Victime d'une pénurie globale de semi-conducteurs, la PlayStation 5 plane toujours comme un oiseau rare, six mois après sa sortie mondiale. Son indisponibilité permanente enflamme sa cote, parfois jusqu'à la déraison. Culminant en avril dernier avec une vente aux enchères clôturée à 20 200 euros sur VavaBid.be, cette fièvre n'a toutefois que peu de sens. La next-gen de Sony manque en effet de killer app susceptibles de plaire à un large public. Exclusif au label PlayStation depuis 19 ans, Ratchet & Clank tente toutefois de rectifier le tir avec Rift Apart.
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Victime d'une pénurie globale de semi-conducteurs, la PlayStation 5 plane toujours comme un oiseau rare, six mois après sa sortie mondiale. Son indisponibilité permanente enflamme sa cote, parfois jusqu'à la déraison. Culminant en avril dernier avec une vente aux enchères clôturée à 20 200 euros sur VavaBid.be, cette fièvre n'a toutefois que peu de sens. La next-gen de Sony manque en effet de killer app susceptibles de plaire à un large public. Exclusif au label PlayStation depuis 19 ans, Ratchet & Clank tente toutefois de rectifier le tir avec Rift Apart. Returnal s'est récemment imposé comme une claque visuelle justifiant partiellement l'achat dispendieux d'une PlayStation 5 dotée d'un lecteur optique. La difficulté sidérale de ce rogue-lite SF contraste avec la convivialité et la facilité de Ratchet & Clank: Rift Apart. En attendant un entre-deux qui mettrait tout le monde d'accord ( Horizon Forbidden West et God of War: Ragnarök?), le third personn shooter historique de la PlayStation se vit comme un feu d'artifice visuel jubilatoire. Contagieuse mais un peu fatigante, la bonne humeur de Ratchet & Clank déballe un pitch délicieusement cinglé, comme une après-midi sur Cartoon Network: le Dr. Nefarious vole le Dimensionateur, une arme lui permettant d'explorer une réalité où il domine le monde. Mine de rien, ce récit de mondes parallèles gorgés de délicieux quiproquos offre une formidable cohérence au jeu. Face à ce bad guy pathétique, Ratchet, dernier représentant d'une race éteinte de rongeurs y découvre ainsi son alter ego féminin. Mieux, ces multiverses nourrissent le gameplay et les visuels du jeu. L'exploration de certaines phases de plateformes est conditionnée par des allers-retours constants entre deux réalités. En frappant un Crystal, on se retrouve par exemple projeté, en une fraction de seconde, de la version intacte d'une station spatiale minière à sa version alternative détruite. Ce tour de passe-passe qui exploite les temps de chargement éclairs du SSD de la PS5 se double d'un émerveillement visuel de chaque instant. Animation pixaresque des adversaires, volutes de fumée, peau de lézard plus vraie que nature, transparence d'une galerie de cristaux... Malgré quelques plantages en cours de partie, Insomniac Games tutoie l'excellence visuelle. Équipé d'une panoplie d'armes très proches de l'esprit du Cinquième Élément de Besson, Ratchet et sa comparse (à diriger à tour de rôle d'une mission à l'autre) explorent du reste un registre connu. Les phases de tir dantesques face à des insectes grotesques, des robots géants farfelus et des lézards humanoïdes idiots ne surprennent pas. Shoot aux commandes d'une araignée robot, séquence de casse-tête en mode Lemmings, exploration d'une carte semi-ouverte parsemée de défis à la Bowser's Fury, séquence de plateforme entre rails, wall runs et grappins... Ratchet & Clank a beau dérouler une partition variée pour ne pas tourner en rond, son zénith sur PlayStation 2 semble désormais bien loin.