A moins d'avoir passé les dernières semaines sur l'iceberg solitaire en perdition de la taille du Delaware au large de l'Antarctique ou de vivre de l'autre côté de la frontière linguistique, il ne vous aura pas échappé que la RTBF est en train de lancer un nouveau concept, qu'elle espère révolutionnaire. Il a pour nom Tarmac et se veut "100% hip-hop, 100% belge". Ce n'est pas à proprement parler une nouvelle radio, ni une nouvelle chaîne de télé.. mais un peu des deux, quand même. Il s'agit en fait d'un nouveau média transversal et "digital native", comme il en existe déjà ailleurs quelques-uns sur le web. Un "laboratoire", ainsi qu'un "terrain de jeu", décliné en application pour téléphone mobile, ainsi qu'en site où trouver des mixtapes, des interviews, des chroniques, des reportages, des concerts, des capsules vidéo, des podcasts, etc, etc... Bref, une sorte de Viceland mais alors un Viceland entièrement consacré aux cultures urbaines et principalement destiné aux 15-25 ans. Et estampillé RTBF, donc.

Tarmac a jusqu'ici reçu de la presse un accueil aussi enthousiaste que poli et plutôt strictement promotionnel. Le lancement d'une telle plateforme peut pourtant donner envie de poser quelques questions éventuellement plus piquantes, voire ennuyeuses. Sans forcément rechercher la polémique à tout prix. Est-ce en effet vraiment le rôle du service public de servir du hip-hop aux jeunes, autrement dit d'aussi tenter de gratter des parts de marché à certaines radios privées dont les tubes "urbains" forment le fond de commerce? Est-ce bien raisonnable de construire à Reyers de nouveaux décors hip-hop, rame de métro comprise, et d'investir une somme assez conséquente dans le projet alors que les webradios modernes se montent en Angleterre, aux Etats-Unis et en France avec seulement quelques laptops en réseau et un bon carnet d'adresses? Pourquoi résumer le concept de "cultures urbaines" au hip-hop? C'est Thomas Duprel, le boss, alias Akro, un ancien Starflam, qui y répond, aussi cash que sincère et détendu. Le tout enregistré dans l'un des studios de Tarmac, avec un véritable ingénieur son aux potards. Une première dans l'histoire du Focus Brolcast. Une dernière, aussi? Ca, on verra en septembre. Un grand merci à tous et tout spécialement à Greg Carette. (sc)