"Quand j'entre en Italie, dès que j'ai franchi la frontière, c'est difficile de ne pas penser à la famille, aux parents et aux grands-parents, à l'odeur unique qui m'entoure. Je suis de la première génération née en Belgique et comme beaucoup dans ce cas-là, il m'arrive de ne me sentir ni belge, ni italien." Au moment de prendre congé après deux heures remontées au fil du temps, Mirco a pour lui un physique qui ne laisse aucun doute: ayant davantage sa place dans un film de Dino Risi -ou Le Parrain de Francis Ford- que dans une lubie nordique de Lars Von Trier. Là, sur le trottoir de l'au revoir provisoire, il se rappelle donc de la meilleure part du cochon transalpin artisanal: lui, végétarien depuis cinq ans, désigne la zone du goret, titulaire de la plus grande tendresse imaginable. La chair du cou. Une invisible langue passe même entre les lèvres du chanteur-banjoiste-guitariste. "Quand mes parents reviennent d'Italie où un oncle fait de la charcuterie, j'avoue que je craque brièvement, alors que je ne mange plus de viande."
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