édité par Sony Interactive Entertainment et développé par Team Ico, sortie prévue le 25/10
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Capable de pousser le gamer à éprouver de l'empathie pour ses ennemis, Fumito Ueda a hissé la PlayStation 2 et le jeu vidéo vers une certaine forme de maturité. Le créateur japonais derrière les vertigineux Ico et Shadow of the Colossus libère enfin The Last Guardian après sept ans de chantier. Le thème de l'amitié cher au développeur s'effeuille cette fois via un garçon attaché à une créature apeurée. Entre un oiseau et une hyène, cette chimère baptisée Trico aidera le joueur dans l'exploration des vestiges d'un monde éteint. L'immense bête à plumes pourra ainsi être chevauchée pour atteindre des zones inaccessibles. Trico devra aussi être calmé selon ses humeurs, à déduire en observant la couleur de ses yeux. Comme dans Another World ou plus récemment Inside, nulle barre de vie ni timer. Une démarche épurée et salutaire, d'autant plus remarquable qu'elle émane d'un gros éditeur.On imagine mal Paper Mario: Color Splash sortir la Wii U de sa dépression noire. Mais ce jeu de rôle saupoudré de platformer développe une lubie talentueuse pour la couleur. Cette dernière joue ainsi un rôle clef lors des combats au tour par tour tandis que le gamer repeint des zones monochromes d'une île pour denicher des objets. Des invocations WTF en plein combat comme un ventilateur géant et des éléments du décor à découper via l'écran de la manette: Color Splash a toutes les cartes en mains pour devenir un bel objet de collection. Deux écoles s'affrontent chez les fans de FF. La première, réfléchie, stratégique et emblématique, se lie au septième épisode. Mais elle n'a malheureusement pas droit de cité sur les joutes en temps réel de Final Fantasy XV. Avec son monde ouvert gigantesque qui invite au voyage, le nouveau jeu de Square Enix reste toutefois un des événements marquants de cette rentrée. Le système de combat prometteur invoque en outre des idées de Kingdom Hearts puisqu'il permet de se suspendre en hauteur pour des attaques air-sol. Ça plane pour lui? Plantée au Musée de l'Art Ludique de Paris, L'Art dans le Jeu Vidéo exposait la première fresque préparatoire du très attendu Dishonored 2, il y a un an. Cette oeuvre qui transpirait l'inégalité sociale frappait aussi par sa lumière. Aujourd'hui, le jeu d'infiltration lyonnais tient ses promesses. Planté dans un pays méditerranéen imaginaire, ce jeu steampunk se profile encore comme une claque graphique peinte à la main. De quoi enluminer des niveaux plus vastes que l'on traverse toujours de mille et une manières, sur un spectre allant de la discrétion à l'explosion. Après un Paradise et une Île noyée loin du succès de Syberia, Benoît Sokal renoue avec Kate Walker. L'avocate aventurière -attendue depuis douze ans par ses fans- se lancera dans un périple toujours investi par le froid russe et les engrenages steampunk déglingués. Sauvée par une tribu aidant des autruches des neiges à migrer, l'héroïne plonge désormais dans un jeu d'aventure en 3D temps réel. L'orchestration haut de gamme et l'omniprésence de vestiges communistes abandonnés promettent un voyage hors du commun. Discrètement, 2K Games redémarre Mafia en quittant les années 40 pour se poser en 1968. Ce titre développé par un studio spécialement créé pour l'occasion compte dans ses rangs des vétérans parmi lesquels un ex-producteur de Splinter Cell et un ancien scénariste de LucasArts. Des quartiers colorés d'une Nouvelle-Orléans fantasmée au bayou suintant de la Louisiane, le GTA-like alimentera la vengeance de Lincoln Clay, héros noir qui, au retour du Viêtnam, trouve son gang décimé. La reconstitution historique brille autant que les chromes de ses caisses. Au delà du pilotage, le titre proposera des combats rapprochés à mains nues, tout en laissant le choix d'une approche furtive ou brute des missions. On y trouve des personnages bien campés qui évoquent parfois Mad Men et une B.O. où l'on croise Aretha Franklin, The Animals, Hendrix, Otis Redding et les Stones. Non, les GTA-like ne sont pas morts. Saga culte qui a inventé le slasher au cinéma, Vendredi 13 a été piétiné sur PC en 1986 puis sur NES, trois ans plus tard. Randy Greenback, développeur vétéran derrière Command & Conquer et Rainbow Six, tente de lui rendre justice sur un survival multijoueurs où la discrétion est de mise. Jouant au chat et à la souris, sept gamers coopèrent donc pour échapper à la fureur psychopathe du masque blanc (jouable lui aussi). Du sportif à l'intello, les monos du Camp Crystal Lake se défendent plus ou moins bien selon leurs talents. Silence, on joue... Enterré au cimetière des vieilleries 80's, le genre beat them all ressort de terre avec la rage au ventre sur Mother Russia Bleeds. La production praticable jusqu'à quatre glisse ainsi dans un univers soviétique alternatif où les drogues font office de power-up. Multipliant les interactions avec les décors et les camarades de boucherie, le titre parisien n'est pas si bas du front qu'il en a l'air puisqu'il permet de réanimer ses coéquipiers tombés au tapis. Les accros de Final Fight et autres Streets of Rage affutent leur couteau papillon. Mélangeant RPG nippon et jeu d'enquête, Pixel noir mixe des idées oldschool pour réinventer le passé du jeu vidéo. Ce titre 16 bits qui suit un détective privé sur la voie de la rédemption demande classiquement de mener des enquêtes. Entre deux recherches d'indices planqués, des combats au tour par tour crépitent sous la houlette d'un chrono. Mieux: la 3D isométrique charmante, la bande originale d'Hiroki Kikuta (Secret of Mana) et les références aux films noirs annoncent le meilleur. Poison, doux poison. L'ombre bienveillante de Charles Cecil plane sur The Little Acre. Non seulement des clins d'oeil à ses Chevaliers de Baphomet tapissent ce point & click oldschool, mais le créateur de Beneath a Steel Sky y a également donné ses conseils en matière de rythme. Ouvrant par accident une dimension parallèle dans laquelle est coincé son père, le protagoniste de ce jeu irlandais interagit donc classiquement avec les décors et résout des énigmes. Mention spéciale pour le soin méticuleux apporté aux animations. Architecte de la 3D sur Super Nintendo, Dylan Cuthbert a fini par s'installer à Kyoto pour y fonder Q-Games, son studio de développement. Le beau-fils de Shigeru Miyamoto (le père de Mario!) avait un temps délaissé la 3D avec son (excellente) saga des PixelJunk Shooters. Mais l'expat britannique revient à ses premières amours en glissant un nouveau moteur graphique maison dans The Tomorrow Children. Le rendu visuel unique de cette simulation entre gestion d'une ville façon SimCity et récolte à la Minecraft étincelle. Fasciné, on y découvre une société communiste aux airs de magasin de jouets fifties. Demandant de défendre sa cité contre des Godzilla d'argent, ce titre transforme ces derniers en statue de Crystal que l'on prospectera à coups de piolet. Attention, bonne pioche en vue.