L'an dernier, les Nuits Bota avaient plié mais pas rompu. Face au Covid, le festival avait été l'un des seuls à maintenir ses concerts, réussissant à passer entre les gouttes. Certes, au prix de quelques contorsions et d'une affiche forcément un poil rabotée. Du printemps, les Nuits Botanique avaient migré jusqu'à l'automne. Et la configuration assise était la règle. Malgré cela, profitant d'une "accalmie" entre deux vagues, les Nuits avaient constitué une oasis bienvenue dans le désert scénique de 2020.

Cette fois encore, le festival a dû déplacer ses réjouissances, se collant à la fin de l'été. Mais en passant par le Covid Safe Ticket, il se rapproche le plus possible des conditions "habituelles" (sans distanciation ni masque). Certes, l'affiche reste encore essentiellement belgo-française, avec pas mal d'habitués de la maison. Mais avec aussi toujours cette volonté inextinguible de proposer une programmation aussi éclectique (rock, électro, rap, etc.) que fouineuse. Sélection.

  • Les Nuits Botanique, du 08 au 26/09 au Botanique, Saint-Josse-ten-Noode. www.botanique.be

Pomme

Le 09/09 au Parc

Depuis la sortie deLes Faillesen 2019, Pomme a vu sa trajectoire décoller. Lancé un peu comme une bouteille à la mer, le disque lui vaudra la Victoire de la musique de l'album-révélation en 2020, et celle d'artiste féminine de l'année en 2021. Tranchant avec l'air du temps avec ses comptines chanson-folk délicates, tout en étant les deux pieds bien dans son époque et ses engagements, la jeune femme enchaîne aujourd'hui les scènes que le Covid l'avait forcée à annuler.

Girls in Hawaii

Les 11 et 12/09 au Parc

Quatre ans après la sortie deNocturne, les Girls In Hawaii ne semblent pas près de sortir un nouvel album. D'autant qu'entre-temps, Antoine Wielemans s'est offert une première escapade solo, en français dans le texte. Paru au printemps dernier, le joli singleSeldevrait être suivi d'un album. En attendant, le groupe a quand même tenu à remonter sur scène pour quelques dates, sans pression, avec le désir de revenir"à des choses simples au milieu de ces temps compliqués".

Yelle

Le 21/09 au Parc

En 2020, Yelle a sorti un quatrième album,L'Ère du verseau, et l'un des plus beaux morceaux de l'année,Je t'aime encore, chanson sur son amour contrarié avec son pays natal, la France. De quoi l'asseoir définitivement au sommet de la French pop indie, chaînon manquant entre Jacqueline Taïeb, Lio et SOPHIE. Le Covid est cependant passé par là, empêchant le disque de se déployer comme prévu. Soit. Les initiés savent déjà que la plus grosse bamboule pop de l'année aura lieu dans le parc du Bota, ce 21 septembre. Les autres, précipitez-vous!

Paradoxant + Unik Ubik + Mountain Bike

Le 15/09 à l'Orangerie

Quinze ans. Quinze ans déjà que le label bruxellois Humpty Dumpty créé par Christophe Hars promène sa tête d'oeuf, son oreille alerte et son exigeant bon goût dans les chemins de traverse de la musique belge (et française un peu aussi). Les garagistes pop de Mountain Bike récemment réapparus dans le peloton, le touche-à-tout échappé de BRNS Antoine Meersseman (Paradoxant) et les attaquants d'Unik Ubik avec un nouvel album dans la musette promettent une étape mouvementée...

Juicy Orchestra

Le 10/09 au Parc

Cela fait cinq ans que Julie Rens et Sasha Vovk proposent leurs électro-rapkinky, sans forcément oublier leurs années de conservatoire classique. Variant la formule du duo synthé-hop, elles se sont aussi produites en double grand piano acoustique et, au Bota, elles invitent quatorze cuivres et cordes à les accompagner dans un répertoire arrangé par Monsieur Rens, pater de Julie.

Prudence

Le 13/09 au Parc

L'épisode The Dø mis entre parenthèses, Olivia Merilahti renaît sous le nom de Prudence, héroïne pop qui n'a pas peur de tremper ses mélodies dans le miel synthétique. Si on n'a pas toujours été convaincu du résultat sur disque, on est curieux de voir comment la mutation prendra sur scène. Le même soir, les doux dingues de Catastrophe devraient enflammer le parc du Bota.

