Le douzième album du quinqua Thomas Fersen est juteux, drôle et raconteur. Rayon musiques, il pousse le piston vers un agréable élargissement instrumental entre pop, folk, musette, tous réjouissants. Côté textes, l'auteur du classique Le Bal des oiseaux, premier album de 1993, dresse une galerie de personnages qui semblent tous rebondir vers lui. Même si la chanson, comme on le sait, est une farceuse, mélangeant biographie, fiction et fantasmes rêveurs. Dans ce disque plus que sympathique, Fersen collectionne les histoires amoureuses, peu triomphantes. C'est donc en sujet marrant au ton défait, si pas loser, que l'auteur-compositeur, fils d'une infirmière et d'un employé de banque, construit sa boutique des petits désastres du coeur. Qui passe forcément par sa façon de chanter, lymphatique et traînante, théâtrale et mélancolique, avec laquelle Fersen continue de remplir les salles de la francophonie. Longtemps après avoir eu le premier choc viscéral, celui d'entendre les voix à la radio. "Dans mon adolescence, j'ai beaucoup écouté la radio, beaucoup France Inter, notamment les émissions de Claude Villers et Patrice Blan...