Qu'ai-je aimé de cette année, culturellement parlant? Pas grand-chose. Certes, au moment du bilan final, des tops, ce n'est pas la première fois que je cale. Depuis que les films noirs néo-réalistes et la SF conceptuelle à budget moyen de 20 millions de dollars ont disparu des écrans, depuis qu'Angèle et Idles passent pour des artistes majeurs, j'ai un peu de mal à trouver chaussure à mon pied. Je suis même carrément obligé de creuser profond ou de passer mon tour. La pandémie et les restrictions n'ont rien arrangé. C'est d'ailleurs bien simple: je n'ai pas été DU TOUT au cinéma en 2021. Ni au concert. Je n'ai pas lu une seule bédé "made in 2021" et deux romans seulement: Will de Will Self (dont la VO date à vrai dire de 2019) et Klara et le Soleil de Kazuo Ishigiro. Pas vraiment ce que ces auteurs, de temps à autre géniaux ou pas loin de l'être, ont fait de mieux. Des albums de musique, ça, j'en ai écouté, par contre, oui. Beaucoup. De tous styles. Mais pas vraiment sortis cette année. Disons que de la fournée 2021, j'ai bien aimé le If Words Were Flowers de Curtis Harding, même si je préfère de loin son Face Your Fear de 2017. Le Sit 'n Spin d'Ariel Pink et le Headsoup de Goat, qui sont des compilations. Le Ookii Gekkou de Vanishing Twin. Le Dokkaebi de Ben Bertrand. Le Scurio Charrio d'Alessandro Cortini. Le Medieval Femme de Fatima Al Qadiri. Le Henki de Richard Dawson & Circle. Chantons également les louanges d'Adrian Crowley, type totalement inconnu qui aligne les chefs d'oeuvres badseedsiens/lourreediens depuis 20 ans et dont le petit dernier, The Watchful Eye of The Stars, reste assez magistral. Pour le reste, pas mal de consternations et d'effets bien laxatifs, tout particulièrement à l'écoute du Floating Points, du Low et du Carnage de Nick Cave & Warren Ellis. Surtout du Floating Points, d'ailleurs, cette musique de publicités pour parfums arrogants des années 80. Ou de films où Kim Basinger se promène à moitié nue au ralenti dans une rue éclairée de néons bleus et dont la bouche d'égout refoule du fumigène.

Je n'ai pas mis un pied au cinoche mais j'ai quand même réussi à voir 4 films "sortis" cette année: Les Rois de l'Arnaque, In The Earth, Bac Nord et The Many Saints of Newark. Du gentillet, rien d'inoubliable. J'ai fort envie d'en voir 3 de plus (mais sans masque): The Power of the Dog, The Green Knight et Matrix 4 (baaah ouais, allez!). Et puis, ça sera tout. Pas vraiment une riche année non plus, donc, de ce côté. Des séries? Squid Game, fort défendable, et la seconde saison de Love + Death + Robots, que j'aurais carrément oublié avoir vue si je n'avais noté ça quelque part. Cela dit, était-ce dans la première ou la seconde livraison, le coup du géant mort sur la plage grignoté par les mouettes? Sur Internet, pas vraiment de nouveaux gros kifs non plus. Aquarium Drunkard reste mon site musical préféré. Le compte Twitter du graphiste Richard Wells celui qui me donne le plus d'idées de films à voir (et à revoir). Je n'ai sinon plus beaucoup écouté Joe Rogan depuis qu'il est sur Spotify et radote pas mal sur le Covid. Sur YouTube, j'ai par contre souvent checké les apparitions de Bill Burr à la télévision américaine et j'ai à chaque coup ri haut, fort et de bon coeur. Big ups également à Andrew Doyle, pour sa pugnacité au moment de répondre à ses nombreux trolls mais surtout sa grande intelligence et son érudition dès qu'il s'agit d'aborder les polémiques "intersectionnelles" dans son podcast Free Speech Nation; pour ainsi dire la seule émission valable de GB News, cette chaîne de télé gérée à la 6-4-2 par des apparatchiks de la droite anglaise.

