De Television Personalities, groupe formé par Daniel Treacy à Londres en 1977, les initiés vous diront qu'il constitue l'un des secrets les mieux gardés de la pop anglaise. Un secret que s'emploie aujourd'hui à déflorer Benjamin Berton dans Dreamworld, un ouvrage alliant le soin maniaque du biographe à l'élan de romancier pour reconstituer la vie tumultueuse de Treacy. Un auteur prolifique et inspiré à qui le succès se refusera obstinément. En attendant, c'est du "groupe punk ultime" que leur donne Joe Strummer, leader de Clash. Eux se voient plutôt en Part-Time Punks, du titre d'un de leurs premiers singles, ajoutant à la fièvre de l'instant une fascination pour les sixties, la culture mod, The Kinks mais aussi The Velvet Underground. Ce qui, combiné à la sensibilité excentrique de Treacy, allait engendrer une volée de pépites disséminées sur des disques bricolés en mode DIY - ...And Don't the Kids Just Love It, en 1981, tient ainsi de la bande-son parallèle d'une époque avec les inestimables Jackanory Stories, This Angry Silence, Look Back in Anger ou autre Parties in Chelsea. Mais si la grâce des TV P's n'était pas sans évoquer celle des Smiths, l'artiste se consumera à l'épreuve du monde réel. Et cette biographie, restituant admirablement l'atmosphère d'alors, est autant le portrait d'un individu toujours sur le point de vaciller que l'histoire, peu avare en anecdotes, d'un groupe passé maître dans l'art de se tirer une balle dans le pied. Losers, certes, mais magnifiques.

De Benjamin Berton, éditions Le Boulon, 304 pages. ****

A lire gratuitement jusqu'au 10 mai via le site https://leboulon.net/co-rock-vid19/

De Television Personalities, groupe formé par Daniel Treacy à Londres en 1977, les initiés vous diront qu'il constitue l'un des secrets les mieux gardés de la pop anglaise. Un secret que s'emploie aujourd'hui à déflorer Benjamin Berton dans Dreamworld, un ouvrage alliant le soin maniaque du biographe à l'élan de romancier pour reconstituer la vie tumultueuse de Treacy. Un auteur prolifique et inspiré à qui le succès se refusera obstinément. En attendant, c'est du "groupe punk ultime" que leur donne Joe Strummer, leader de Clash. Eux se voient plutôt en Part-Time Punks, du titre d'un de leurs premiers singles, ajoutant à la fièvre de l'instant une fascination pour les sixties, la culture mod, The Kinks mais aussi The Velvet Underground. Ce qui, combiné à la sensibilité excentrique de Treacy, allait engendrer une volée de pépites disséminées sur des disques bricolés en mode DIY - ...And Don't the Kids Just Love It, en 1981, tient ainsi de la bande-son parallèle d'une époque avec les inestimables Jackanory Stories, This Angry Silence, Look Back in Anger ou autre Parties in Chelsea. Mais si la grâce des TV P's n'était pas sans évoquer celle des Smiths, l'artiste se consumera à l'épreuve du monde réel. Et cette biographie, restituant admirablement l'atmosphère d'alors, est autant le portrait d'un individu toujours sur le point de vaciller que l'histoire, peu avare en anecdotes, d'un groupe passé maître dans l'art de se tirer une balle dans le pied. Losers, certes, mais magnifiques.