Dès ce vendredi 20 septembre, le Mirano entame en effet un nouveau chapitre d'une histoire particulièrement riche. Pour rappel, celle-ci démarre au début des années 80 quand l'ancien cinéma est transformé en boîte de nuit. Inspiré par le Studio 54 new-yorkais, il deviendra rapidement l'un des musts branchés de la capitale. À l'époque, il est un peu l'équivalent du Palace parisien, où débarquent toutes les stars de passage, de Belmondo à Grace Jones. La magie se prolongera encore jusque dans les années 2000, notamment avec les soirées baptisées Dirty Dancing, avant que le club ne perde petit à petit de sa superbe. Quand il est racheté en juin 2017, son nouveau propriétaire, Jérôme Blanchart -patron du groupe Art Blanc, également derrière le Spirito (porte de Namur)-, promet de redonner à l'endroit son lustre d'antan. Des travaux de rénovation sont annoncés. "On ne s'attendait toutefois pas à ce que ça prenne autant de temps...", glisse Behrad Hatefi, nouveau directeur du lieu. La raison? "On a voulu être ambitieux et retrouver notamment le cachet de l'ancien cinéma."

Cette volonté affichée ne tombera pas dans l'oreille d'un sourd... Les Monuments et sites suivront en effet de près les travaux, concernant un bâtiment inscrit sur la liste de sauvegarde du patrimoine bruxellois. "On a travaillé avec beaucoup de matériaux d'époque. Y compris par exemple pour le néon de la façade, pour lequel on a dû aller chercher l'un des seuls artisans bossant encore sur ce genre de tubes." À l'intérieur, les moulures ont été restaurées, tandis que sur les murs, le plâtre a été remplacé par des lambris de bois. La fameuse piste tournante est également réactivée, pourvue d'un nouveau mécanisme qui "donnera la possibilité d'avoir trois vitesses dans les deux sens". "On a aussi été attentifs à ce que le lieu soit confortable pour le client, mais aussi pour ceux qui y travaillent. C'était important de soigner les "coulisses" -en installant par exemple un monte-charge, des couloirs de service, etc."

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Reste à voir comment redonner vie à l'endroit. A fortiori à une époque où le clubbing est en pleine mutation. "C'est clair. En outre, on est dans une position où l'on doit se refaire un nom et une crédibilité. Ce qui nous oblige presque à innover et être directement performants." Doté de deux directeurs artistiques -Nicolas Logelain et Yves Ruth-, le Mirano déclinera une soirée plutôt électro le vendredi (Moskow Diskow), et davantage urbaine/hip-hop (More+) le samedi. "Mais quand on brainstormait avec Jérôme Blanchart, il semblait évident que l'on ne pouvait s'arrêter à ça. À côté du club, le Mirano accueillera d'autres projets culturels." Des contacts ont été déjà noués avec par exemple le Kanal-Centre Pompidou ou le musée ADAM du design. Avec derrière la tête, l'idée d'organiser au Mirano des expositions, mais aussi des concerts, du théâtre, de la danse, des défilés de mode, etc.

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