Grâce à Internet, j'ai sinon découvert cette année le groupe rétro-métal Green Lung dont l'album de 2019, Woodland Rites, me rend complètement timbré. Syrinx aussi, étrange groupe canadien de 1970 on va dire pré-post rock, à sa façon ancêtre de Tortoise. Halasan Bazar, le Lee Hazlewood danois, déjà cité dans la chronique de la semaine dernière. Bastien Keb, compositeur de bandes originales de films qui n'existent pas. L'immense Don Cherry et son jazz world psyché trompeto-bouddhiste. De la house-music turque, des kilomètres de house-music turque. Toujours grâce à Internet, j'ai aussi su que John Lurie et Barry Adamson, zigomars que j'apprécie beaucoup, avaient chacun sorti cette année leur autobiographie, évidemment pas encore traduite et malheureusement fort chère à faire venir par la poste sous nos latitudes. Déconnecté, je n'aurais jamais connu Le Orme, vieux giallo italien culte et étrange tenant à la fois du navet complètement décousu et de la lyncherie triste à pleurer (mais la bande originale est sublime, ça, c'est indiscutable!). Sans les conseils littéraires de la newsletter de quelqu'un jadis vaguement impliqué dans la Ligue du LOL, je n'aurais pas non plus ressenti l'envie de relire Le Grand Maulnes, pénible souvenir scolaire mais roman bien évidemment génial aux yeux adultes. Et sans Internet, j'aurais continué d'ignorer l'existence du cycle La Montagne Morte de la Vie de Michel Bernanos, pulp fiction française des années 60 quelque peu foireuse mais hautement influente, notamment sur le travail plus récent et bien mieux maîtrisé de l'écrivain de science-fiction écologiste Jeff Vandermeer. Niveau gaudrioles on-line, disons encore que Le Troll d'Or 2021 va assurément à Elon Musk, vainqueur par KO de toute concurrence. Et puis, c'est tout, sans quoi on donnerait bien trop d'importance à pas mal de polémiques imbéciles n'ayant duré que quelques jours sur Twitter et dont personne ou presque n'a entendu parler en dehors. D'ailleurs, il n'y a quasi aucune femme dans cette rétrospective. De quoi poser un très gros souci sur les réseaux sociaux. Et strictement aucun dans la vie loin des écrans. Ma meilleure leçon de l'année, ça, tiens! La vie est ailleurs! Nouméro ouane!

Qu'ai-je aimé de cette année, culturellement parlant? Pas grand-chose. Certes, au moment du bilan final, des tops, ce n'est pas la première fois que je cale. Depuis que les films noirs néo-réalistes et la SF conceptuelle à budget moyen de 20 millions de dollars ont disparu des écrans, depuis qu'Angèle et Idles passent pour des artistes majeurs, j'ai un peu de mal à trouver chaussure à mon pied. Je suis même carrément obligé de creuser profond ou de passer mon tour. La pandémie et les restrictions n'ont rien arrangé. C'est d'ailleurs bien simple: je n'ai pas été DU TOUT au cinéma en 2021. Ni au concert. Je n'ai pas lu une seule bédé "made in 2021" et deux romans seulement: Will de Will Self (dont la VO date à vrai dire de 2019) et Klara et le Soleil de Kazuo Ishigiro. Pas vraiment ce que ces auteurs, de temps à autre géniaux ou pas loin de l'être, ont fait de mieux. Des albums de musique, ça, j'en ai écouté, par contre, oui. Beaucoup. De tous styles. Mais pas vraiment sortis cette année. Disons que de la fournée 2021, j'ai bien aimé le If Words Were Flowers de Curtis Harding, même si je préfère de loin son Face Your Fear de 2017. Le Sit 'n Spin d'Ariel Pink et le Headsoup de Goat, qui sont des compilations. Le Ookii Gekkou de Vanishing Twin. Le Dokkaebi de Ben Bertrand. Le Scurio Charrio d'Alessandro Cortini. Le Medieval Femme de Fatima Al Qadiri. Le Henki de Richard Dawson & Circle. Chantons également les louanges d'Adrian Crowley, type totalement inconnu qui aligne les chefs d'oeuvres badseedsiens/lourreediens depuis 20 ans et dont le petit dernier, The Watchful Eye of The Stars, reste assez magistral. Pour le reste, pas mal de consternations et d'effets bien laxatifs, tout particulièrement à l'écoute du Floating Points, du Low et du Carnage de Nick Cave & Warren Ellis. Surtout