Une belle soirée bruxelloise de fin août, Maurice Louca trône au centre du kiosque du parc Royal, entouré d'une demi-douzaine de musiciens. L'intro du concert est "oumkalthoumesque", prenant des langueurs orientales, des ondulations qui ne regardent pas la montre. À la guitare acoustique, Louca semble absorbé dans un Nil imaginaire où il serait question de violoncelle, de harpe, de claviers électroniques et de percussions. On est à la fois lové au coeur d'un Proche-Orient fantasmé et dans une BO de film mondialiste. La connexion entre Maurice Louca -né au Caire en 1982- et Bruxelles n'est pas tout à fait nouvelle. Début 2019, le label schaerbeekois Sub Rosa, inlassable chercheur de sonorités transversales, a publié l'album Elephantine. Une affaire pas loin d'être somptueuse exprimant des connivences avec l'Occident mais n'hésitant jamais à s'en éloigner: la musique de Louca est d'abord celle d'un explorateur, qui a grandi dans le multiculturalisme du Caire, mégalopole compressée de plus de 20 millions d'habitants.
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