C'était en janvier dernier. A Bruxelles, Nick Cave pouvait encore remplir deux soir de suite Bozar sans masque ni distanciation sociale. Six mois plus tard, la situation est évidemment toute autre. Alors qu'il aurait dû revenir avec ses Bad Seeds au mois d'avril, le chanteur australien a dû faire une croix sur toute activité scénique. Du moins avec du public.

Ce soir, dès 21h, il proposera en effet un live en streaming, enregistré à Londres, à l'Alexandra Palace. Le live de près de nonante minutes clôt en quelque sorte la trilogie vidéo entamée avec 20 000 Days On Earth et One More Time With Feeling. Baptisé Idiot Prayer, il montre Nick Cave livrant une petite vingtaine de morceaux, seul au piano. C'est ce format qu'il a pu expérimenter lors de la tournée Conversation with, alternant questions-réponses avec son public et réinterprétation de quelques-uns de ses classiques désossés au piano, "en mettant l'accent sur les mots", dixit l'intéressé. "J'avais l'impression de redécouvrir mes chansons", au point d'imaginer donc les réenregistrer.

Finalement, l'exercice a donc été filmé (par le clippeur et directeur photo irlandais Robbie Ryan). Planté au milieu de l'immense parquet de l'Alexandra Palace, le chanteur est assis derrière son grand Fazioli noir, revisitant de nombreux classiques comme Into My Arms, The Mercy Seat, Jubilee Street, Nobody's Baby Now, etc. Pas de fioriture, c'est du Nick Cave dans sa forme la plus pure : à la fois vulnérable et incroyablement puissant dans sa manière presque chamanique de délivrer ses histoires. Toute en sobriété, la réalisation suit le même schéma, jouant surtout sur la lumière pour donner à chaque morceau une atmosphère spécifique - Ryan explique s'être notamment inspiré du traitement des couleurs dans l'Enfer de Clouzot.

En cela, Idiot Prayer n'a plus grand-chose à voir avec les lives bricolés qui se sont multipliés sur le Web depuis le début du confinement. A ce niveau-là d'élégance, l'accès au streaming a d'ailleurs un prix. Disponible sur www.nickcave.com, les billets coûtent pas moins de 18 euros. Un poil chérot, pour ce qui reste un solo piano à regarder derrière son écran d'ordinateur ? Ou le juste prix pour découvrir la nouvelle cascade émotionnelle de l'un des derniers grands performers rock ?...

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C'était en janvier dernier. A Bruxelles, Nick Cave pouvait encore remplir deux soir de suite Bozar sans masque ni distanciation sociale. Six mois plus tard, la situation est évidemment toute autre. Alors qu'il aurait dû revenir avec ses Bad Seeds au mois d'avril, le chanteur australien a dû faire une croix sur toute activité scénique. Du moins avec du public. Ce soir, dès 21h, il proposera en effet un live en streaming, enregistré à Londres, à l'Alexandra Palace. Le live de près de nonante minutes clôt en quelque sorte la trilogie vidéo entamée avec 20 000 Days On Earth et One More Time With Feeling. Baptisé Idiot Prayer, il montre Nick Cave livrant une petite vingtaine de morceaux, seul au piano. C'est ce format qu'il a pu expérimenter lors de la tournée Conversation with, alternant questions-réponses avec son public et réinterprétation de quelques-uns de ses classiques désossés au piano, "en mettant l'accent sur les mots", dixit l'intéressé. "J'avais l'impression de redécouvrir mes chansons", au point d'imaginer donc les réenregistrer. Finalement, l'exercice a donc été filmé (par le clippeur et directeur photo irlandais Robbie Ryan). Planté au milieu de l'immense parquet de l'Alexandra Palace, le chanteur est assis derrière son grand Fazioli noir, revisitant de nombreux classiques comme Into My Arms, The Mercy Seat, Jubilee Street, Nobody's Baby Now, etc. Pas de fioriture, c'est du Nick Cave dans sa forme la plus pure : à la fois vulnérable et incroyablement puissant dans sa manière presque chamanique de délivrer ses histoires. Toute en sobriété, la réalisation suit le même schéma, jouant surtout sur la lumière pour donner à chaque morceau une atmosphère spécifique - Ryan explique s'être notamment inspiré du traitement des couleurs dans l'Enfer de Clouzot. En cela, Idiot Prayer n'a plus grand-chose à voir avec les lives bricolés qui se sont multipliés sur le Web depuis le début du confinement. A ce niveau-là d'élégance, l'accès au streaming a d'ailleurs un prix. Disponible sur www.nickcave.com, les billets coûtent pas moins de 18 euros. Un poil chérot, pour ce qui reste un solo piano à regarder derrière son écran d'ordinateur ? Ou le juste prix pour découvrir la nouvelle cascade émotionnelle de l'un des derniers grands performers rock ?...