du Floating Points, d'ailleurs, cette musique de publicités pour parfums arrogants des années 80. Ou de films où Kim Basinger se promène à moitié nue au ralenti dans une rue éclairée de néons bleus et dont la bouche d'égout refoule du fumigène. Je n'ai pas mis un pied au cinoche mais j'ai quand même réussi à voir 4 films "sortis" cette année: Les Rois de l'Arnaque, In The Earth, Bac Nord et The Many Saints of Newark. Du gentillet, rien d'inoubliable. J'ai fort envie d'en voir 3 de plus (mais sans masque): The Power of the Dog, The Green Knight et Matrix 4 (baaah ouais, allez!). Et puis, ça sera tout. Pas vraiment une riche année non plus, donc, de ce côté. Des séries? Squid Game, fort défendable, et la seconde saison de Love + Death + Robots, que j'aurais carrément oublié avoir vue si je n'avais noté ça quelque part. Cela dit, était-ce dans la première ou la seconde livraison, le coup du géant mort sur la plage grignoté par les mouettes? Sur Internet, pas vraiment de nouveaux gros kifs non plus. Aquarium Drunkard reste mon site musical préféré. Le compte Twitter du graphiste Richard Wells celui qui me donne le plus d'idées de films à voir (et à revoir). Je n'ai sinon plus beaucoup écouté Joe Rogan depuis qu'il est sur Spotify et radote pas mal sur le Covid. Sur YouTube, j'ai par contre souvent checké les apparitions de Bill Burr à la télévision américaine et j'ai à chaque coup ri haut, fort et de bon coeur. Big ups également à Andrew Doyle, pour sa pugnacité au moment de répondre à ses nombreux trolls mais surtout sa grande intelligence et son érudition dès qu'il s'agit d'aborder les polémiques "intersectionnelles" dans son podcast Free Speech Nation; pour ainsi dire la seule émission valable de GB News, cette chaîne de télé gérée à la 6-4-2 par des apparatchiks de la droite anglaise. Grâce à Internet, j'ai sinon découvert cette année le groupe rétro-métal Green Lung dont l'album de 2019, Woodland Rites, me rend complètement timbré. Syrinx aussi, étrange groupe canadien de 1970 on va dire pré-post rock, à sa façon ancêtre de Tortoise. Halasan Bazar, le Lee Hazlewood danois, déjà cité dans la chronique de la semaine dernière. Bastien Keb, compositeur de bandes originales de films qui n'existent pas. L'immense Don Cherry et son jazz world psyché trompeto-bouddhiste. De la house-music turque, des kilomètres de house-music turque. Toujours grâce à Internet, j'ai aussi su que John Lurie et Barry Adamson, zigomars que j'apprécie beaucoup, avaient chacun sorti cette année leur autobiographie, évidemment pas encore traduite et malheureusement fort chère à faire venir par la poste sous nos latitudes. Déconnecté, je n'aurais jamais connu Le Orme, vieux giallo italien culte et étrange tenant à la fois du navet complètement décousu et de la lyncherie triste à pleurer (mais la bande originale est sublime, ça, c'est indiscutable!). Sans les conseils littéraires de la newsletter de quelqu'un jadis vaguement impliqué dans la Ligue du LOL, je n'aurais pas non plus ressenti l'envie de relire Le Grand Maulnes, pénible souvenir scolaire mais roman bien évidemment génial aux yeux adultes. Et sans Internet, j'aurais continué d'ignorer l'existence du cycle La Montagne Morte de la Vie de Michel Bernanos, pulp fiction française des années 60 quelque peu foireuse mais hautement influente, notamment sur le travail plus récent et bien mieux maîtrisé de l'écrivain de science-fiction écologiste Jeff Vandermeer. Niveau gaudrioles on-line, disons encore que Le Troll d'Or 2021 va assurément à Elon Musk, vainqueur par KO de toute concurrence. Et puis, c'est tout, sans quoi on donnerait bien trop d'importance à pas mal de polémiques imbéciles n'ayant duré que quelques jours sur Twitter et dont personne ou presque n'a entendu parler en dehors. D'ailleurs, il n'y a quasi aucune femme dans cette rétrospective. De quoi poser un très gros souci sur les réseaux sociaux. Et strictement aucun dans la vie loin des écrans. Ma meilleure leçon de l'année, ça, tiens! La vie est ailleurs! Nouméro ouane!