Qui n'a pas brillé avec ses "playlists" concoctées sur iTunes dans les soirées dansantes? Au début des années 2000, Apple lance son logiciel multimédia et l'iPod: ils ouvriront la voie à la popularisation du téléchargement légal.

Comprenant que l'avenir est au format numérique, le célèbre patron-fondateur d'Apple Steve Jobs dévoile le logiciel iTunes début 2001. Il permet d'organiser ses fichiers musicaux facilement sur son ordinateur puis de graver des CD.

Son slogan? "Rip, mix, burn": "Récupérez, mixez, gravez".

En octobre de la même année, il dévoile son lecteur mp3 iPod au design épuré, qui se veut bien plus simple d'utilisation que les appareils déjà sur le marché.

Problème, comment alimenter facilement le petit lecteur?

A cette époque, le téléchargement illégal connaît ses riches heures. Sur Napster et autres sites, ados et jeunes adultes passent des heures à charger des fichiers d'ordinateur à ordinateur, au grand dam des artistes et des maisons de production.

Apple a une solution: l'iTunes Store, la boutique de musique en ligne. Lancée après le logiciel iTunes, on peut y acheter en toute légalité des chansons à la pièce, pour moins d'un dollar, et les synchroniser dans son iPod, puis sur l'iPhone à partir de 2007.

Apple prélève une redevance sur les transactions et un verrouillage électronique empêche le partage sauvage de contenus.

D'après Walter Isaacson dans sa biographie référence "Steve Jobs" (2011), le célèbre patron démarche les maisons de disque, mais aussi des artistes comme Bono (U2) ou Mick Jagger (Rolling Stones). En 2003, le Store démarre avec 200.000 morceaux.

Confrontée à la chute des ventes de CD, le monde de la musique se laisse convaincre de signer avec Apple, qui créera par la suite une version de son système pour Windows.

Viendront s'ajouter au fur et à mesure des films ou des séries à louer ou à acheter, des podcasts à écouter...

Lourdeur

Grâce à iTunes, Apple a aussi pu établir au fil du temps une base de données d'utilisateurs, coordonnées bancaires comprises, et construire un écosystème puissant entre services et appareils de la marque.

A mesure qu'iTunes acquiert de plus en plus de fonctionnalités (radio en ligne, e-books...), le logiciel s'alourdit et devient moins fluide à utiliser.

Surtout, à mesure que la technologie avance, le téléchargement laisse progressivement la place au streaming, la lecture en flux, et avec à la clé un modèle économique solide, l'abonnement.

Dans la deuxième moitié des années 2000, le suédois Spotify (musique) et l'américain Netflix (vidéo) se lancent dans l'aventure du streaming.

Apple suit tardivement dans le streaming musical, en 2015, avec Apple Music, qui propose un large choix de morceaux via un abonnement mensuel de moins de 10 dollars. Le service revendique 50 millions de morceaux aujourd'hui.

Ecoutables directement en ligne, les morceaux peuvent aussi être chargés pour être écoutés offline.

Début 2019, Apple annonce le lifting complet de son service Apple TV. Le groupe a promis pour les mois à venir de la vidéo en streaming (TV+), avec, comme ses concurrents Netflix, Amazon ou Hulu, accès à des contenus originaux.

Autant d'applications qui rendent iTunes obsolète et redondant, signant sa disparition des ordinateurs Mac, annoncée lundi par Apple, qui n'a pas annoncé de mesures similaires pour la version Windows.

Reste à savoir comment le logiciel version PC pourra survivre à terme si Apple ne fait plus de mises à jour par exemple.

Consolation pour les nostalgiques néanmoins: si le logiciel iTunes disparaît des Mac, ils pourront toujours, du moins pour l'instant, acheter des contenus sur l'iTunes Music Store.