Elysian Fields + Dana Gavanski

Le 10/09 à l'Orangerie

Transience of Life,le dernier album d'Elysian Fields, met en musique des poèmes chinois du XVIIIe siècle écrits par Cao Xueqin pourRêve de la chambre rouge, un ouvrage monumental de plus de 3 000 pages. La voix vénéneuse de Jennifer Charles et les orchestrations raffinées d'Oren Bloedow croiseront à Bruxelles les talents de la prometteuse Serbo- Canadienne Dana Gavanski.

Vox Low + Le Villejuif Underground + Bryan's Magic Tears

Le 13/09 à l'Orangerie

Fondé en 2006 par Jean-Baptiste Guillot, Born Bad Records s'est depuis quelques années maintenant érigé comme le plus incontournable des labels français. Vitrine d'un rock bleu blanc rouge bien meilleur que le vin anglais (Frustration, JC Satan, Cannibale...), championne de l'excavation (Francis Bebey, Pierre Vassiliu) et de la collaboration (les Dakhla Sahara Sessions de Group Doueh et Cheveu), la maison de disques parisienne résolument indépendante et plutôt radicale a envoyé du beau monde pour souffler en Belgique ses quinze bougies. Avec le post punk de Vox Low, les guitares nineties de Bryan's Magic Tears (dommage qu'on n'ait pas en prime le projet de son batteur Paul Ramon: Pleasure Principle) et le rock génialement dégingandé du Villejuif Underground, Born Bad s'offre un joyeux anniversaire et promet de belles retrouvailles sous les coupoles du Botanique. Natural born killers...

Lala &ce

Le 23/09 au Parc

Sur la scène rap française, Mélanie Crenshaw, aka Lala &ce, est un véritable ovni. Mâchonnant une musique à la fois dansante et brumeuse, elle a réussi à trouver son propre ton, inventer son propre format, ouaté et futuriste. En l'occurrence, elle ne sera pas la seule franc- tireuse (?) du jour, puisque le Bota a également invité Bonnie Banane, héroïne r'n'b décalée, et Joanna, autrice deSérotonine, premier album de pop sombre, disséquant l'amour au temps du digital.

Françoiz Breut

Le 22/09 au Parc

C'est la soirée Thalys du festival, avec une affiche constituée entièrement de musiciens français aux accroches bruxelloises bien solides: Charlène Darling (son premier album intituléSaint-Guidon); Frànçois & The Atlas Mountains, qui vient présenterBanane Bleue, petit bijou de pop rêveuse; et bien sûr Françoiz Breut, "naturalisée" Bruxelloise, installée depuis plus de 20 ans dans la capitale, et qui, avecFlux fou de la foule,a sorti l'un de ses meilleurs albums, grave et ludique à la fois.

