, celle qui permettrait aux soucoupes volantes de distordre l'espace-temps et dont on aurait enfin compris le fonctionnement, après 70 années de recherche. De leur côté, les artistes y seraient quant à eux chargés de fabriquer des documentaires mais aussi de la fiction afin de préparer le monde à la révélation que les extraterrestres existent, qu'ils posent un danger existentiel à l'humanité, que leur technologie va totalement bouleverser notre quotidien et qu'ils sont aussi à la base de toutes nos religions. Bref, Tom DeLonge se présente désormais comme une sorte d'Élu. Celui qui va nous faire entrer dans une nouvelle phase de l'histoire humaine, une deuxième Renaissance, nous ouvrir la porte des étoiles. Autant dire qu'il n'y a ici rien de bien neuf. Il y a 25 ans, quelqu'un comme Steven Greer, via son Disclosure Project, avait déjà pataugé dans des eaux troubles similaires, et ce n'est qu'un nom parmi d'autres de la longue liste de zigotos prétendant que le complexe militaro-industriel est depuis la seconde guerre mondiale en possession d'une technologie venue d'une autre galaxie et dont la mise sur le marché pourrait drastiquement transformer la société et notre rapport à l'univers. "Je suis une rockstar qui sait comment parler aux millenials", balance assez fièrement Tom DeLonge chez Joe Rogan et c'est bien pourquoi l'agence ultrasecrète internationale qui s'occupe des questions OVNI l'a selon lui choisi pour cette incroyable mission de déclassification. Cet immense talent, cette immense réserve de sagesse, ne l'empêche pourtant pas juste quelques minutes plus tard dans l'émission de balancer des blagues scabreuses sur son pénis allant visiter Uranus (prononcez "your anus", quelle finesse). Une semaine après avoir pas mal lu sur tous ses projets mégalomanes, je n'arrive toujours pas à décider si Tom DeLonge est simplement cinglé, cynique et manipulateur ou alors plutôt crédule et manipulé. Ce qui est en revanche certain, c'est qu'il n'est guère très convaincant et que son Sekret Machines n'a pas non plus l'air de raconter grand-chose qui n'ait pas déjà été raconté depuis 1947, la naissance de l'ufologie moderne et l'assimilation directe par la pop culture des apparitions de soucoupes volantes. Pourquoi lui, d'ailleurs, si cette agence secrète internationale existe vraiment? Pourquoi pas Steven Spielberg ou Ridley Scott, qui ont à la fois plus d'expérience dans le domaine, une plus grande crédibilité et de meilleurs scénaristes? Ou Paulo Coelho, tiens? Ou la NASA? Ou Le Pape? Une figure d'autorité morale, un scientifique légitime? Pourquoi ce putain de gogolito de Tom DeLonge, surtout connu pour ses chansons qui invitent à retirer son pantalon et sa veste, baiser un chien et tomber amoureux des filles qui vont aux concerts de punk-rock? Pourquoi, alors que liée à une agence de défense militaire internationale dont la principale mission serait de nous protéger d'une menace cosmique concrète à côté de laquelle une guerre nucléaire avec l'Iran ou la Corée du Nord ressemblerait à un coup de griffes de chaton, sa société To The Stars a-t-elle encore besoin de recourir au crowdfunding? Qu'est-ce que Tom DeLonge est en train de foutre, là? Dans quoi est-il embarqué? Une tentative d'arnaque massive? Un coup marketing bien foireux? Le lancement d'un mélange d'entreprise médiatique et de culte, la mise en orbite d'un To The Stars qui serait à la fois un nouveau Marvel et une nouvelle scientologie? Ou alors, c'est lui qui est victime d'une escroquerie? Le pigeon tout désigné par d'anciens grouillots du ministère de la Défense qui estiment que les dollars d'une rockstar crédule sont un complément idéal à leur petite pension? C'est un peu tôt pour y voir clair mais il semble certain qu'il se trame là quelque chose d'assez énorme, probablement appelé à faire beaucoup rire dans un proche futur. À suivre, donc.