S'il y en a bien un que la pandémie et le confinement n'ont pas bloqué, c'est DC Salas. Bien sûr, comme les autres DJ, le Bruxellois a dû ronger son frein avant de pouvoir rallumer les platines - il est aujourd'hui l'un des résidents du Fuse. Bien sûr, il a fallu encaisser les premiers jours de sidération, quand, soudainement, tout, ou presque, a été mis à l'arrêt, et chacun s'est retrouvé cloîtré chez soi. Rapidement, cependant, Diego Salas a relancé ses machines. Productif, il aura sorti entre-temps pas moins de 4 EP (trois autres sont déjà dans les cartons pour l'année prochaine). Dans la foulée, il aura également réfléchi à une formule live inédite pour le club. Une scénographie où il se retrouve au centre d'un cube translucide, sur lequel est projetée une série d'oeuvres visuelles. Des travaux réalisés par des jeunes artistes locaux - francophones, flamands, bruxellois -, mélangeant les formats : photo, peinture, art numérique, art textile, etc. Ils seront présentés, non pas dans une galerie, mais bien au C12, à Bruxelles. Le temps d'une expo-flash, baptisée We're still there, uniquement visible ce samedi, calée entre deux nuits de clubbing. Explications avec DC Salas et Niels Van Cauter, graphiste design...

S'il y en a bien un que la pandémie et le confinement n'ont pas bloqué, c'est DC Salas. Bien sûr, comme les autres DJ, le Bruxellois a dû ronger son frein avant de pouvoir rallumer les platines - il est aujourd'hui l'un des résidents du Fuse. Bien sûr, il a fallu encaisser les premiers jours de sidération, quand, soudainement, tout, ou presque, a été mis à l'arrêt, et chacun s'est retrouvé cloîtré chez soi. Rapidement, cependant, Diego Salas a relancé ses machines. Productif, il aura sorti entre-temps pas moins de 4 EP (trois autres sont déjà dans les cartons pour l'année prochaine). Dans la foulée, il aura également réfléchi à une formule live inédite pour le club. Une scénographie où il se retrouve au centre d'un cube translucide, sur lequel est projetée une série d'oeuvres visuelles. Des travaux réalisés par des jeunes artistes locaux - francophones, flamands, bruxellois -, mélangeant les formats : photo, peinture, art numérique, art textile, etc. Ils seront présentés, non pas dans une galerie, mais bien au C12, à Bruxelles. Le temps d'une expo-flash, baptisée We're still there, uniquement visible ce samedi, calée entre deux nuits de clubbing. Explications avec DC Salas et Niels Van Cauter, graphiste designer.Comment est né le projet ? DC Salas : En avril dernier, j'ai eu l'occasion de faire une résidence d'une semaine au C12, avec l'idée de bosser un live pour les clubs. En général, la formule me laisse un peu sur ma faim. La plupart du temps, les trois quarts des gens ne se rendent d'ailleurs même pas compte que c'est un live. Du coup, j'avais envie de pousser l'exercice un peu plus loin. Sans forcément arriver avec des gros effets à la Max Cooper. Mais en amenant quand même quelque chose de spécial. Avec Laetitia (Ndlr : Niemegeers) et Nils (Ndlr : Van de Cauter), on avait déjà travaillé sur une scénographie autour d'un cube, une structure qui soit à la fois très pure et très souple. Avant de lancer la résidence, Niels a proposé d'intégrer aux projections déjà prévues celles d'autres jeunes artistes visuels. Comme tout le secteur culturel était encore à l'arrêt, cela nous semblait intéressant de ramener du monde. C'était un moment où l'on ne se sentait pas soutenu, où il y avait beaucoup d'indécision. On a donc lancé un appel, qu'on a posté sur les réseaux. Nils Van de Cauter : L'objectif était vraiment d'arriver à combiner un live électronique et une exposition artistique, avec un budget limité, et sans que cela ne devienne quelque chose de trop élitaire. Pour les artistes, c'était aussi une occasion de sortir des circuits classiques. En deux, trois jours, on a reçu plus d'une soixantaine de réponses. On a senti qu'il y avait un vrai besoin chez les artistes de montrer leur boulot. Après, il a fallu évidemment choisir. Le premier critère était de privilégier ceux qui n'avaient encore jamais eu l'opportunité de vraiment exposer. J'ai aussi demandé à Diego combien de titres il jouait habituellement dans ses sets live. Comme il envisageait d'en aligner une douzaine, on a sélectionné autant de propositions, en faisant attention de diversifier les formats. A partir de là, chacun avait carte blanche. A quel moment est arrivée l'idée d'une exposition ?DC Salas : En fait, c'était vraiment fascinant de voir comment chacun a pu interpréter la musique. On s'est retrouvé avec une matière extrêmement riche. Très vite, il nous semblait clair qu'on ne pouvait pas se limiter au live. Il fallait en faire quelque chose de plus, aller au-delà des animations digitales que l'on peut voir pendant les concerts. Comme chacun a travaillé de manière bénévole, l'exposition est aussi une façon de les mettre encore davantage en avant, en les rassemblant dans un lieu qui permettra de présenter au mieux l'expérience de chacun de ses médias. Et, pourquoi pas, de les soutenir en achetant leurs oeuvres. Ce sera aussi la première fois que l'on aura l'occasion de se retrouver tous ensemble. Ce qui assez typique du confinement ! Nils Van de Cauter : Le fait d'exposer dans un club était également une manière inédite de montrer ces travaux, à un public peut-être plus jeune. Pour moi, le club est vraiment le meilleur endroit au monde pour rencontrer des gens et vous construire un réseau (rires). C'est important pour ces jeunes artistes d'avoir ces opportunités, qu'ils n'ont pas forcément en exposant dans le circuit plus "classique" des galeries. Pourquoi l'exposition ne dure-t-elle qu'un jour ? DC Salas : C'était une manière de se rapprocher de l'expérience éphémère du club, le temps d'une soirée. C'est un peu "maintenant ou jamais". Pour la revoir, il faudra attendre le prochain concert. Et même cette fois-là, ce sera différent. Parce qu'il y a vraiment l'envie de présenter un travail visuel qui est en évolution constante, de raconter à chaque fois une autre histoire. On a pu inaugurer le live lors du dernier festival Paradise City, au mois d'août. Mais on n'aura pas forcément les mêmes visuels lors du prochain live. Parce que les artistes auront d'autres travaux à proposer, ou alors on aura rajouté quelqu'un au programme... On a envie de se concentrer sur cette idée de plateforme, de mise en avant des artistes. Pourquoi ce titre We're still here ? Nils Van de Cauter : Cela reflétait bien l'état d'esprit dans lequel on était au moment de la résidence. C'est une phrase qui permettait de nous rassurer, et d'avancer. Une manière de se dire que l'on n'était pas tout seul. Au bout du compte, le projet a permis de mettre en lumière toute une jeune scène créative belge, de Liège à Anvers, sans avoir besoin non plus d'en faire des tonnes. DC Salas : C'est notre manière à nous de montrer qu'il se passe plein des choses super par ici. Parce que je pense que pour plein de gens, les études artistiques restent encore quelque chose d'un peu mystérieux. Qu'est-ce qu'ils font en fait ? Qu'est-ce qu'ils peuvent bien bidouiller ? Là, c'est une occasion de voir que cette scène existe, que ces artistes travaillent, qu'ils n'ont jamais cessé, même quand tout était à l'arrêt.