Confidence Man
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Confidence ManBarbie et Ken court-vêtus font des crasses dans une boîte de nuit en écoutant LCD Soundsystem, Fatboy Slim, CSS et Aqua. Voilà pour le pitch. Confidence Man ne vole pas bien haut mais allie le yoga façon Véronique et Davina aux positions suggestives d'un film de Marc Dorcel. I'm a cool party girl in a cool party world... Reggie Goodchild (machines) et Clarence McGuffie (batterie), la panse à l'air en boxers moulants et planqués derrière des masques en tissu, balancent la purée pour Janet Planet et Sugar Bones. Pupute à mort mais plutôt rigolo.Ron GalloIl est installé à Nashville. Se promène en salopette. A une touffe de Jackson 5. Et a bouffé du Richard Hell and The Voidoids quand il était petit. Ron Gallo (ex Toy Soldiers) a beau reprendre You Gotta Be de Des'ree, s'il était né 30 ans plus tôt, il aurait été à l'école au CBGB. C'est plein de guitares, d'allant punk, de petites hymnes gentiment efficaces mais on ne tient pas non plus le nouveau Jay Reatard. La Blank Generation 2.0...NonameElle a pas choisi le nom le plus facile à porter pour qu'on la retrouve sur le web mais Fatimah Nyeema Warner a autre chose pour frapper les esprits. Une solide voix, un bon band et un hip hop teinté de soul qui a la classe et du groove. Apparue depuis quelques années maintenant auprès d'un Mick Jenkins et d'un Chance The Rapper, Noname a fait ses dents dans les open mic et les concours de slam avant de passer de la poésie à la musique. On attend avec curiosité son deuxième album et de voir comment sonnera le successeur de Telefone. Rolling Blackouts Coastal FeverIls viennent d'Australie (de Melbourne une fois de plus). Ne sautent pas comme des kangourous mais font de la musique qui fourmille dans les jambes. Trois voix, trois guitares (et quelles guitares)... Rolling Blackouts Coastal Fever tape dans les Go-Betweens et leurs potes du label FlyingNun, le punk new-yorkais seventies de Television, le rock des Feelies et les débuts d'un Beach Fossils. L'un des très chouettes moments d'une journée bien chargée.Sleaford ModsC'était un peu le problème du Pukkelpop cette année. De chouettes concerts oui (un peu tous les jours mais pas des masses le vendredi) pour finalement très peu de découvertes... Un paquet de groupes en bout de course qui tournent avec le même album depuis plus d'un an et qui sont déjà passés par le festival limbourgeois lors de ses deux dernières éditions. Pas de surprise donc mais du bon temps avec les Sleaford Mods, leur humour décapant et leur langage fleuri. Entre un grattage derrière l'oreille et une monkey dance, Jason Williamson, le rappeur aux cinq poumons, crache à coup de bastard, de wanker et de cunt, sa vision mordante de l'Angleterre (ce trou à merde), de ses institutions et de ceux qui les habitent pendant que son pote le beatmaker Andrew Fearn boit des bières en hochant de la tête dans son t-shirt des Simpsons à l'effigie de Clancy Wiggum (le gros et gras chef de police de Springfield en train de bouffer un Donut). Son ordi tout pourri posé sur trois casiers de Maes, Fearn, une main dans la poche et une pinte dans l'autre, appuie de temps en temps sur un bouton. Préférant de loin la glandouille assumée à la simulation. "La cruelle vérité, c'est que le public a encore plus mauvais goût que l'industrie," aiment à penser les deux punks de Sleaford Mods. Le Pukkel a calmement apprécié...ProtomartyrSi The National avait encore des couilles et si Matt Berninger était vraiment vraiment vénère (façon craquage de chemise à la Hulk), ils sonneraient peut-être aussi bien que Protomartyr. Oubliez Ought, Viet Cong (surtout depuis qu'ils sont devenus Preoccupations)... Si vous voulez du post punk qui en a dans le pantalon, cherchez des successeurs à Wire, The Fall et Pere Ubu, c'est du côté de Detroit et de Protomartyr que cela se passe. Une belle petite claque.King Gizzard & The Lizard WizardPour l'instant, ce sont eux les champions de la gratte, les seigneurs du garage, les rois de l'électricité... Battus (momentanément du moins) les Ty Segall et autres Thee Oh Sees... Les Australiens de King Gizzard & The Lizard Wizard marchent sur le toit du rock, le piétinent même avec une fougue insolente. Après avoir sorti cinq albums (fort différents d'ailleurs) l'an dernier, les sept kangourous hirsutes on retourné le Club du Pukkelpop comme une gigantesque crêpe. The Lord of Lightning, Crumbling Castle, Rattlesnake... Pas de fioriture jazz (comme lors de leur dernière tournée en salle), d'accalmie ou de temps mort. Le Roi Gizzard et son Wizard lézard a joué pied au plancher et animé les dernières velléités. Grosse perf...The Black AngelsDepuis un moment plus vraiment passionnants, pertinents ni même intéressants sur disque, les Texans de Black Angels à qui l'on doit la mode des Psych Fest (ces festivals psychédéliques qui ont essaimé aux quatre coins de la planète) ont conservé sur scène une belle force de frappe. La musique est sans surprise mais le son est lourd, puissant et, avec les projections de circonstance, joue de ses effets hypnotisants. Ces anges-là ne sont pas encore complètement déchus...Kendrick LamarMoins de 20 minutes de retard (waw), un t-shirt Supersonic d'Oasis sur le dos (heu)... Kendrick Lamar est un garçon imprévisible. Méga tête d'affiche de cette édition 2018 (le samedi est pour la petite histoire avec ses 66000 personnes le seul jour qui a affiché complet), le poids lourd du hip hop, champion du Grammy et prix Pullitzer, a fait un carton public mais réservé un concert bien fade et égocentrique, samedi soir, juste avant le feu d'artifice final. Caméras qui ne lâchent pas d'une semelle la vedette (ah bon, il y a un groupe avec?), musicos relégués dans l'ombre à des endroits de la scène où on met généralement ses potes et sa famille... Entre deux vidéos de kung fu, Lamar a pimpiné et assuré le minimum syndical. Bitch don't kill my vibe? Tu t'en es très bien sorti tout seul Kendrick...