L'an dernier, les Nuits Bota avaient plié mais pas rompu. Face au Covid, le festival avait été l'un des seuls à maintenir ses concerts, réussissant à passer entre les gouttes. Certes, au prix de quelques contorsions et d'une affiche forcément un poil rabotée. Du printemps, les Nuits Botanique avaient migré jusqu'à l'automne. Et la configuration assise était la règle. Malgré cela, profitant d'une "accalmie" entre deux vagues, les Nuits avaient constitué une oasis bienvenue dans le désert scénique de 2020. Cette fois encore, le festival a dû déplacer ses réjouissances, se collant à la fin de l'été. Mais en passant par le Covid Safe Ticket, il se rapproche le plus possible des conditions "habituelles" (sans distanciation ni masque). Certes, l'affiche reste encore essentiellement belgo-française, avec pas mal d'habitués de la maison. Mais avec aussi toujours cette volonté inextinguible de proposer une programmation aussi éclectique (rock, électro, rap, etc.) que fouineuse. Sélection. Depuis la sortie deLes Faillesen 2019, Pomme a vu sa trajectoire décoller. Lancé un peu comme une bouteille à la mer, le disque lui vaudra la Victoire de la musique de l'album-révélation en 2020, et celle d'artiste féminine de l'année en 2021. Tranchant avec l'air du temps avec ses comptines chanson-folk délicates, tout en étant les deux pieds bien dans son époque et ses engagements, la jeune femme enchaîne aujourd'hui les scènes que le Covid l'avait forcée à annuler.Quatre ans après la sortie deNocturne, les Girls In Hawaii ne semblent pas près de sortir un nouvel album. D'autant qu'entre-temps, Antoine Wielemans s'est offert une première escapade solo, en français dans le texte. Paru au printemps dernier, le joli singleSeldevrait être suivi d'un album. En attendant, le groupe a quand même tenu à remonter sur scène pour quelques dates, sans pression, avec le désir de revenir"à des choses simples au milieu de ces temps compliqués". En 2020, Yelle a sorti un quatrième album,L'Ère du verseau, et l'un des plus beaux morceaux de l'année,Je t'aime encore, chanson sur son amour contrarié avec son pays natal, la France. De quoi l'asseoir définitivement au sommet de la French pop indie, chaînon manquant entre Jacqueline Taïeb, Lio et SOPHIE. Le Covid est cependant passé par là, empêchant le disque de se déployer comme prévu. Soit. Les initiés savent déjà que la plus grosse bamboule pop de l'année aura lieu dans le parc du Bota, ce 21 septembre. Les autres, précipitez-vous!Quinze ans. Quinze ans déjà que le label bruxellois Humpty Dumpty créé par Christophe Hars promène sa tête d'oeuf, son oreille alerte et son exigeant bon goût dans les chemins de traverse de la musique belge (et française un peu aussi). Les garagistes pop de Mountain Bike récemment réapparus dans le peloton, le touche-à-tout échappé de BRNS Antoine Meersseman (Paradoxant) et les attaquants d'Unik Ubik avec un nouvel album dans la musette promettent une étape mouvementée... Cela fait cinq ans que Julie Rens et Sasha Vovk proposent leurs électro-rapkinky, sans forcément oublier leurs années de conservatoire classique. Variant la formule du duo synthé-hop, elles se sont aussi produites en double grand piano acoustique et, au Bota, elles invitent quatorze cuivres et cordes à les accompagner dans un répertoire arrangé par Monsieur Rens, pater de Julie.L'épisode The Dø mis entre parenthèses, Olivia Merilahti renaît sous le nom de Prudence, héroïne pop qui n'a pas peur de tremper ses mélodies dans le miel synthétique. Si on n'a pas toujours été convaincu du résultat sur disque, on est curieux de voir comment la mutation prendra sur scène. Le même soir, les doux dingues de Catastrophe devraient enflammer le parc du Bota. Transience of Life,le dernier album d'Elysian Fields, met en musique des poèmes chinois du XVIIIe siècle écrits par Cao Xueqin pourRêve de la chambre rouge, un ouvrage monumental de plus de 3 000 pages. La voix vénéneuse de Jennifer Charles et les orchestrations raffinées d'Oren Bloedow croiseront à Bruxelles les talents de la prometteuse Serbo- Canadienne Dana Gavanski. Fondé en 2006 par Jean-Baptiste Guillot, Born Bad Records s'est depuis quelques années maintenant érigé comme le plus incontournable des labels français. Vitrine d'un rock bleu blanc rouge bien meilleur que le vin anglais (Frustration, JC Satan, Cannibale...), championne de l'excavation (Francis Bebey, Pierre Vassiliu) et de la collaboration (les Dakhla Sahara Sessions de Group Doueh et Cheveu), la maison de disques parisienne résolument indépendante et plutôt radicale a envoyé du beau monde pour souffler en Belgique ses quinze bougies. Avec le post punk de Vox Low, les guitares nineties de Bryan's Magic Tears (dommage qu'on n'ait pas en prime le projet de son batteur Paul Ramon: Pleasure Principle) et le rock génialement dégingandé du Villejuif Underground, Born Bad s'offre un joyeux anniversaire et promet de belles retrouvailles sous les coupoles du Botanique. Natural born killers... Sur la scène rap française, Mélanie Crenshaw, aka Lala &ce, est un véritable ovni. Mâchonnant une musique à la fois dansante et brumeuse, elle a réussi à trouver son propre ton, inventer son propre format, ouaté et futuriste. En l'occurrence, elle ne sera pas la seule franc- tireuse (?) du jour, puisque le Bota a également invité Bonnie Banane, héroïne r'n'b décalée, et Joanna, autrice deSérotonine, premier album de pop sombre, disséquant l'amour au temps du digital.C'est la soirée Thalys du festival, avec une affiche constituée entièrement de musiciens français aux accroches bruxelloises bien solides: Charlène Darling (son premier album intituléSaint-Guidon); Frànçois & The Atlas Mountains, qui vient présenterBanane Bleue, petit bijou de pop rêveuse; et bien sûr Françoiz Breut, "naturalisée" Bruxelloise, installée depuis plus de 20 ans dans la capitale, et qui, avecFlux fou de la foule,a sorti l'un de ses meilleurs albums, grave et ludique à la fois.