Parc Josaphat, par l'une des premières matinées vraiment chaudes depuis le retour des beaux jours. Les joggeurs ont fait tomber les manches, les couples roucoulent à côté des petits vieux qui soufflent à l'ombre, et l'ouvrier communal se déchaîne sur sa tondeuse. Au beau milieu de la pelouse, on prend nos aises pour tailler une bavette avec deux Ropoporose et un BRNS qui sortent de trois jours de résidence au Botanique pour peaufiner les derniers détails de leur concert commun aux prochaines Nuits.
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Parc Josaphat, par l'une des premières matinées vraiment chaudes depuis le retour des beaux jours. Les joggeurs ont fait tomber les manches, les couples roucoulent à côté des petits vieux qui soufflent à l'ombre, et l'ouvrier communal se déchaîne sur sa tondeuse. Au beau milieu de la pelouse, on prend nos aises pour tailler une bavette avec deux Ropoporose et un BRNS qui sortent de trois jours de résidence au Botanique pour peaufiner les derniers détails de leur concert commun aux prochaines Nuits.Si les deux groupes, l'un français et l'autre belge, se sont déjà partagé les faces d'un vinyle sorti pour le Record Store Day il y a deux ans, ils ne s'étaient jusque-là pas échangé beaucoup plus que quelques mails enthousiastes. "On n'avait pas eu le temps, par manque d'occasion, explique Romain, batteur de Ropoporose. C'est rigolo de rattraper les choses presque deux ans après." Et Tim, batteur et chanteur de BRNS, de surenchérir: "Exposant deux. On n'a pas pu tourner ensemble, du coup maintenant on va composer plein de morceaux ensemble."Si musicalement, la filiation entre les deux groupes est relativement évidente, il fallait un coup de pouce supplémentaire pour que leurs routes se croisent réellement. "On est allés voir Paul-Henri Wauters au Bota, lui disant qu'on était chauds de jouer aux Nuits avec Ropoporose, se souvient Timothée Philippe. À ce moment-là, on n'avait pas encore d'idée claire du projet, juste qu'on voulait partager la scène. Il a proposé qu'on compose, qu'on fasse une création pour le Bota. On a sauté sur l'occasion et au final, ça a bien marché. En douze jours mis bout à bout, on a composé 40 minutes de musique..." Les musiciens sont les premiers surpris par l'alchimie à cinq. Pauline, chanteuse et guitariste de Ropoporose: "J'avoue que je ne sais toujours pas comment on a fait pour écrire tout ça aussi vite. Ça me dépasse complètement. Il y a deux mois, on avait zéro morceau..." Son frère Romain prolonge: "Nous étions assez contents de nous laisser influencer par BRNS. On se découvre et dans la découverte humaine, il y a la découverte musicale et les intentions qui participent. Je pense qu'on était juste très gourmands sur le fait de profiter de cette création pour en faire quelque chose de partagé."L'expérience a aussi quelque chose de libératoire. "Avec BRNS, explique Tim, on veut trop maîtriser, se poser mille questions sur chaque arrangement... Ici, il y a un truc un peu décomplexé." "On était obligés d'aller vite dans la composition, continue Romain. Il y a un truc très excitant de se dire "il faut aller au plus efficace". Ça permet parfois d'être très juste. Ça donne des morceaux hyper puissants, hyper dingues. Je ne pensais pas qu'on irait trop dans ce sens-là, mais c'est ce qui nous plaisait à tous."Outre le fait de mélanger les deux groupes, le plus gros défi, c'est sans doute de jouer à deux batteries sur scène. "C'est vite fait d'en mettre partout, d'en faire des caisses, explique le batteur français. C'est un exercice finalement assez dur de réussir de bien jouer de ce parti-pris-là. Et un des gros chantiers aussi. Il faut vraiment être très près de l'autre, le rapport à l'écoute est assez dense." Son homologue belge prolonge: "C'est le plus bruyant des instruments. Il faut savoir le maîtriser et le canaliser, mais je trouve qu'on a bien réussi."Les paroles, écrites elles aussi dans l'urgence de ces douze jours, provoquent assez vite l'hilarité générale quand on les évoque. "Les thèmes sont assez banals, s'esclaffe Pauline. C'était vraiment le dernier truc qui restait dans le cahier des charges. Et bon... On y a mis beaucoup de coeur mais il ne faudra pas trop tendre l'oreille. Ça a été 'Oh, ça rentre, il y a assez de pieds, c'est incroyable!' (rires)"Pour l'avenir, au-delà de la date au Botanique et de quelques concerts déjà commandés à l'aveugle par des programmateurs "convaincus d'avance", rien encore de décidé. "On va d'abord voir si les gens aiment avant de se poser la question de l'enregistrement", relativise Tim. Mais d'avis commun, ce serait bête d'en rester là. Romain: "Ce serait rigolo qu'à partir d'une commande de festival, ça engendre une espèce de nouveau groupe. Auquel cas il faudrait trouver un autre nom. BRNSRPPRS, c'est un peu ingrat pour nous. On devrait essayer Boronosoropoporose! (rires)"