La machine à festivals est un ogre qu'il faut sans cesse rassasier. Un véritable goinfre qui a besoin de sa ration de groupes chaque week-end. A côté des exclus derrière lesquelles chacun court, les événements doivent ainsi bien remplir leur affiche. Une aubaine pour certains artistes qui se retrouvent à jouer quasi chaque week-end dans un festival différent. Cet été, par exemple, il sera presque impossible de passer à côté de l'offensive des Compact Disk Dummies. Présents aux Ardentes, remplaçant au pied levé Roots Manuva au festival de Dour, les deux frangins classés électropop sont encore attendus au Boomtown à Gand, au Brussels Summer Festival, ainsi qu'au Pukkelpop. On aura remarqué: les CDD, originaires de Desselgem, entre Courtrai et Gand, attaquent les deux côtés de la frontière linguistique à la fois. Sur scène, comme en radio d'ailleurs. Des morceaux comme Holy Love ou The Reeling, par exemple, sont parvenus à trouver le chemin des ondes de Pure FM....
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La machine à festivals est un ogre qu'il faut sans cesse rassasier. Un véritable goinfre qui a besoin de sa ration de groupes chaque week-end. A côté des exclus derrière lesquelles chacun court, les événements doivent ainsi bien remplir leur affiche. Une aubaine pour certains artistes qui se retrouvent à jouer quasi chaque week-end dans un festival différent. Cet été, par exemple, il sera presque impossible de passer à côté de l'offensive des Compact Disk Dummies. Présents aux Ardentes, remplaçant au pied levé Roots Manuva au festival de Dour, les deux frangins classés électropop sont encore attendus au Boomtown à Gand, au Brussels Summer Festival, ainsi qu'au Pukkelpop. On aura remarqué: les CDD, originaires de Desselgem, entre Courtrai et Gand, attaquent les deux côtés de la frontière linguistique à la fois. Sur scène, comme en radio d'ailleurs. Des morceaux comme Holy Love ou The Reeling, par exemple, sont parvenus à trouver le chemin des ondes de Pure FM.... A priori, les rôles sont bien répartis. Boucles blondes sur moue "jaggerienne", Lennert Coorevits, 23 ans, est l'aîné de la fratrie. C'est aussi le chanteur-frontman du duo, celui qui tient le plus souvent le crachoir. A ses côtés, Janus, 21 ans, a la frange geek et le sourire timide qui va avec. L'histoire commence forcément à l'adolescence. A 14 ans, Lennert a son groupe de rock, tandis que Janus se planque derrière ses machines. L'aîné: "On ne s'entendait pas trop à l'époque. Vous savez, le genre de bisbrouille entre frangins" (sourire). Jusqu'au jour où Lennert se met en tête de produire une démo avec son band. "Je savais que Janus avait accumulé le matériel de base nécessaire pour enregistrer. Du coup, on a commencé à collaborer." Le lien est fait. Les frères bidouillent ensemble une électronica tarabiscotée -"on s'est pas mal cherchés"-, avant de se (re)trouver autour d'une formule pop qui réconcilie tout le monde: les penchants mélodiques de Lennert d'une part, les constructions électroniques de Janus de l'autre. "En gros, Lennert a les idées, il compose tout le temps. A moi de les canaliser, et de les structurer..." Voilà pour la matrice de départ. A cela, vient rapidement s'ajouter un élément crucial du "pitch" Compact Disk Dummies: leur passage au fameux Humo's Rock Rally 2012. Lennert: "Au départ, on n'avait jamais pensé y participer. On ne voyait pas trop ce qu'un projet électropop comme le nôtre pouvait y faire. C'est notre manager/booker de l'époque qui nous a poussés à nous inscrire à la dernière minute, deux heures avant la clôture des candidatures." Les CDD passent pourtant le premier tour, se retrouvent en demi-finales, puis atteignent la finale qu'ils finissent par remporter. On connaît le poids qu'a le concours en Flandre, véritable rampe de lancement pour les groupes. A moins qu'il ne s'agisse d'une pression supplémentaire? "Franchement, c'est d'abord une chance. Cela permet d'accélérer les choses. Je ne dis pas qu'on n'aurait jamais fait de disques. Mais cela aurait pris plus de temps." Janus: "L'autre avantage est que cela valide aussi votre musique. Pour nous, pendant longtemps, ça tenait plus du hobby que d'autre chose. Gagner un tel concours vous fait voir les choses différemment. Ce que vous créez est reconnu. Vous vous dites que ça vaut sans doute la peine de vous concentrer entièrement dessus." Un an plus tard, CDD sort donc un premier EP, Mess With Us, commence à tourner un peu partout, y compris à l'étranger. L'album qui est censé suivre est une autre paire de manches. Luuk Cox (le projet Shameboy, les productions, entre autres, du dernier Girls In Hawaii) entre dans la danse. Les premières sessions ont lieu au fameux studio ICP. Plus tard, l'Anglais Gareth Jones (Depeche Mode, Nick Cave...) met la main dans le mix. Petit à petit, Silver Souls se met ainsi en place. Le résultat final est viscéralement pop, synthétique. Pas toujours complètement abouti, mais avec assez d'idées pour retenir l'attention. Les frères Coorevits et leurs costumes de cirque victoriens ont de toute façon décidé de tracer. Toujours en binôme. Lennert: "A un moment, on a pensé prendre un batteur. C'était sans doute le plus logique. Mais cela n'aurait plus été la même atmosphère, ni la même intensité... Puis, soyons honnêtes, on aurait aussi gagné moins d'argent!" (rires) Rencontre - Laurent Hoebrechts