Nos présentations des deux premières fournées de groupes:
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"Oh putain! Enfin un bon groupe!" écrivait-on sous le coup de l'émotion, dans nos notes de jury à l'aveugle, sans doute après une indigestion de ska-punk et/ou d'eurodance. Reste que, même à froid, la proposition de Ciao Kennedy est particulièrement solide. Dans un français joyeusement acrobatique, les Bruxellois mixent pop et jazz dans une ambiance archi dansante qui part dans tous les sens. Du genre à débiter des idées au kilomètre et à les garder toutes... Évoluant quelque part entre musique classique et electronica (!), Elefan est du genre à aimer marier synthés analogiques et quatuor à cordes. Le résultat, aussi atypique soit-il, ne manque pas pour autant de cohérence, et est du genre à aimer nous faire voyager. On notera que la moitié du duo bruxellois, le multi-instrumentiste Brieuc Angenot, a notamment accompagné Angèle et Halehan sur scène. De tous les candidats à cette édition du concours, Raphaële Germser est sans hésiter celle qui nous a touché le plus profondément. Une authentique vraie belle voix, tout en sobriété et délicatesse. Bon, c'est qu'elle ne vient pas exactement de nulle part, elle qui a collaboré avec Wax Tailor et Benjamin Biolay. Les détails qu'elle sème ci et là (comme sa collaboration avec Anne Paulicevich et Erika Sainte pour le clip de Right beside you) nous font dire qu'il y a beaucoup à miser sur cette "femme a? la fois inde?pendante, maman, et amante".Principalement articulé autour de sa voix, qu'elle boucle avec bonheur, le projet de la jeune Roza se veut "poétique, engagé, sensible au monde, authentique et furieusement moderne". Ce qui donne des morceaux en français dans leur plus simple appareil, sobrement habillés au banjo, à la guitare ou au n'goni, cousin malien de la kora.Prolongement du "reboot" d'(Antoine) Chance, où il était déjà accompagné par le guitariste de Wuman, le projet Twin Toes de ces jumeaux d'orteils cassés est encore tout frais. Ça expérimente, ça se cherche, ça bricole dans sa chambre (confinement oblige), mais c'est surtout diablement inventif. Du genre à réussir à vous pondre une chanson convaincante sur base du seul rire de James Blake passé en boucle...