Prenons un exemple (presque) au hasard. Le clip de La Sauce, de Hamza, sorti sur l'album H-24. Posté en février 2016, il a récolté plus de six millions de vues sur YouTube. Le jeune rappeur (23 ans) originaire de Laeken y arrive en voiture de sport blanche devant une villa avec piscine. Des filles en sous- vêtements, communément appelées hip-hop honey ou vixen (1), se trémoussent autour de lui sur le lit puis préparent un spaghetti. Côté paroles, ça donne: "Je traite ces petites putes et elles aiment ça. Elles aiment ça oui parce qu'elles sont comme ça. Elles travaillent à poil mon frère. Satisfaction elles sont fortes dans l'action." Le hip-hop belge a la cote, mais au niveau de l'esthétique et des thèmes, le gros des troupes ne fait pas dans l'originalité. Volontiers vulgaire et misogyne, il puise sans vergogne dans une imagerie qui a prouvé son succès il y a longtemps déjà, dès les origines du genre, aux États-Unis. Pour la comprendre, il faut remonter jusque dans les années 1960, à Chicago, mais peut-être encore plus loin, dans les champs de coton du Sud, au XVIIIe siècle.
...