Je me revois encore, voici quelques lunes, en tenue camouflage, les poches pleines de weed, rentrer dans un nuage de ganja appelé Ancienne Belgique. C'était Sly & Robbie avec Mad Professor à la console, soit la section rythmique et l'ingé son dub le plus demandé. Sur papier, ça sonnait bien. Dans la salle, ce fut monstrueux. Des infrabasses telluriques, une ambiance de feu, des classiques parmi les classiques remixés à la sauce dub, une expérience immersive totale dans un état de conscience altéré. Les effets sonores, la lumière, le volume, la pulsation du beat et des fréquences si basses que pour en parler, il faut se faire mal au dos.

Parler de Sly & Robbie, c'est parler de Black Uhuru, Serge Gainsbourg, Peter Tosh, Grace Jones, Gwen Guthrie, Madonna, Toots & The Maytals et Bob Dylan. Viktor Lazlo aussi, tiens, je l'ignorais. C'est errer dans une discographie impressionnante de diversité, c'est aller du reggae et du dub les plus purs à la pop la plus mainstream. Ce sont des heures d'écoute, des dizaines de disques sur lesquels j'ai dansé et mixé jusqu'à plus soif. C'est aussi parler des graines qu'ils ont semées. Pas de hip hop, de techno, de house sans dub ni sans reggae. Pas de reggae ni de dub sans Sly & Robbie.

D'abord guitariste, Robbie Shakespeare devient l'élève d'Aston Barrett, le futur bassiste de Bob Marley, alors rat de studio chez Lee Scratch Perry et ses Upstetters, qui venait chez les Shakespeare pour se fournir en verdure. De fil en aiguille, il rencontre son Riddim Twin, Sly Dunbar avec lequel il forme the Revolutionaries, le groupe maison du légendaire label Channel One.

Dennis Brown Gregory Isaacs, Peter Tosh ou encore Black Uhuru se les arrachent jusqu'à ce que Chris Blackwell les engage pour les sessions d'enregistrement d'une reine des nuits new-yorkaises, une certaine Grace Jones. Ils deviennent les musiciens maison du légendaire Compass Point Studio où l'on croise The Talking Heads, Joe Cocker et d'autres.

Robbie Shakespeare s'est éteint ce mardi à l'âge de 68 ans.

Rest in Power Riddim King.

Je me revois encore, voici quelques lunes, en tenue camouflage, les poches pleines de weed, rentrer dans un nuage de ganja appelé Ancienne Belgique. C'était Sly & Robbie avec Mad Professor à la console, soit la section rythmique et l'ingé son dub le plus demandé. Sur papier, ça sonnait bien. Dans la salle, ce fut monstrueux. Des infrabasses telluriques, une ambiance de feu, des classiques parmi les classiques remixés à la sauce dub, une expérience immersive totale dans un état de conscience altéré. Les effets sonores, la lumière, le volume, la pulsation du beat et des fréquences si basses que pour en parler, il faut se faire mal au dos.Parler de Sly & Robbie, c'est parler de Black Uhuru, Serge Gainsbourg, Peter Tosh, Grace Jones, Gwen Guthrie, Madonna, Toots & The Maytals et Bob Dylan. Viktor Lazlo aussi, tiens, je l'ignorais. C'est errer dans une discographie impressionnante de diversité, c'est aller du reggae et du dub les plus purs à la pop la plus mainstream. Ce sont des heures d'écoute, des dizaines de disques sur lesquels j'ai dansé et mixé jusqu'à plus soif. C'est aussi parler des graines qu'ils ont semées. Pas de hip hop, de techno, de house sans dub ni sans reggae. Pas de reggae ni de dub sans Sly & Robbie. D'abord guitariste, Robbie Shakespeare devient l'élève d'Aston Barrett, le futur bassiste de Bob Marley, alors rat de studio chez Lee Scratch Perry et ses Upstetters, qui venait chez les Shakespeare pour se fournir en verdure. De fil en aiguille, il rencontre son Riddim Twin, Sly Dunbar avec lequel il forme the Revolutionaries, le groupe maison du légendaire label Channel One.Dennis Brown Gregory Isaacs, Peter Tosh ou encore Black Uhuru se les arrachent jusqu'à ce que Chris Blackwell les engage pour les sessions d'enregistrement d'une reine des nuits new-yorkaises, une certaine Grace Jones. Ils deviennent les musiciens maison du légendaire Compass Point Studio où l'on croise The Talking Heads, Joe Cocker et d'autres.Robbie Shakespeare s'est éteint ce mardi à l'âge de 68 ans.Rest in Power Riddim King.