Les musiciens allemands n'ont pas chômé pendant ce confinement. La scène indépendante teutonne foisonne de perles un peu planquées. Ce genre de folk un peu dance (et dense), poivrée d'un soupçon d'électro, largement inspirée par la musique californienne, puis australienne. De la musique très ensoleillée, à consommer de préférence sur la plage avec une piña colada et une bande de copains. De la musique fraiche qui donne envie de partir en vacances.

Cette scène allemande est désormais bien ancrée, elle a été initiée il y a quelques années par des groupes comme Milky Chance. Cette histoire banale et tendre, de deux potes qui se rencontrent au lycée, qui accrochent à mort, ils sont fans de musique et ils décident de former leur propre groupe. Un groupe qui ne se met pas la pression. Ils sortent un album seulement quand il en a envie. Et chaque album est une fléchette au milieu de la cible.

Le virus s'est propagé en Allemagne, et 2020 a donné la possibilité à plein d'artistes de se recentrer, de concrétiser leurs projets en prenant le temps de le faire. C'est ainsi que toute une série de premiers ou de nouveaux albums ont été dévoilés. Petit coup de loupe (ou de télescope, plus propice à la distanciation sociale) sur 3 projets plein d'espoir, de poésie et de positivité qui ont vu le jour pendant le confinement.

1) Zeck - Sorry, I've been asleep

Après avoir publié 3 singles qui ensemble dépassent le million de stream, le musicien décide de mettre la main à la pâte, et le 29 juin 2020, Sorry, i've bee asleep est dévoilé, porté au préalable pour le très Xavier Ruddien Follow me. Dans la tradition des folk songwriter, Zeck nous prend par la main et nous emmène dans son univers rythmé de guitare sèche, de percussions douces et de paroles poétiques.

Sorry, I've been asleep, c'est ce disque qui embaume les influences de guitaristes anglo-saxons comme Bon Iver, Sufjan Stevens ou Ben Howard. Un disque sans prétention, sans fioriture, où chaque élément est à sa place. Le rendu final est représentatif de la démarche de composition. Pas d'équipe avec des dizaines de techniciens ou de musiciens de studio pour l'album, non: seuls 3 personnes ont bossé sur l'album (Zeck, une chanteuse qui a aidé pour les textes et qui s'est occupée des choeurs et un batteur/percussionniste).

2) Giant Rooks - ROOKERY

Au début des vacances, c'est la guitare de Zeck qui nous a fait nous évader. Fin aout, les vacances sont finies. Mais dernier sursaut de plaisir estival avant la reprise 2020, Giant Rooks sort son premier album: ROOKERY.

Encore un ovni sorti des tréfonds d'une ville appelée Hamm, Giant Rooks nous propose de l'indie groovy. De la musique plus nocturne que Zeck. Un album ambivalent qui alterne des sons très dance (comme la 4e piste, Very Soon You'll See, qui provoque inévitablement un hochement de tête sur une ligne de basse tout droit sortie des eighties) et des morceaux plus oniriques, centré sur des nappes de claviers un peu mystique agrémentées par la voix grave et enveloppante du chanteur. Un groupe qui jauge parfaitement la pression et la puissance envoyées par des instrumentales profondes et riches. Mention spéciale pour le très pop Wild Stare, sorti comme single un peu avant l'album et bourré d'énergie positive, tout en dynamique et en nuances.

3) Bukahara - Canaries in a Coal Mine

Pour terminer, un groupe très sautillant: Bukahara. Une guitare presque "gipsy", des cuivres et des violons. Un album qui n'est pas sans rappeler le groupe Cat Empire (dont l'Ancienne Belgique avait d'ailleurs publié un live lors du premier confinement). A l'image du morceau We Are Still Here qui emmène l'auditeur dans un univers teinté de musique orientale. Un groupe au style inclassable au confluent du swing, de la folk, du reggae, de la musique arabe... Un melting pot bien à eux, des sonorités que l'oreille n'a pas l'habitude d'entendre. Ils n'en sont pas à leur coup d'essai, Canaries in a Coal Mine est leur 4e opus. De l'anglais, de l'allemand et de l'arabe, cet album est une vrai leçon de langue.

