Si vous pensiez que la musique diffusée dans les stations de métro bruxellois provenait d'une playlist Spotify quelconque, vous vous trompez: derrière les airs enjoués du matin et la musique classique du soir se cachent des arguments psychologiques bien réfléchies.

Commençons par la nouvelle la plus décevante: la musique n'est pas choisie par un DJ fixe relégué dans une petite chambre obscure, mais par Ixidia, une grande entreprise également responsable de la musique diffusée dans les magasins et les restaurants. Sa porte-parole An Van Hamme explique que la STIB lui impose tout de même une série de consignes: "Pendant l'heure de pointe du matin, on tourne de la musique des années 70, 80 et 90 parce qu'à ce moment-là, ce sont surtout des navetteurs âgés de 30 à 45 ans qui prennent le métro. À partir de 16 heures, il y a beaucoup de jeunes et on mise sur les tubes. Aux heures creuses, on opte pour des styles plus alternatifs, comme le jazz par exemple. Après 21 heures, on ne diffuse plus que de la musique classique."

Ce dernier choix est motivé par une raison bien spécifique: "Les expériences effectuées à Londres et à Madrid nous apprennent que les groupes de jeunes restent moins traîner dans les stations de métro quand il y a de la musique classique. À Bruxelles aussi, il y avait souvent des groupes de jeunes qui se réunissaient dans les stations de métro, ce qui inspirait un sentiment d'insécurité aux voyageurs. Depuis que nous mettons de la musique classique, il y en a beaucoup moins."

Un problème communautaire

Si vous prenez régulièrement le métro, vous avez peut-être déjà constaté qu'on joue surtout de la musique en anglais, et très peu en français ou en néerlandais. Il y a quelques années, nos deux langues principales n'étaient même pas du tout représentées. En 2005, on s'est mis d'accord pour diffuser de la pop en plus de la musique instrumentale. 70% des titres devaient être en anglais, 15% en espagnol et 15% en italien.

En 2011, la STIB a tout de même décidé de tenter la musique francophone, mais la société de transports s'est heurtée à un problème communautaire: plusieurs clients néerlandophones se sont plaints et le parlement l'a également interrogée sur sa politique linguistique. Depuis, la STIB opte pour une répartition égale entre musique francophone, néerlandophone, italophone et hispanophone, mais avec une nette majorité de titres en anglais: "Nous jouons surtout sur la popularité, explique Van Hamme, car une grande partie de nos voyageurs sont internationaux. Nous n'appliquons pas de quotas en fonction des groupes de population."

Musique de Noël

Même le volume est soigneusement réglé: "Quand un métro arrive, le volume augmente automatiquement", raconte Van Hamme. On adapte aussi à la musique à certaines journées à thème. "Bientôt, nous allons passer beaucoup de musique de Noël, et autour de la Saint-Valentin, on choisit des titres romantiques."

La société tient également compte d'accidents graves: "Quand il y a un heurt de personne quelque part, on éteint tout à fait la musique. Après les événements de Maelbeek, nous n'y avons diffusé que de la musique sobre."

Le deal avec Madonna

Finalement, la musique présente également un aspect commercial: "Quand un artiste lance un nouveau disque, on conclut parfois un deal avec le label et pendant une journée, on ne joue que de la musique de cet artiste." Ainsi, la STIB a participé à la promotion de Kings of Leon, Lady Gaga, Madonna, etc.

Jusqu'au 16 décembre court aussi un projet spécial, dans le cadre du quarantième anniversaire du métro bruxellois. Le site Web wunderground.stib.be permet aux voyageurs de composer une playlist de 15 titres qui avec un peu de chance sera diffusée dans le métro de la capitale. Et grâce à la webradio, vous pouvez écouter la musique du métro toute la journée.

E.V.L.

Si vous pensiez que la musique diffusée dans les stations de métro bruxellois provenait d'une playlist Spotify quelconque, vous vous trompez: derrière les airs enjoués du matin et la musique classique du soir se cachent des arguments psychologiques bien réfléchies.Commençons par la nouvelle la plus décevante: la musique n'est pas choisie par un DJ fixe relégué dans une petite chambre obscure, mais par Ixidia, une grande entreprise également responsable de la musique diffusée dans les magasins et les restaurants. Sa porte-parole An Van Hamme explique que la STIB lui impose tout de même une série de consignes: "Pendant l'heure de pointe du matin, on tourne de la musique des années 70, 80 et 90 parce qu'à ce moment-là, ce sont surtout des navetteurs âgés de 30 à 45 ans qui prennent le métro. À partir de 16 heures, il y a beaucoup de jeunes et on mise sur les tubes. Aux heures creuses, on opte pour des styles plus alternatifs, comme le jazz par exemple. Après 21 heures, on ne diffuse plus que de la musique classique."Ce dernier choix est motivé par une raison bien spécifique: "Les expériences effectuées à Londres et à Madrid nous apprennent que les groupes de jeunes restent moins traîner dans les stations de métro quand il y a de la musique classique. À Bruxelles aussi, il y avait souvent des groupes de jeunes qui se réunissaient dans les stations de métro, ce qui inspirait un sentiment d'insécurité aux voyageurs. Depuis que nous mettons de la musique classique, il y en a beaucoup moins."Si vous prenez régulièrement le métro, vous avez peut-être déjà constaté qu'on joue surtout de la musique en anglais, et très peu en français ou en néerlandais. Il y a quelques années, nos deux langues principales n'étaient même pas du tout représentées. En 2005, on s'est mis d'accord pour diffuser de la pop en plus de la musique instrumentale. 70% des titres devaient être en anglais, 15% en espagnol et 15% en italien.En 2011, la STIB a tout de même décidé de tenter la musique francophone, mais la société de transports s'est heurtée à un problème communautaire: plusieurs clients néerlandophones se sont plaints et le parlement l'a également interrogée sur sa politique linguistique. Depuis, la STIB opte pour une répartition égale entre musique francophone, néerlandophone, italophone et hispanophone, mais avec une nette majorité de titres en anglais: "Nous jouons surtout sur la popularité, explique Van Hamme, car une grande partie de nos voyageurs sont internationaux. Nous n'appliquons pas de quotas en fonction des groupes de population."Même le volume est soigneusement réglé: "Quand un métro arrive, le volume augmente automatiquement", raconte Van Hamme. On adapte aussi à la musique à certaines journées à thème. "Bientôt, nous allons passer beaucoup de musique de Noël, et autour de la Saint-Valentin, on choisit des titres romantiques."La société tient également compte d'accidents graves: "Quand il y a un heurt de personne quelque part, on éteint tout à fait la musique. Après les événements de Maelbeek, nous n'y avons diffusé que de la musique sobre."Finalement, la musique présente également un aspect commercial: "Quand un artiste lance un nouveau disque, on conclut parfois un deal avec le label et pendant une journée, on ne joue que de la musique de cet artiste." Ainsi, la STIB a participé à la promotion de Kings of Leon, Lady Gaga, Madonna, etc.Jusqu'au 16 décembre court aussi un projet spécial, dans le cadre du quarantième anniversaire du métro bruxellois. Le site Web wunderground.stib.be permet aux voyageurs de composer une playlist de 15 titres qui avec un peu de chance sera diffusée dans le métro de la capitale. Et grâce à la webradio, vous pouvez écouter la musique du métro toute la journée.E.V.L.