Depuis son lancement le 18 décembre dernier, ImagoTV a recueilli près de 100 000 visiteurs uniques. Un chiffre qui réjouit Nicolas, co-créateur de la plateforme. "C'est assez innovant comme initiative, on ne savait pas trop quel serait l'accueil du public" explique-t-il. Nicolas travaillait dans le secteur du streaming vidéo avant de lancer le projet. C'est en créant le magazine Web "Les gens qui sèment", qu'est née l'idée d'ImagoTv. "On s'est rendu compte de la difficulté pour un créateur de contenus de trouver son audience. Les gens nous expliquaient qu'ils voulaient regarder des contenus engagés, mais que l'accès à ce type de contenus, noyés dans la masse d'information, n'était pas facile", poursuit le co-créateur. ImagoTv s'est alors construit comme un intermédiaire entre les spectateurs et les créateurs. "Une plateforme de streaming façon Netflix nous semblait une bonne solution". Imago propose des documentaires, des courts-métrages, des web-séries, des émissions, etc. Au total, ce sont près de 2000 vidéos qui sont accessibles gratuitement. Parmi elles, quelques noms familiers comme Cash Investigation ou encore Home, de Yann Arthus Bertrand. "Le film Home était déjà gratuit par exemple. Mais peu de gens le savent. Le but de la plateforme, c'est ça : faire connaître les contenus existants et faciliter leurs accès".

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Le changement par les médias

À l'instar des vidéos qu'elle héberge, l'idéologie inhérente à la plateforme est de déclencher des convictions et transitions chez ceux qui l'utilisent. "On trouve que la situation sociétale n'est pas satisfaisante et qu'on peut imaginer quelque chose de plus souhaitable. Cela passe par l'information. Il faut partager le fait que des problèmes existent, mais aussi des solutions",insiste le co-créateur d'Imago. Selon lui, la vidéo est un média particulièrement propice à ce partage d'information. "C'est didactique, pédagogique, mais aussi viral : les gens partagent des vidéos beaucoup plus facilement que des livres". Même s'il pointe les effets néfastes que peut avoir le média. "Comme avec beaucoup d'outils, on peut faire des choses biens et d'autres moins biens. La télé peut à la fois formater les esprits, enfermer les gens dans une pensée unique, mais aussi faire connaître de nouveaux modes de pensées".

Une plateforme libre et gratuite

Pas besoin de payer ni de s'inscrire pour avoir accès aux vidéos. Imago est entièrement gratuit. Et pour cause, Imago est une plateforme associative qui souhaite le rester. Elle ne finance pas l'hébergement des productions. "On reçoit 4-5 mails par jour de producteurs de contenus qui nous demandent de référencer leurs vidéos. Leur premier problème n'est pas financier, mais leur visibilité", explique Nicolas. Visibilité que leur apporte la plateforme. "Elle leur apporte un meilleur financement. Ils se font connaître et peuvent mettre en place des financements participatifs".

La plateforme a proposé, à son lancement, une série de contenus payants qui n'ont pas été bien perçus par les internautes. " Certains ont cru que tous les contenus étaient payants, mais ce n'était qu'une trentaine de vidéos sur plus de 1200. Certaines vidéos ne pouvaient pas être gratuites. Mais la location ne concernait que le paiement des droits, Imago ne prenait pas de commissions sur ces contenus", se défend le créateur. Le film Demain de Mélanie Laurent et Cyril Dion était par exemple disponible sur la plateforme. Ces contenus ont, depuis lors, été retirés.

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Les créateurs de la plateforme négocient actuellement avec des producteurs pour mettre des vidéos payantes gratuitement sur la plateforme. "Elles seraient gratuites ponctuellement (un soir, une journée, etc.) sur Imago et payantes ailleurs le reste du temps. On leur offrirait une visibilité qui pourrait entraîner des actes d'achats après".

Comme beaucoup de plateformes de streaming, ImagoTV ne produit aucun contenu. Les cofondateurs envisagent pourtant à l'avenir un financement à la création de nouvelles vidéos. "On aimerait mettre en place un financement participatif dédié à la plateforme. Avec l'argent, on pourrait faire des bourses pour des projets vidéos et les aider à se lancer", poursuit Nicolas.

Parmi les presque 2000 vidéos, difficile de faire un choix. Nicolas dévoile ses coups de coeur comme Nina : des tomates et des bombes, ou encore Bridget Kyoto (des formats courts et humoristiques). Mais conseille surtout de se perdre sur la plateforme. "Il y a plus de vidéos qu'il n'y parait. Il ne faut pas avoir peur de découvrir les contenus et de se perdre dans des thématiques qui ne nous auraient peut-être pas intéressés de prime abord".

Nina Dautrebande.