En se jetant à l'eau au printemps dernier, le festival Fire Is Gold ne pouvait rêver meilleur timing. Lancer un premier véritable festival hip-hop belge au moment où la scène rap locale décollait elle-même: le momentum était parfait. Le 23 juin prochain, le Fire Is Gold remettra donc le couvert, toujours installé à Vilvorde, juste de l'autre côté du ring de Bruxelles. Après les têtes de gondole de l'an dernier (Damso, Hamza, Roméo Elvis), l'affiche maintient le cap en invitant les Caballero & JeanJass, Isha, L'Or du commun et autre Zwangere Guy, mais aussi un gros nom français (Kalash) et une sensation anglaise (Stefflon Don).
...

En se jetant à l'eau au printemps dernier, le festival Fire Is Gold ne pouvait rêver meilleur timing. Lancer un premier véritable festival hip-hop belge au moment où la scène rap locale décollait elle-même: le momentum était parfait. Le 23 juin prochain, le Fire Is Gold remettra donc le couvert, toujours installé à Vilvorde, juste de l'autre côté du ring de Bruxelles. Après les têtes de gondole de l'an dernier (Damso, Hamza, Roméo Elvis), l'affiche maintient le cap en invitant les Caballero & JeanJass, Isha, L'Or du commun et autre Zwangere Guy, mais aussi un gros nom français (Kalash) et une sensation anglaise (Stefflon Don). Aux commandes de l'événement, on retrouve Jon Tyler, le directeur artistique du Bloody Louis. Depuis à peu près cinq ans, le club bruxellois est devenu l'un des lieux phares des nuits de la capitale. Son atout: avoir misé sur le rap en multipliant notamment les mini-concerts et autres "after" prestigieuses de stars US de passage par la Belgique (celle de Drake a marqué les esprits). "À un moment, je me suis dit que ce serait pas mal de décliner ce qu'on fait pendant l'année sur un festival, de retrouver les artistes qu'on peut booker dans le club sur une seule et même scène." Il y a trois ans, Jon Tyler commence à en parler aux organisateurs du festival électronique We Can Dance, à Zeebruges, dont il programme l'une des scènes. Avec leur soutien, le projet se met alors tout doucement en place. Des contacts sont pris pour organiser l'événement à Bruxelles même. "On a rencontré Philippe Close (actuel bourgmestre de Bruxelles-Ville et président du CA de Brussels Expo, NDLR) pour éventuellement le faire du côté du Heysel. Il nous a remballés, en disant que c'était "compliqué". L'année d'après, Couleur Café s'installait au même endroit..." Soit. Le Fire is Gold a trouvé finalement refuge du côté de Vilvorde, dans le parc des Drie fonteinen, grand espace vert à l'ombre du viaduc. Un terrain de jeu privilégié pour lancer un événement hip-hop qui se nourrirait évidemment en premier lieu de musique, mais aussi de sport et de mode. C'est sa particularité, son identité. À côté des deux scènes, le Fire Is Gold a ainsi aménagé notamment une rampe de skate et un terrain de basket où des stars de la discipline viendront enchaîner les paniers. "Le sport est intimement lié à la culture urbaine. Il n'y a qu'à voir par exemple Jay-Z assis au premier rang des matchs de NBA", ou, pour prendre un exemple plus proche, les Diables rouges qui sollicitent Damso pour pondre l'hymne de leur équipe... Quant à la mode, le lien est tout aussi évident, tant les marques courent derrière les stars hip-hop pour en faire leurs nouvelles égéries. À cet égard, l'an dernier, on a rarement vu un public de festivals aussi "looké" que celui du Fire Is Gold. Pas question de dress code mais une idée quand même derrière la tête: tenter de (ré)concilier deux mondes qui n'ont pas forcément l'habitude de frayer ensemble. "C'est vrai que dans notre public du Bloody, très peu se rendent en festivals pendant l'été. Et inversement." Les univers sont en effet souvent très éloignés. "Dour, par exemple, est un festival incroyable. Mais quand tu es habitué à sortir en club, et que tu débarques sur la plaine, tu n'es pas prêt (rires)." À sa manière, Fire Is Gold ferait donc office de trait d'union entre le club et le festival, mixant le meilleur des deux mondes. Démarrer un nouvel événement est évidemment toujours un pari. A fortiori dans un calendrier déjà fort chargé. "C'est clair qu'il n'est pas facile d'arriver dans un secteur qui est très "agressif". L'environnement des festivals n'a rien à voir avec celui du clubbing. Ne serait-ce que parce que les investissements y sont beaucoup plus conséquents. Du coup, les gens sont très peu intéressés par les échanges. Quelque part, si on peut même te fermer des portes, on ne va pas hésiter..." Fire Is Gold a donc pris soin de ne froisser personne. "C'est pour cela que la première édition s'est déroulée à la mi-mai, c'était une manière de montrer qu'on ne voulait marcher sur les plates-bandes de personne." Problème: à cette période, beaucoup d'étudiants ont déjà entamé leur blocus... D'où une première édition qui, malgré l'organisation déjà bien ficelée, a encore cherché son public. Pour sa seconde saison, Fire Is Gold a donc rectifié le tir, en se décalant à la fin juin. Dans la foulée, le festival a également baissé le prix de ses tickets d'entrée. "C'était la grosse erreur de l'an dernier. C'était trop cher, surtout pour une première édition." En misant sur des tarifs plus raisonnables (15 euros lors de la première vague), Fire Is Gold espère ramener cette fois la grande foule. "S'il y a 6.000 personnes, ce serait génial. Mais si on arrive à 4.000, on sera déjà content." Avec un plan sur cinq ans, la volonté reste d'évoluer à son rythme, en misant d'abord sur les héros locaux. Parce que, dans le genre, les grosses machines US sont trop chères? "C'est certain que, pour l'instant, on ne peut pas rivaliser avec les offres que peut proposer par exemple le Pukkelpop ou Werchter. Cela étant dit, quand bien même on aurait les moyens, on veut continuer de mettre en avant la scène belge." Une manière de confirmer l'identité d'un festival qui veut construire une base solide, où l'intention est moins d'attirer un public que de créer une "communauté" autour de ce mix clubbing-festival-sport-fashion. "Au final, les artistes que l'on propose, vous pourrez les retrouver à peu près tous ailleurs. Par contre, ce que vous ne retrouverez nulle part, c'est cette combinaison. Une rencontre entre plusieurs univers, qui fait que vous pouvez danser devant un concert, puis tourner la tête et être soufflé par un concours de dunks ou des figures de skate."