Un coup d'oeil dans le Larousse? "Limonade: boisson gazeuse à base de sucre, d'acides, d'essence de citron, de gaz carbonique et sans colorant." Juste titre donc que celui affiché par le sixième album de Beyoncé, un disque énorme sorti au seuil de son Formation Tour.

Du piquant? De l'amertume? Lemonade est aussi un album dans lequel elle accuse Jay Z d'infidélité. Du moins, c'est ce que laissent entendre quelques-uns de ses textes bien personnels. "They don't love you like I love you", assure-t-elle sur ce Hold up aux accents reggae. "Today, I regret the night I put that ring on", rappe-t-elle sur Sorry. Sur Freedom, elle chante tout simplement qu'elle en a besoin aussi, de liberté! Vous avez dit féminisme?

Et ainsi de suite, parfois même en des termes moins chiadés. Mais comme Jay Z a été mêlé à la réalisation de cette galette, on se dit que ça ne va pas trop mal tout de même au sein du "power couple". D'ailleurs, lors du premier concert de ce Formation Tour, à Miami, Madame a dédicacé un titre à Monsieur (Halo), de l'amour plein les yeux. On ne nous fera pas croire que ces deux-là ne maîtrisent pas leur com! Et puis quoi qu'il en soit, c'est bon pour le business, un domaine où, là aussi, ils savent y faire.

Mais fin de l'intermède pipole... Car le disque en soi mérite un discours. De par les genres abordés, la mise en images des titres, ses featurings (Kendrick Lamar, The Weeknd, James Blake) et les collaborateurs sollicités un peu partout (Diplo, Ezra Koenig de Vampire Weekend, Father John Misty...). Certains crédits sont parfois indirects et carrément étonnants: Freedom comporte ainsi des samples de "field recordings" réalisés par l'ethnomusicologue Alan Lomax dans les années 40 et 50.

L'album de 2014 était déjà de taille, celui-ci est encore plus poussé. Et à propos de genres, Beyoncé sort d'ailleurs à l'une ou l'autre reprise de sa zone de confort. Ça aussi, cela s'appelle régner! Et pour le coup, c'est assez réussi. Passons rapidement sur le country juste rigolo de Daddy Lessons pour nous arrêter sur Don't Hurt Yourself, sorte de blues-rock-psyché urbain commis avec Jack White. Et sur lequel, pour faire bonne mesure, a été samplée la frappe de John Bonham, défunt batteur de Led Zeppelin, sur le classique When the Levee Breaks. Certes, Dr Dre l'avait déjà fait, ce plan-là (sur Lyrical Gangbang), mais quand elle vous assène, de cette voix pleine de colère à peine rentrée, des choses comme "You ain't loving hard enough" et "You don't love me deep enough", il ne reste plus qu'à s'exécuter. Ou prendre ses jambes à son cou! Les godmothers Tina et Aretha n'ont pas enfanté que des wannabe tigresses, gaffe aux coups de griffes!

Dernières précisions: accessible d'abord en exclu sur Tidal, Lemonade est désormais disponible sur iTunes et a fait l'objet d'une sortie physique ce 6 mai (CD et DVD). Quant à la tournée, elle fait escale le 31 juillet au stade Roi Baudouin.

DISTRIBUÉ PAR COLUMBIA/SONY.

Un coup d'oeil dans le Larousse? "Limonade: boisson gazeuse à base de sucre, d'acides, d'essence de citron, de gaz carbonique et sans colorant." Juste titre donc que celui affiché par le sixième album de Beyoncé, un disque énorme sorti au seuil de son Formation Tour. Du piquant? De l'amertume? Lemonade est aussi un album dans lequel elle accuse Jay Z d'infidélité. Du moins, c'est ce que laissent entendre quelques-uns de ses textes bien personnels. "They don't love you like I love you", assure-t-elle sur ce Hold up aux accents reggae. "Today, I regret the night I put that ring on", rappe-t-elle sur Sorry. Sur Freedom, elle chante tout simplement qu'elle en a besoin aussi, de liberté! Vous avez dit féminisme? Et ainsi de suite, parfois même en des termes moins chiadés. Mais comme Jay Z a été mêlé à la réalisation de cette galette, on se dit que ça ne va pas trop mal tout de même au sein du "power couple". D'ailleurs, lors du premier concert de ce Formation Tour, à Miami, Madame a dédicacé un titre à Monsieur (Halo), de l'amour plein les yeux. On ne nous fera pas croire que ces deux-là ne maîtrisent pas leur com! Et puis quoi qu'il en soit, c'est bon pour le business, un domaine où, là aussi, ils savent y faire. Mais fin de l'intermède pipole... Car le disque en soi mérite un discours. De par les genres abordés, la mise en images des titres, ses featurings (Kendrick Lamar, The Weeknd, James Blake) et les collaborateurs sollicités un peu partout (Diplo, Ezra Koenig de Vampire Weekend, Father John Misty...). Certains crédits sont parfois indirects et carrément étonnants: Freedom comporte ainsi des samples de "field recordings" réalisés par l'ethnomusicologue Alan Lomax dans les années 40 et 50. L'album de 2014 était déjà de taille, celui-ci est encore plus poussé. Et à propos de genres, Beyoncé sort d'ailleurs à l'une ou l'autre reprise de sa zone de confort. Ça aussi, cela s'appelle régner! Et pour le coup, c'est assez réussi. Passons rapidement sur le country juste rigolo de Daddy Lessons pour nous arrêter sur Don't Hurt Yourself, sorte de blues-rock-psyché urbain commis avec Jack White. Et sur lequel, pour faire bonne mesure, a été samplée la frappe de John Bonham, défunt batteur de Led Zeppelin, sur le classique When the Levee Breaks. Certes, Dr Dre l'avait déjà fait, ce plan-là (sur Lyrical Gangbang), mais quand elle vous assène, de cette voix pleine de colère à peine rentrée, des choses comme "You ain't loving hard enough" et "You don't love me deep enough", il ne reste plus qu'à s'exécuter. Ou prendre ses jambes à son cou! Les godmothers Tina et Aretha n'ont pas enfanté que des wannabe tigresses, gaffe aux coups de griffes! Dernières précisions: accessible d'abord en exclu sur Tidal, Lemonade est désormais disponible sur iTunes et a fait l'objet d'une sortie physique ce 6 mai (CD et DVD). Quant à la tournée, elle fait escale le 31 juillet au stade Roi Baudouin.