Une playlist pour aller plus loin, en attendant de pouvoir découvrir ces 3 artistes sur scène:

  • Milky Chance: Stolen Dance
  • Milky Chance: Down by the river
  • Zeck: Ocean Song
  • Zeck: Follow me
  • Giant Rooks: The Birth of Worlds
  • Giant Rooks: Very Soon You'll See
  • Giant Rooks: Wild Stare
  • Bukahara: Canaries in a Coal Mine
  • Bukahara: We Are Still Here
  • Bukahara: Baum

Charles Christiaens

Les musiciens allemands n'ont pas chômé pendant ce confinement. La scène indépendante teutonne foisonne de perles un peu planquées. Ce genre de folk un peu dance (et dense), poivrée d'un soupçon d'électro, largement inspirée par la musique californienne, puis australienne. De la musique très ensoleillée, à consommer de préférence sur la plage avec une piña colada et une bande de copains. De la musique fraiche qui donne envie de partir en vacances. Cette scène allemande est désormais bien ancrée, elle a été initiée il y a quelques années par des groupes comme Milky Chance. Cette histoire banale et tendre, de deux potes qui se rencontrent au lycée, qui accrochent à mort, ils sont fans de musique et ils décident de former leur propre groupe. Un groupe qui ne se met pas la pression. Ils sortent un album seulement quand il en a envie. Et chaque album est une fléchette au milieu de la cible. Le virus s'est propagé en Allemagne, et 2020 a donné la possibilité à plein d'artistes de se recentrer, de concrétiser leurs projets en prenant le temps de le faire. C'est ainsi que toute une série de premiers ou de nouveaux albums ont été dévoilés. Petit coup de loupe (ou de télescope, plus propice à la distanciation sociale) sur 3 projets plein d'espoir, de poésie et de positivité qui ont vu le jour pendant le confinement.1) Zeck - Sorry, I've been asleepAprès avoir publié 3 singles qui ensemble dépassent le million de stream, le musicien décide de mettre la main à la pâte, et le 29 juin 2020, Sorry, i've bee asleep est dévoilé, porté au préalable pour le très Xavier Ruddien Follow me. Dans la tradition des folk songwriter, Zeck nous prend par la main et nous emmène dans son univers rythmé de guitare sèche, de percussions douces et de paroles poétiques. Sorry, I've been asleep, c'est ce disque qui embaume les influences de guitaristes anglo-saxons comme Bon Iver, Sufjan Stevens ou Ben Howard. Un disque sans prétention, sans fioriture, où chaque élément est à sa place. Le rendu final est représentatif de la démarche de composition. Pas d'équipe avec des dizaines de techniciens ou de musiciens de studio pour l'album, non: seuls 3 personnes ont bossé sur l'album (Zeck, une chanteuse qui a aidé pour les textes et qui s'est occupée des choeurs et un batteur/percussionniste). 2) Giant Rooks - ROOKERYAu début des vacances, c'est la guitare de Zeck qui nous a fait nous évader. Fin aout, les vacances sont finies. Mais dernier sursaut de plaisir estival avant la reprise 2020, Giant Rooks sort son premier album: ROOKERY. Encore un ovni sorti des tréfonds d'une ville appelée Hamm, Giant Rooks nous propose de l'indie groovy. De la musique plus nocturne que Zeck. Un album ambivalent qui alterne des sons très dance (comme la 4e piste, Very Soon You'll See, qui provoque inévitablement un hochement de tête sur une ligne de basse tout droit sortie des eighties) et des morceaux plus oniriques, centré sur des nappes de claviers un peu mystique agrémentées par la voix grave et enveloppante du chanteur. Un groupe qui jauge parfaitement la pression et la puissance envoyées par des instrumentales profondes et riches. Mention spéciale pour le très pop Wild Stare, sorti comme single un peu avant l'album et bourré d'énergie positive, tout en dynamique et en nuances. 3) Bukahara - Canaries in a Coal MinePour terminer, un groupe très sautillant: Bukahara. Une guitare presque "gipsy", des cuivres et des violons. Un album qui n'est pas sans rappeler le groupe Cat Empire (dont l'Ancienne Belgique avait d'ailleurs publié un live lors du premier confinement). A l'image du morceau We Are Still Here qui emmène l'auditeur dans un univers teinté de musique orientale. Un groupe au style inclassable au confluent du swing, de la folk, du reggae, de la musique arabe... Un melting pot bien à eux, des sonorités que l'oreille n'a pas l'habitude d'entendre. Ils n'en sont pas à leur coup d'essai, Canaries in a Coal Mine est leur 4e opus. De l'anglais, de l'allemand et de l'arabe, cet album est une vrai leçon de langue. Charles Christiaens